Résumé des points clés
Cette semaine, Tesla et SpaceX vont dévoiler la Roadster 2, une voiture de sport équipée de propulseurs à réfrigération conçus par SpaceX, dans leur base de test de fusées. Cette voiture est capable de flotter en suspension pendant un bref instant (même si ses capacités de vol sont limitées) et représente le fruit d’une collaboration étroite entre les deux entreprises. Elle sert non seulement à Tesla de solution pour remédier à une baisse des ventes et à la chute de son cours de action, mais constitue également un signal clair de l’intégration de son empire commercial : SpaceX intégre progressivement des secteurs tels que Tesla et xAI dans sa nouvelle vision globale « Ciel-AI-Terre », préparant peut-être même leur fusion.
I. Qu’est-ce que la Roadster capable de voler, en réalité ?
Le point fort de cette voiture réside dans l’utilisation de 10 propulseurs à réfrigération développés par SpaceX (des dispositifs utilisés pour ajuster l’attitude des fusées, qui génèrent une force opposée grâce à l’éjection de gaz sous haute pression). Lors des démonstrations, personne n’est à l’intérieur du véhicule ; les spectateurs doivent se tenir à plusieurs centaines de mètres de distance en raison du bruit assourdissant des propulseurs. Mais ne vous attendez pas à ce qu’elle vole vraiment comme dans les films de science-fiction : elle ne peut flotter que pendant quelques secondes, à une hauteur de quelques mètres à peine, et elle redevient une voiture électrique ordinaire une fois l’oxydant épuisé. Son prix pourrait atteindre plusieurs millions de dollars, et elle serait probablement destinée uniquement aux fans inconditionnels en tant que jouet pour pistes de course.
Le développement de ce projet a été particulièrement difficile : deux options ont été envisagées au début, mais Musk a choisi une carrosserie entièrement faite de fibre de carbone (très légère et résistante, comme celle des supercars de haut niveau), en recrutant même des ingénieurs chez Lamborghini. Ce n’est qu’avec l’arrivée du vice-président en charge du projet de fusées de SpaceX en 2024 que la technologie des propulseurs a été intégrée. Le nom de code du projet faisait référence au avion de reconnaissance SR-71 Blackbird, et le résultat final est une voiture de sport à portes papillon.
II. Pourquoi Tesla se précipite-t-elle sur la création d’une voiture capable de voler ?
Tesla connaît actuellement des difficultés : les ventes ont stagné depuis 2026 et son cours de action a chuté de près de 25% (alors que le NASDAQ a augmenté de 15% au même période). Les projets Robotaxi et Optimus consomment beaucoup d’argent sans encore générer de revenus significatifs, ce qui limite la patience du marché. La Roadster, étant l’un des premiers modèles de Tesla, possède de nombreux fans fidèles. En en faisant un événement médiatique, l’entreprise espère relancer son image et se remettre en valeur.
Cependant, il s’agit plus d’une tentative pour redresser la situation que d’un simple geste symbolique : cela marque également le déplacement du centre de gravité de l’empire de Musk. Les nouveaux produits de Tesla peinent à se vendre ou sont constamment reportés (comme le Model Y, qui a été modifié à plusieurs reprises), et la production de voitures n’est plus au cœur de sa stratégie commerciale. D’un autre côté, SpaceX accélère ses avancées dans les domaines de l’astronautique et de l’intelligence artificielle ; cette collaboration vise à associer les technologies de Tesla aux projets de SpaceX.
III. Musk critiquait-il les voitures volantes il y a 10 ans ? Il semble maintenant apprécier ses propres solutions
Il y a 10 ans, Musk se moquait des voitures volantes, affirmant qu’elles risquaient de heurter les gens dans le ciel, faisaient trop de bruit et étaient inefficaces par mauvais temps. Il s’opposait principalement aux solutions à hélicoptères multiples (comme celles de Xpeng ou Ehang), préférant les propulseurs à réfrigération développés par SpaceX, qu’il considère comme une approche plus sérieuse pour le vol. Depuis la première présentation de la Roadster 2 en 2017, et l’annonce de l’intégration des propulseurs de SpaceX en 2018, Musk a ajusté ses objectifs : au début, il voulait que la voiture puisse se déplacer à l’envers comme un montagnard russe avant de flotter en suspension ; aujourd’hui, ses ambitions se limitent à une simple capacité de suspension. Malgré les limitations de vol, il cherche à prouver que sa vision des voitures volantes est unique.
IV. La participation de SpaceX à la fabrication de la Roadster n’est pas anodine : c’est un préambule à une fusion
SpaceX participe à ce projet pour trois raisons principales :
1. Présenter de nouvelles perspectives aux investisseurs : Le cours de l’action de SpaceX a chuté de moitié par rapport à son pic, les revenus issus des lancements commerciaux ont atteint leur plafond, et le projet Mars semble lointain. Une histoire axée sur la mise en œuvre des technologies spatiales dans le domaine civil est nécessaire pour renforcer la confiance des investisseurs.
2. Collaboration technologique : Les deux entreprises sont déjà fortement liées dans les domaines de l’intelligence artificielle (xAI intégré à SpaceXAI), des puces (construction conjointe d’une usine de wafers Terafab) et de l’énergie (achat par SpaceX des batteries Megapack de Tesla). Cette collaboration concerne pour la première fois un produit destiné au grand public.
3. Préparer la voie à une fusion : Musk n’a pas nié la possibilité d’une fusion lors de ses présentations financières. Le fait que la Roadster 2 porte le logo de SpaceX et soit dévoilée sur sa base de lancement constitue un précurseur de cette alliance. Si ce modèle s’avère réussi, les technologies et les talents des deux entreprises pourraient circuler librement, rendant une fusion plus probable.
V. La nouvelle vision de l’empire de Musk : un écosystème intégré Ciel-AI-Terre
Musk cherche à intégrer les actifs de ses différentes entreprises (fusées, satellites, intelligence artificielle, voitures, robots) en un seul écosystème :
- Ciel : Starlink est un réseau de communication spatiale ; à l’avenir, il prévoit également d’utiliser l’intelligence artificielle dans l’espace.
- Intelligence artificielle : SpaceXAI (anciennement xAI) fournit des modèles et des applications (comme Grok, déjà intégré au système de navigation de Tesla).
- Terre : Les voitures électriques de Tesla, les services Robotaxi et les robots Optimus servent de points de connexion entre l’intelligence artificielle et le monde réel.
La Roadster 2 est un élément clé de cette vision : elle associe les technologies spatiales (SpaceX) à l’intelligence artificielle (SpaceXAI) et à l’automobile (Tesla). Elle pourrait être la « dernière voiture » produite par Tesla en tant qu’entreprise indépendante, mais elle marque le début de l’expansion de l’empire de Musk vers un écosystème complet couvrant les domaines spatial, informatique et automobile.
La Roadster capable de voler ne se vendra probablement pas à grand nombre d’exemplaires, mais sa signification dépasse de loin celle d’une simple voiture : elle représente la déclaration de transition de l’empire commercial de Musk vers un modèle basé sur les technologies spatiales et l’intelligence artificielle, couvrant tous les aspects de notre quotidien.