虎嗅

**Une époque de folie : les gens voient « SpongeBob » et pensent qu’il y a une conspiration.**

原文:魔怔时代,人们看《海绵宝宝》都觉得有阴谋了

Résumé des points clés

Cet article porte essentiellement sur *SpongeBob*, expliquant comment cette série d’animation classique est passée d’une comédie absurde aux yeux des enfants à un “réceptacle” dans lequel les adultes projettent leurs angoisses réelles. Avec l’âge des spectateurs et les changements sociaux, les gens commencent à interpréter les personnages à travers des prismes tels que les conflits professionnels, les stéréotypes de classe et les théories du complot : Octopus est devenu le porte-parole des salariés épuisés, SpongeBob est perçu comme un collègue détestable, et le patron Crab est considéré comme un exploiteur capitaliste. Des vidéos créées par l’IA représentant SpongeBob en travailleur manuel ont suscité de l’empathie chez les travailleurs ; il y a également des théories du complot sur la mutation due à la radiation nucléaire ou des petits escargots extraterrestres, qui reflètent en réalité les angoisses des différentes époques (pression au travail, peur de la radioactivité, troubles psychologiques, etc.), et l’ouverture de l’animation offre un espace à ces interprétations.

I. De la détestation à l’empathie : Octopus devient le porte-parole des salariés épuisés

Quand on était enfant, la plupart des gens détestaient Octopus : il avait toujours l’air triste, parlait de manière déprimante et gâchait constamment l’enthousiasme de SpongeBob. Mais après avoir commencé à travailler soi-même, on commence à le comprendre :

Il a un emploi stable mais ennuyeux (caissier au Crabby Burger), avec un horaire de 9 heures du matin à 6 heures du soir, et son patron, Crab Boss, est extrêmement économe (il compte même jusqu’au dernier centime) ; son collègue SpongeBob est fou et cause constamment des problèmes (il perturbe l’espace privé et fait des bêtises au travail), et sa seule passion, le saxophone, est plutôt désagréable à écouter. N’est-ce pas une description fidèle de la réalité des salariés d’aujourd’hui ? Battus par la vie quotidienne, sans espoir dans leur travail, ils tentent de survivre grâce à de petits passe-temps qui ne fonctionnent jamais correctement.

Aujourd’hui, les internautes ressentent de l’empathie pour Octopus et certains voudraient même “le frapper” : imaginez avoir un collègue qui est enthousiaste au travail mais qui provoque constamment des problèmes, qui reste chez vous après le travail, qui vous utilise pendant vos vacances pour jouer avec les enfants, et qui sourit bêtement quand vous êtes blessé… Qui ne serait pas en colère ? Le “désespoir” d’Octopus n’est plus une affectation, mais reflète la fatigue réelle du monde professionnel.

II. La réalisation des personnages : le “stéréotype de classe” entre SpongeBob le travailleur manuel et Octopus le cadre

Des internautes étrangers ont utilisé l’IA pour transformer SpongeBob en un “oncle ouvrier” : il porte un casque de sécurité jaune, une grande barbe, creuse la terre sur un chantier, est couvert de poussière, fume des cigarettes et boit de la bière après le travail, avec un regard vide et déprimé, accompagné de la chanson country *Blue Collar Anthem* (paroles : “Les travailleurs manuels travaillent dur pour subvenir aux besoins de leur famille, se soutiennent avec des boissons énergétiques”). Cette vidéo a suscité l’empathie de nombreux travailleurs : “C’est notre vie, les gars.”

Ensuite, les internautes ont attribué des étiquettes réalistes aux autres personnages : Patrick est considéré comme un “collègue blanc” (il porte une tenue de servante et sert des boissons dans un café), le patron Crab est un “cadre supérieur” (chauve avec une grosse chaîne en or, comme un élite de Wall Street), et le patron Plankton est un “écologiste radical” (il ramasse des bouteilles en plastique). Le plus choquant est peut-être le personnage d’Octopus le cadre : il porte un costume et téléphone depuis Wall Street, avec des dents blanchies, disant que sa vie est “pas mal”, ce qui a provoqué la colère des internautes travailleurs : “Tu as de belles mains sans blessures anciennes… Tu dois avoir des problèmes psychologiques en retraite.” Cela reflète en réalité l’opposition de classe entre les travailleurs manuels et les cadres, transposée dans Bikini Bottom.

