Résumé des points clés
Le film *Niulai*, réalisé avec un logiciel simple couramment utilisé par les ingénieurs civils (SketchUp) et présentant une esthétique plutôt brutale, a connu un succès inattendu. L'auteur le compare à des “monnaies en sable” qui ont détruit des “monnaies en enfer” : des œuvres simples mais sincères, capables de surpasser celles qui imposent des valeurs aux spectateurs de manière oppressante. L'article critique la tendance actuelle dans l'industrie cinématographique à transformer le divertissement en cours en ligne ou en débats politiques passionnés, brisant ainsi l’effet réconfortant que les films devraient avoir pendant une période de récession économique. Il souligne également le succès de *Niulai* grâce à son lien avec la réalité des gens ordinaires (comme les personnes défavorisées ou qui s'opposent au concept de “non-laisser-faire” et à l'obsession par les performances), tout en se demandant si les équipes créatives sérieuses ne sont pas poussées dans une voie erronée.
I. “Monnaies en sable” et “monnaies en enfer” : deux types d'œuvres artistiques aux yeux de l'auteur
L'auteur utilise deux métaphores pour distinguer ces deux types d'œuvres :
- “Monnaies en sable” : des œuvres simples mais authentiques. L'esthétique de *Niulai* est similaire à celle d'un “vieux bœuf”, réalisée avec le logiciel SketchUp, et son contenu est direct sans prétention. Les personnages (comme Niulai, qui ne peut pas se tenir debout naturellement, et sa mère qui aime ses enfants inconditionnellement) ainsi que les thèmes (le refus du “non-laisser-faire” et de l'obsession par les performances) correspondent à la vie quotidienne des gens ordinaires, sans prêcher ni exiger quoi que ce soit.
- “Monnaies en enfer” : des œuvres dites artistiques mais qui sont en réalité manipulatrices. L'auteur les décrit comme “démoniaques” ; elles ont un bon box-office ou de bonnes critiques, mais leur qualité ne correspond pas à leurs promesses. Tout le monde sait que leur popularité repose sur des facteurs extérieurs (comme l'imposition de valeurs ou le manipulation émotionnelle), et personne n'ose le dire ouvertement de peur d'être critiqué. Ces films transforment le divertissement en cours en ligne où ils imposent aux spectateurs des idées préconçues, transformant ainsi le cinéma en une forme de “art du voyeurisme”.
II. Pourquoi les “films manipulatifs” sont-ils si oppressants pour les spectateurs ?
Les problèmes principaux de ces films sont les suivants :
1. Ils vont à l'encontre de l'essence même du divertissement : ils transforment le temps passé au cinéma en une source de stress, et les spectateurs sont également perturbés par les discussions sur les réseaux sociaux après la séance.
2. Ils brisent l’effet réconfortant des films : pendant une récession économique, les films devraient apporter un réconfort psychologique, mais ils deviennent souvent des outils de débat politique intense.
3. Ils se détachent des besoins des spectateurs : certaines équipes se considèrent comme des enseignants chargés d’éduquer le public, plutôt que comme des créateurs au service du public. Parfois, même les bonnes intentions des réalisateurs sont mal interprétées par ceux qui cherchent à imposer leurs idéologies.
III. Le secret du succès de *Niulai* : son lien avec la réalité des gens ordinaires
Le succès de *Niulai* réside dans son authenticité :
- Les personnages sont ordinaires : Niulai n’est pas un héros né avec des capacités exceptionnelles ; il est timide et bienveillant, comme de nombreuses personnes défavorisées dans la réalité.
- Les thèmes sont réalistes : sa mère ne pousse pas ses enfants à exceller, et Niulai refuse de se laisser submerger par les pressions sociales. Le titre du film contient même une allusion positive aux attentes des investisseurs en bourse.
- Il offre un contraste avec les films manipulatifs : contrairement à ces derniers, *Niulai* ne prêche pas de manière agressive ; même ses interprétations plus sombres laissent place à l'imagination du spectateur.
IV. Les inquiétudes concernant l'industrie cinématographique
L'auteur exprime son inquiétude que les équipes créatives sérieuses ne soient poussées dans une voie erronée par des forces extérieures :
- Le sort de *Chimifi* : un film à bas coût de 750 000 yuans a été critiqué sur les réseaux sociaux, malgré sa qualité.
- Le changement de *Nezha 2* : l'auteur soutenait à l’origine ce film réalisé par une équipe sérieuse, mais il a commencé à le considérer comme un exemple de manipulation artistique. S’il devient difficile pour les équipes créatives de gagner de l’argent, elles pourraient adopter des méthodes plus manipulatrices et abandonner la création sincère.
Il cite également l'exemple des mangas japonais : à l’origine, les méchants étaient présentés de manière positive (comme Uchiha Itachi), mais maintenant les personnages vraiment mauvais sont plus populaires, montrant que le public préfère la réalité plutôt que des personnages idéalisés.
V. Le ton humoristique de l'auteur et ses espoirs
L’auteur évoque l'idée d’une “univers de Niulai” où le prochain film raconterait l’histoire d’un petit mouton devenant un leader, intitulé *Yang Wei*. Cela reflète son espoir que des œuvres sincères et proches des gens ordinaires puissent être reconnues, permettant à l’industrie cinématographique de revenir à sa mission de servir le public plutôt que d’être un simple instrument d'idéologie.
En somme, cet article utilise le succès de *Niulai* pour critiquer la tendance actuelle vers une forme d’art prétentieusement profonde mais en réalité superficielle, et appelle à un retour à une création authentique et empathique. Après tout, le public a besoin de divertissement réconfortant, pas de messages imposés de manière forcée.