Résumé des points clés
Cet article offre une perspective sur l'évolution des dépenses de santé au Japon, afin de fournir des enseignements pour le développement de l'industrie médicale dans le contexte du vieillissement en Chine. Les dépenses de santé japonaises présentent quatre caractéristiques principales :
1. L'impact du vieillissement sur la croissance des dépenses s'est atténué, tandis que les comorbidités (l'existence simultanée de plusieurs maladies chroniques) et les nouvelles technologies sont devenues des forces motrices importantes ;
2. La part des frais d'examen externe augmente constamment, tandis que celle des frais d'hospitalisation diminue ;
3. La croissance des coûts des médicaments est restée inférieure à 5 % sur le long terme ;
4. De nombreux hôpitaux subissent des pertes importantes.
La logique sous-jacente est la suivante : le vieillissement pousse les systèmes d'assurance maladie à contrôler les dépenses, et les politiques incitent les services médicaux à se déplacer vers des soins ambulatoires, à promouvoir l'utilisation de médicaments génériques et à réduire les prix des médicaments. Cela entraîne cependant une augmentation de la pression sur les coûts pour les hôpitaux.
Analyse détaillée
1. Le vieillissement n'est plus le principal moteur de la croissance des dépenses de santé : les comorbidités et les nouvelles technologies sont les facteurs clés
Environ 30 % de la population japonaise a plus de 65 ans, et 60 % des dépenses de santé sont consacrées à cette catégorie de population. Cependant, l'impact du vieillissement sur la croissance des dépenses est passé de 1,6 % en 2010 à 0,7 % en 2023. La raison en est simple : la base de la population âgée est déjà très importante et son taux de croissance ralentit ; en outre, les personnes âgées souffrent souvent de plusieurs maladies chroniques simultanément, ce qui augmente considérablement les coûts. De plus, les nouvelles technologies (tels que de nouveaux médicaments anticancéreux ou des procédures chirurgicales mini-invasives), bien qu'elles améliorent l'efficacité des soins, sont également plus chères et contribuent ainsi à la croissance des dépenses.
Par exemple, selon les données de la préfecture de Chiba, pour chaque point supplémentaire dans l'indice de charge médicale des personnes âgées (ce qui correspond à l'apparition d'une nouvelle maladie chronique), les dépenses annuelles augmentent de 157 000 yens (environ 7 800 yuans) pour les soins médicaux et de 120 000 yens pour les soins infirmiers, soit une augmentation totale de 257 000 yens. Cela indique que l'augmentation des dépenses de santé à l'avenir sera principalement due à la complexité croissante des maladies chez les personnes âgées, et non simplement à leur nombre.
2. Les soins ambulatoires deviennent de plus en plus populaires, tandis que les hospitalisations diminuent : les politiques d'assurance maladie orientent les services médicaux
En Japan, les frais d'hospitalisation représentent 37,1 % des dépenses totales de santé, contre 34,7 % pour les soins ambulatoires, une proportion qui se rapproche de 50/50 (contre environ 60/40 aux États-Unis). Ce phénomène n'est pas fortuit ; il résulte des politiques d'assurance maladie basées sur le système DPC (similaire au système DRG en Chine), qui incitent les hôpitaux à réduire la durée des séjours hospitaliers et à éviter les surcoûts. Les hôpitaux préfèrent donc traiter les patients en ambulatoire, notamment pour les maladies chroniques ou les petites interventions chirurgicales.
De plus, les maladies chroniques sont devenues courantes (comme l'hypertension artérielle et le diabète), qui ne nécessitent pas d'hospitalisation quotidienne. Les visites régulières et la prise de médicaments suffisent. Ainsi, les dépenses se déplacent des soins coûteux en hospitalisation vers des soins moins chers en ambulatoire, ce qui permet de contrôler la croissance globale des dépenses tout en modifiant la structure des services médicaux : le nombre d'hôpitaux et de lits diminue au Japon, tandis que les cliniques et les cabinets médicaux se développent.
3. Les coûts des médicaments ne peuvent pas augmenter trop rapidement : les médicaments génériques et les négociations sont essentiels
La croissance des dépenses de médicaments sur ordonnance au Japon est passée de 9 % en 2015 à moins de 5 % aujourd'hui, voire parfois en baisse. Trois facteurs expliquent ce phénomène :
- Remplacement par des médicaments génériques : les médicaments génériques sont beaucoup moins chers que les produits originaux, et leur taux de remplacement est passé de 40 % en 2011 à 89 % en 2025. Les politiques encouragent le passage des ordonnances aux pharmacies, où les patients peuvent acheter des médicaments génériques pour réaliser des économies.
- Réduction des frais de préparation : les frais de préparation des médicaments par les pharmacies diminuent constamment, incitant ces dernières à utiliser des versions génériques moins chères.
- Négociations directes sur les prix : Par exemple, le coût du médicament anticancéreux O a été réduit de 50 % dès son lancement, et le gouvernement autorise des réductions supplémentaires si les ventes dépassent les attentes.
Ces mesures empêchent les prix des médicaments d'augmenter de manière excessive et soulagent ainsi la charge financière des systèmes d'assurance maladie et des patients.
4. De nombreux hôpitaux subissent des pertes importantes : les coûts augmentent plus rapidement que les revenus
Les dépenses d'exploitation des hôpitaux japonais ont augmenté de 14,7 %, contre seulement 10,3 % pour les revenus, ce qui se traduit par des pertes approchant 75 %. Les raisons en sont :
- Contrôle des revenus : les politiques d'assurance maladie limitent les revenus des hôpitaux, qui ne peuvent pas augmenter librement les prix.
- Augmentation des coûts : les salaires du personnel médical et des infirmiers, les consommables médicaux (même si les médicaments génériques sont moins chers), ainsi que le coût des équipements technologiques (tels que les scanners CT ou IRM) augmentent constamment. Les hôpitaux doivent supporter ces augmentations eux-mêmes.
Bien que le gouvernement ait pris des mesures (comme la reconnaissance mutuelle des résultats d'examens pour éviter les duplications), ce conflit entre revenus stables et coûts en augmentation ne peut pas être résolu à court terme, et les hôpitaux doivent donc s'adapter en contrôlant leurs coûts.
Enseignements pour la Chine
La Chine connaît un vieillissement rapide et pourrait rencontrer des problèmes similaires au Japon : comment contrôler la croissance des dépenses de santé ? Comment équilibrer les besoins des personnes âgées avec la pression exercée par les systèmes d'assurance maladie ? L'expérience japonaise montre que :
- Il ne suffit pas de se concentrer sur le nombre de personnes âgées ; il est également important de prêter attention à leur état de santé et de renforcer la gestion des maladies chroniques.
- Il est nécessaire d'inciter les services médicaux à se déplacer vers des soins ambulatoires et de guider les hôpitaux pour optimiser leur structure de prestations.
- Il faut développer activement les médicaments génériques, réduire les prix des médicaments et alléger la charge financière des patients et des systèmes d'assurance maladie.
- Les hôpitaux doivent apprendre à maîtriser leurs coûts pour éviter de subir des pertes importantes.
Ces enseignements sont très utiles pour la transformation de l'industrie médicale chinoise.