虎嗅

**Arrêtez de plaisanter, “Niulai” n’est pas un mauvais film… parce qu’il ne le mérite tout simplement pas encore.**

原文:别逗了,《牛来》不是烂片,因为它还不配

Résumé des principaux points

Le film « Niulai », initialement ignoré du grand public, est devenu viral grâce à son utilisation de codes d'authentification sociale : les spectateurs achètent leurs billets non pas pour regarder le film, mais pour prouver leur présence dans cet événement en ligne caractérisé par des commentaires, des moqueries et des partages. Il ne peut même pas être considéré comme un « mauvais film » (car il n'atteint pas les normes de base d'un produit cinématographique), pourtant les salles le vendent comme un film normal, mettant en évidence l'ambiguïté des critères de qualité dans l'industrie et la responsabilité des salles de cinéma. Cette popularité inattendue ne doit pas servir de modèle de succès pour le cinéma chinois ; au contraire, elle rappelle aux professionnels que les salles ne doivent pas se contenter de vendre des opportunités de participation à des réactions bruyantes au lieu de sélectionner sérieusement les œuvres présentées aux spectateurs, qui ont besoin de films dignes d'attention.

Analyse 1 : « Niulai » n'est même pas un mauvais film ? Parce qu'il n'a pas rempli ses obligations de base

Beaucoup considèrent « Niulai » comme un mauvais film, mais en réalité, il ne répond même pas aux critères minimaux pour être qualifié de tel. Un mauvais film est au moins un produit achevé : il a une histoire à raconter (même si elle est mal racontée), des personnages (même s'ils sont mal interprétés) et une structure narrative cohérente (même si elle est confuse). Or, « Niulai » manque de tout cela. Il utilise l'abstraction comme excuse pour éviter les étapes essentielles de la création (écriture du scénario, montage, développement des personnages), ne laissant derrière lui que des fragments incohérents. Le fait qu'il soit un film à faible budget et produit indépendamment n'est pas une excuse ; le manque d'achèvement ne peut pas être présenté comme une forme de « créativité ». Cela représente un manque de respect envers le temps des spectateurs.

Analyse 2 : Les spectateurs achètent pas un film, mais un billet pour prouver leur présence sociale

La plupart des gens qui vont voir « Niulai » ne sont pas attirés par le film lui-même. Ils cherchent à ressentir une participation active aux discussions en ligne et à montrer qu'ils font partie de l'agitation. C'est comme un phénomène viral hors ligne : si on rate l'actualité d'aujourd'hui, on ne pourra plus suivre les conversations demain. Les sujets de discussion sur Internet ont une durée de vie courte, et les gens craignent d'être exclus, donc ils préfèrent y participer même s'ils savent que c'est inutile. Cette logique de consommation est familière : elle ressemble au fait de regarder des émissions en direct qui échouent ou d'apprendre de nouveaux mots à la mode, dans le but de se sentir inclus. Or, les salles de cinéma devraient être des lieux où l'on peut mettre de côté son téléphone et se concentrer sur l'expérience, mais elles sont devenues des points de rassemblement pour des discussions en ligne, rendant le film secondaire.

Analyse 3 : Les salles de cinéma doivent garder leurs responsabilités : ne pas utiliser les licences comme un bouclier et éviter de devenir des décharges de contenu inutile

Certains pensent que la sortie de « Niulai » est due à des problèmes de censure, mais la licence de diffusion n'est qu'un certificat d'accès ; elle vérifie seulement si le contenu est conforme aux règles et si les techniques utilisées sont adéquates, pas s'il est bon ou non. Le véritable problème réside chez les salles de cinéma : après avoir obtenu la licence, elles ont la responsabilité de sélectionner les films qualifiés. Les salles ne sont pas des plateformes de contenu court (elles ne devraient pas accueillir des projets inachevés ou des tentatives ratées). Elles vendent du temps aux spectateurs, et il est essentiel que les œuvres présentées soient complètes. Le fait que « Niulai » soit vendu comme un film normal montre que l'industrie peut confondre la qualité avec le simple fait d'être sorti en salles.

Analyse 4 : Ne copiez pas la « réussite » de « Niulai » : la popularité inattendue ne se reproduit pas ; l'industrie a besoin de sérieux

Après le succès de « Niulai », certains ont voulu imiter cette stratégie (faire des films médiocres, créer des tendances, profiter des buzz), mais cela ne fonctionne pas. Sa popularité était due à un élément unique et inattendu ; les spectateurs étaient attirés par l'originalité de l'œuvre. Si l'on imite délibérément le mauvais, les spectateurs percevront cela comme une manipulation et seront déçus. De plus, les gens vont voir « Niulai » non pas parce qu'ils aiment vraiment ce genre de films abstraits, mais parce qu'ils en ont assez des publicités mensongères sur des films « sensationnels ». Le véritable défi pour le cinéma chinois est de redonner aux spectateurs la confiance dans l'expérience au cinéma, que ce soit pour des films commerciaux ou indépendants. Si les billets ne servent qu'à prouver la présence des spectateurs, alors les salles s'éloignent de l'esprit même du cinéma.

Conclusions

L'agitation entourant « Niulai » passera, mais les problèmes qu'il a soulevés méritent réflexion : les salles doivent maintenir la qualité des films en tant que produits achevés, les spectateurs doivent refuser de payer pour des événements bruyants, et l'industrie doit revenir à une approche sérieuse dans la création cinématographique. Après tout, la valeur d'une salle de cinéma n'est pas de vendre des billets pour participer à des discussions en ligne, mais d'offrir une expérience qui vaille la peine que l'on mette de côté son téléphone et qu'on y passe 90 minutes.