Résumé des principaux points
Cette année, les actions d'assurance ont chuté de manière significative. Les raisons apparentes sont la perte de l'effet stimulant lié aux stratégies de « promotion et arrêt des ventes » sur le côté passif (débit), ainsi que l'impact des nouvelles politiques bancaires et d'assurance sur la croissance, accompagnées de fortes fluctuations des bénéfices sur le côté investissement. Les raisons plus profondes résident dans le changement du paysage industriel : les entreprises d'assurance liées aux banques et aux services postaux (qui s'appuient sur les canaux bancaires) ainsi que les sociétés d'assurance de haute qualité issues de partenariats étrangers (spécialisées dans les assurances à dividendes) se sont partagé la majeure partie des nouveaux contrats. Bien que les principales entreprises cotées soient stables, leur croissance a été entravée, ce qui explique pourquoi le marché ne leur accorde pas de valorisation élevée. Il est probable que le secteur de l'assurance connaisse des fluctuations à court terme. Il faudra attendre un changement de style de marché, passant d'une approche axée sur la croissance technologique à une approche plus équilibrée ou axée sur les dividendes, pour que le secteur connaissent une forte reprise.
I. Les raisons directes de la chute des actions d'assurance
Les deux principales raisons de la forte baisse des actions d'assurance cette année sont liées aux finances :
- Sur le côté passif (réception des primes) : perte de l'effet stimulant des stratégies de « promotion et arrêt des ventes »
Au cours des dernières années, les compagnies d'assurance promouvaient l'arrêt temporaire des ventes de leurs produits avant la baisse des taux d'intérêt prévus (par exemple, à mi-année) pour inciter les clients à acheter rapidement, entraînant une augmentation soudaine des primes. Cette année, les taux d'intérêt n'ont pas baissé mais ont même augmenté légèrement, ce qui a dissipé cet effet stimulant et ralenti la croissance des primes.
- Sur le côté investissement : les bénéfices sont très instables
Une grande partie des revenus des compagnies d'assurance provient des investissements. Cette année, la volatilité du marché boursier chinois a été importante ; par exemple, les bénéfices de China Life ont diminué de 32 % au premier trimestre avant de augmenter de plus de 200 % au second semestre. Une telle instabilité inquiète le marché : qui voudrait acheter un actif dont les rendements sont incertains ?
II. Le changement du paysage industriel
Les principales entreprises d'assurance (comme China Life et Ping An) conservent leur position de leader, mais la majeure partie des nouveaux contrats est prise par deux types d'entreprises :
- Entreprises d'assurance liées aux banques et aux services postaux : profitant des réseaux bancaires
Les banques, qui ont de plus en plus de difficultés à générer des revenus grâce aux intérêts des prêts, cherchent à se diversifier en vendant des produits d'assurance pour obtenir des commissions. Ces entreprises (comme China Post Life et ICBC Prudential) utilisent les réseaux et les clients des banques pour vendre facilement des produits d'assurance épargne aux déposants. Par exemple, China Post Life a atteint un chiffre d'affaires de plus de 10 milliards de yuans en 2025, dépassant ainsi Ping An Life et se classant septième dans l'industrie, grâce à son réseau étendu des banques postales. Elles ont ainsi pris une part importante des nouveaux contrats, réduisant la part des principales entreprises d'assurance sur le marché bancaire.
- Sociétés d'assurance issues de partenariats étrangers : dominantes dans les assurances à dividendes
Les assurances à dividendes ont connu une forte croissance cette année (augmentation de 94 % par rapport à l'année précédente). Une partie des revenus est fixe, tandis que l'autre est variable (les compagnies d'assurance versent au moins 70 % des bénéfices réalisés aux clients). Ces entreprises, dont les actionnaires étrangers proviennent de régions à taux d'intérêt bas et ont une expérience solide dans le domaine des dividendes, présentent une structure de gouvernance flexible et un taux de distribution élevé. Elles ont connu une croissance beaucoup plus rapide que les principales entreprises d'assurance, prenant ainsi une part importante des clients à revenus moyens et élevés.