III. La folie des théories du complot : la radiation nucléaire et les petits escargots extraterrestres comme reflets des angoisses sociales

Le monde de *SpongeBob* est tellement ouvert qu’il est devenu un terrain fertile pour les théories du complot :

  • Théorie de la radiation nucléaire : Le nom anglais de Bikini Bottom, “Bikini Bottom”, ressemble à celui de l’île d’essais nucléaires américains “Bikini Atoll” ; en plus, les créateurs ont mentionné que certains personnages pourraient être des créatures mutées par la radiation nucléaire, ce qui fait croire aux internautes que Bikini Bottom est un monde après des essais nucléaires – cela reflète la peur de l’humanité envers les armes nucléaires (les traumatismes causés par les essais pendant la Guerre froide subsistent encore aujourd’hui).
  • Théorie des petits escargots extraterrestres : Des blogueurs ont suggéré que le petit escargot de SpongeBob pourrait être un dieu extraterrestre d’une quatrième dimension, car dans une épisode il a un corps humain et peut parler. Cela coïncide avec la vague de fascination pour les OVNI aux États-Unis en 2020 (le Pentagone a même publié des vidéos sur les OVNI), et les internautes projettent leur peur de “la vie extraterrestre inconnue” sur ce personnage.
  • Théories des Sept Péchés ou des troubles psychologiques : SpongeBob aurait le TDAH (trouble déficitaire de l’attention), Patrick un handicap intellectuel, et Octopus la dépression ; les internautes attribuent tous ces problèmes sociaux et troubles psychologiques aux personnages pour expliquer l’absurdité du monde réel.

IV. L’intention des créateurs vs les interprétations des spectateurs : Pourquoi ajoutons-nous toujours des éléments à SpongeBob ?

En réalité, beaucoup de ces interprétations sont le fruit de l’imagination des spectateurs :

  • La forme carrée de SpongeBob n’est pas “une éponge artificielle” ; les créateurs l’ont dessinée par hasard (au début, ils voulaient représenter une éponge naturelle, mais ont jugé que la forme carrée était plus reconnaissable).
  • L’histoire de la radiation nucléaire faisait partie d’un scénario initial abandonné par les scénaristes car ils pensaient qu’elle ne convenait pas aux enfants.
  • Le “désespoir” d’Octopus est juste une caractérisation comique ; les créateurs ont dit que l’humour provient de la simulation des comportements humains, et n’avaient pas l’intention de refléter la réalité du monde professionnel.

Mais pourquoi les spectateurs ajoutent-ils ces éléments ? Parce que la réalité est trop chaotique : les jeunes font face à la pression au travail, aux stéréotypes de classe et aux angoisses psychologiques, et ils cherchent toujours une “explication” à ces difficultés – par exemple, ils attribuent leurs malheurs à un “monde mauvais”. L’ouverture de l’animation leur permet de projeter leurs propres angoisses dedans. Comme l’indique l’article : “SpongeBob est toujours resté innocent ; ce qui change, c’est nous qui le regardons. Nous versons notre propre peur dans cet univers, et finalement, nous réalisons que notre malveillance est la plus sombre.”

Conclusion

La “déshumanisation” de SpongeBob n’est pas due au changement de l’animation en soi, mais au fait que les spectateurs ont grandi. Elle est comme un miroir qui reflète les problèmes sociaux des différentes époques : de la peur de la radioactivité aux angoisses professionnelles, des antagonismes de classe aux troubles psychologiques. Lorsque nous interprétons l’animation, nous interprétons en réalité notre propre vie – ces théories du complot absurdes et ces reflets de la réalité ne sont que les moyens pour les adultes de trouver un peu d’ordre dans un monde chaotique.