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Cet article corrige les idées reçues sur l’éducation au bonheur, à partir des observations de l’auteur en Allemagne et de son propre expérience d’éducation des enfants. L’éducation au bonheur ne consiste pas à laisser les enfants se complaire dans les produits électroniques, mais à leur permettre de ressentir un vrai plaisir dans l’apprentissage et la croissance. Ce plaisir peut prendre la forme du sentiment d’accomplissement après un match de hockey sur glace ou de la satisfaction d’avoir compris un principe mathématique. Elle ne rejette pas les efforts, mais préconise des méthodes plus intéressantes et respectueuses pour encourager l’apprentissage spontané des enfants. Les parents doivent également abandonner leur anxiété quant aux résultats et se concentrer sur leur rôle de soutien, en utilisant l’égalité et la compagnie plutôt que les reproches.
Analyse détaillée
1. Il existe deux types de bonheur : le plaisir éphémère et le bonheur durable
Beaucoup pensent que l’éducation au bonheur signifie laisser les enfants jouer librement, mais l’auteur souligne qu’il existe différents niveaux de bonheur :
- Bonheur éphémère : regarder des vidéos ou jouer à des jeux sans intérêt, qui procure un moment de plaisir, mais laisse ensuite un sentiment de vide et même de culpabilité (comme le dit le fils de l’auteur : “C’est inutile”.)
- Bonheur durable : par exemple, s’entraîner au hockey sur glace six jours par semaine, se lever tôt le matin, être fatigué mais ressentir un sentiment d’accomplissement après une victoire, ou trouver la solution à un puzzle avec enthousiasme, ce qui est bien plus significatif que de regarder des vidéos.
L’éducation au bonheur vise à faire vivre aux enfants ce second type de bonheur, celui qui favorise leur développement et reste dans leurs souvenirs.
2. Le bonheur et l’apprentissage ne sont pas incompatibles ; il suffit d’ajouter un peu de “sucre” à l’apprentissage
Beaucoup considèrent que le bonheur signifie ne pas apprendre et que l’apprentissage signifie souffrir, mais l’auteur compare cela au repas : auparavant, on cherchait seulement à être rassasié (équivalent à “acquérir des connaissances”), puis on a commencé à vouloir que le repas soit agréable (équivalent à “un processus d’apprentissage joyeux”), et maintenant on cherche également que les connaissances soient utiles (“nutrition”). Ces trois aspects sont liés, pas opposés.
Par exemple, l’auteur a longtemps mémorisé les règles des multiples de 3 sans vraiment comprendre leur logique ; si quelqu’un lui avait expliqué cela dès l’école primaire, l’apprentissage aurait été beaucoup plus agréable. L’éducation au bonheur ne consiste pas à remplacer les efforts par le plaisir, mais à rendre le processus d’apprentissage plus intéressant pour que les enfants soient motivés à apprendre de leur plein gré.
3. Les parents ne doivent pas se laisser submerger par les résultats ; l’objectif de l’éducation est d’aider les enfants, pas de les blâmer
L’article mentionne une mère qui a crié sur son enfant parce qu’il ne savait pas additionner 7 + 8 = 15, ainsi que l’auteur lui-même qui a failli se plaindre que son enfant ne comprenait pas que 0,4 et 0,40 étaient égaux. Ces parents partent du principe que les enfants devraient tout savoir dès le début, sans se rappeler qu’eux-mêmes ont dû apprendre. L’éducation au bonheur exige que les parents changent leur approche : plutôt que de demander “Pourquoi es-tu si stupide ?”, ils devraient se demander “Comment puis-je t’aider à comprendre ?” L’auteur utilise l’exemple des 40 centimes et des 40 francs pour expliquer les décimales, un processus qui est agréable pour both parents et l’enfant. L’objectif de l’éducation est d’accompagner les enfants dans leur développement, pas de rechercher des résultats parfaits.
4. Le respect est la base de l’éducation au bonheur ; l’égalité est plus importante que “je t’apprends”
Une véritable éducation au bonheur repose sur le respect des enfants :
- Par exemple, les parents qui jouent au hockey avec leurs enfants ne se comportent pas de manière condescendante, mais participent aux entraînements et apprennent ensemble, ce qui crée un sentiment d’égalité et de bonheur chez l’enfant.
Lorsque le professeur de littérature de Wang Dingjun a été corrigé par un élève, il n’a pas été en colère, mais a reconnu son erreur et encouragé l’élève, ce qui a procuré à celui-ci un sentiment d’accomplissement. Ce type de respect est bien plus précieux que toute récompense matérielle.
Le respect ne signifie pas étouffer les enfants, mais prendre le temps d’écouter leurs idées, de comprendre leurs difficultés et de grandir avec eux, plutôt que de se considérer comme une autorité.
En conclusion
L’éducation au bonheur n’est ni une forme d’autorégression ni une tentative de maintenir constamment le bonheur des enfants. Son but est de leur permettre de trouver un plaisir significatif dans leur croissance, ce qui les motive à apprendre et à surmonter les difficultés. Le rôle des parents est de les soutenir, pas de les critiquer. En somme, l’essence de l’éducation au bonheur est d’aider les enfants à “grandir dans le bonheur”, et non de les forcer à être heureux pendant leur croissance.