III. Les principales entreprises d'assurance : stables, mais leurs avantages sont limités
Les principales entreprises d'assurance (comme China Life et Ping An) ne sont pas en difficulté, mais leur croissance a été entravée :
- Avantages : une base solide et une valeur élevée
Elles disposent d'un large réseau de distributeurs (même si elles réduisent leur nombre), d'une gamme complète de produits (de l'assurance vie à l'assurance santé) ainsi que de services avancés (comme les communautés de retraite). Elles peuvent également générer des revenus grâce à des investissements dans la technologie (par exemple, China Life a réalisé un profit de 20 milliards en investissant dans Changxin Technology). Leur part de marché est stable : China Life détient environ 20 % du marché et Ping An 15 %. Il est difficile pour d'autres entreprises de les dépasser.
- Inconvénients : une transformation lente, freinée par les nouvelles tendances
Par le passé, ces entreprises se sont appuyées sur des distributeurs pour vendre des produits d'assurance à revenus stables et faciles à commercialiser. Cependant, avec la popularité croissante des assurances bancaires et des assurances à dividendes, leur capacité de transformation est ralentie : elles craignent d'affecter leur valeur si elles se concentrent trop sur ces produits, et ces nouveaux produits ne constituent pas leur activité principale.
IV. Pourquoi la valorisation n'augmente-t-elle pas ?
La faible valorisation des actions d'assurance reflète le mécontentement du marché face au nouveau paysage industriel :
- Les fonds axés sur la croissance : insatisfaits de la lenteur de la croissance
Le taux de croissance du côté passif de l'assurance est généralement faible, et les performances des actifs sont très instables, ce qui dissuade les fonds de croissance d'investir dans ce secteur.
- Les fonds axés sur la valeur : insatisfaits du manque d'équilibre dans le paysage industriel
Ces fonds privilégient des entreprises capables de dominer le marché et de récupérer toute la nouvelle croissance. Or, cette dynamique n'est pas présente actuellement, car les nouveaux contrats sont partagés entre les différentes types d'entreprises.
- Résultat : une valorisation sous-évaluée
La valeur boursière des entreprises d'assurance (PEV) est inférieure à 1 (par exemple, 0,55 pour Ping An), ce qui signifie que le marché estime que leur valeur réelle est supérieure à leur valeur boursière. Cependant, les investisseurs hésitent à acheter ces actions car le paysage industriel n'est pas idéal.
V. Tendances futures
L'avenir du secteur de l'assurance dépendra de plusieurs facteurs :
- À court terme : une légère réparation, mais peu de possibilité de forte reprise
La valorisation est actuellement basse et les bénéfices annoncés pour le second semestre devraient être élevés, ce qui pourrait entraîner une légère amélioration des cours. Cependant, la croissance des bénéfices pourrait ralentir au troisième trimestre en raison d'une base de référence élevée l'année dernière. De plus, le marché préfère actuellement les actions technologiques, ce qui limite la flexibilité des valeurs comme celles de l'assurance.
- À moyen et long terme : attendre un changement de style de marché
Le secteur de l'assurance offre un taux de dividendes intéressant (3,6 %), ce qui en fait une bonne option pour les investisseurs cherchant des actifs à rendements stables. Une reprise significative du secteur serait possible si le marché passe d'une approche axée sur la croissance technologique à une approche plus équilibrée ou axée sur les dividendes.
- Clé : la capacité des principales entreprises d'assurance à se transformer
Si ces entreprises parviennent à transformer leurs activités pour en faire des produits à forte valeur et à améliorer constamment la qualité de leurs services, le paysage industriel s'améliorera et leur valorisation pourrait augmenter.
Conclusion
La chute des actions d'assurance cette année est le résultat de facteurs apparents et de changements structurels profonds dans l'industrie. Bien que les principales entreprises soient stables, leur croissance a été entravée. Le secteur est désormais divisé en plusieurs catégories (entreprises leaders, entreprises liées aux banques et aux services postaux, et sociétés de haute qualité). Il est probable que le secteur connaisse des fluctuations à court terme. Pour réaliser de bonnes performances, il faudra attendre un changement de style de marché. Pour les investisseurs prudents, il s'agit d'une bonne occasion pour constituer une position de base dans ce secteur.
(Fin du texte)