Résumé des points clés
Bien que considéré comme un véritable échec cinématographique, *Niulai* a connu une réussite inattendue dans les salles de cinéma et sur Internet, devenant un véritable festival de dérision collective. Cette popularité n’est pas le résultat d’une victoire de l’art cinématographique, mais plutôt de l’appropriation de l’espace des salles de cinéma par la culture du “check-in” en ligne : les spectateurs ne viennent pas voir un film, mais pour suivre les tendances, jouer avec des blagues et exprimer leurs émotions. Derrière cette farce se reflètent le mécontentement des spectateurs envers l’industrie cinématographique, la nature éphémère de l’économie basée sur le trafic d’informations, ainsi que le rôle particulier des salles de cinéma en tant qu’espaces publics rares. En fin de compte, il s’agit simplement d’une libération d’émotions sans véritable impact positif.
I. Ce qui a fait le succès de *Niulai*, ce n’est pas le film lui-même, mais la victoire du “regardement de films à caractère ludique”
Avez-vous déjà vécu cette situation : vous savez que le restaurant d’un influenceur n’est pas bon, mais vous y allez quand même pour prendre une photo et l’envoyer sur vos réseaux sociaux ? *Niulai* est l’équivalent cinématographique de ce phénomène. Avant d’aller voir le film, les spectateurs sont déjà “gavés” par les scènes célèbres des vidéos courtes : ils savent à quel moment rire, à quel moment critiquer. Le regard étrange du caissier et la complicité des autres spectateurs montrent bien que leur objectif n’est pas le film en soi, mais de “réaliser une tâche” : prendre des photos, partager sur les réseaux sociaux, participer à ce jeu basé sur des blagues. Quand certains sortent du cinéma et déclarent que c’est un “œuvre révolutionnaire”, est-ce un compliment ou une ironie ? En réalité, cela n’a pas d’importance ; l’essentiel est de “participer”. Il s’agit en fait de la culture du “check-in” en ligne qui envahit les salles de cinéma : le cinéma n’est plus un lieu pour regarder des films, mais plutôt un espace de socialisation hors ligne – c’est comme si vous alliez à Disney non pas pour profiter des attractions, mais pour prouver que “je suis venu”.
II. Ne comparez pas *Niulai* à *The Room*
Certains disent que *Niulai* ressemble au mauvais film étranger *The Room*, mais l’auteur affirme que c’est une erreur de perception.
Le succès de *The Room* est un phénomène propre au cercle des amateurs de cinéma : un groupe de personnes qui, en se moquant de sa médiocrité, renforcent leur “communauté de goûts” – c’est comme si des amis se moquaient d’un mauvais film pour prouver qu’“ils comprennent les bons films”. Ils ont même créé une sorte de rituel de visionnage spécial pour la première fois. Mais *Niulai* est différent : son succès est “distribué” sur Internet ; personne ne sait qui a commencé, et les internautes partout dans le monde participent spontanément à ces blagues, attirant non pas des amateurs de cinéma, mais des gens cherchant simplement du divertissement. Le but n’est pas de “dénoncer le mauvais film”, mais d’“exprimer des émotions” : peu importe la qualité du film, l’important est de rire en premier. Ainsi, *The Room* représente une “alliance de goûts”, tandis que *Niulai* incarne une “alliance d’émotions”.
III. Le box-office est passé de 130 millions à 70 millions ? La durée de vie du trafic d’informations est courte
Le box-office prévu pour *Niulai* était initialement de 130 millions, mais il a été divisé par deux pour atteindre seulement 70 millions. Pourquoi ? Parce que la logique du trafic d’informations est “arriver vite, partir encore plus vite”. Lorsque votre cercle d’amis est rempli de photos de *Niulai* et que les vidéos courtes ne montrent que des mêmes blagues, le “nouvellement” disparaît rapidement – c’est comme si vous voyiez 10 vidéos similaires d’influenceurs et que vous les supprimiez immédiatement. Le plaisir du trafic d’informations réside dans l’“anticipation” ; une fois que tout le monde y participe, cela devient ennuyeux. Ainsi, la baisse des recettes de *Niulai* était inévitable : il n’a aucun contenu capable de retenir les spectateurs et dépend entièrement d’une tendance éphémère. Une fois que cette tendance s’estompe, plus personne ne veut payer.
IV. La théorie de la “résistance au capital” ? En réalité, c’est juste une excuse pour se consoler soi-même
Certains interprètent le succès de *Niulai* comme une forme de “résistance du peuple contre le capitalisme” : par exemple, on dit que le réalisateur a travaillé pendant cinq ans et que sa mère l’a soutenu sans compter les coûts, ce qui serait une “refuse de la chaîne de production capitaliste” ; les spectateurs achètent des billets pour voir un mauvais film, ce qui serait une forme de “vote avec les pieds contre l’autorité”. Mais l’auteur démontre que ces interprétations sont erronées :
- Se moquer d’un mauvais film, c’est encore contribuer à l’économie basée sur le trafic d’informations (acheter des billets, partager du contenu, tout cela crée du trafic) ;
- Pour vraiment résister aux produits de qualité médiocre, la meilleure solution est de “ne pas les regarder”, et non de “payer pour voir des mauvais films” – si vous les regardez, c’est parce que vous en avez envie, vous cherchez juste une raison noble.
En réalité, les gens sont mécontents de l’industrie cinématographique, mais n’osent pas critiquer d’autres choses (comme les dirigeants ou le capital), alors ils prennent l’industrie cinématographique pour cible – critiquer les réalisateurs, les mauvais films permet de libérer leurs émotions sans prendre de risque.
V. Les salles de cinéma sont devenues des “poubelles à émotions”, mais ce n’est pas l’avenir du cinéma
Un autre facteur expliquant le succès de *Niulai* est que les salles de cinéma sont l’un des rares espaces publics où il est encore possible de se rassembler légalement. Quels autres endroits existent aujourd’hui pour que des gens puissent rire et critiquer ensemble ? Ainsi, tout le mécontentement envers la vie et la déception vis-à-vis de l’industrie y est exprimé. *Niulai* est devenu un exutoire idéal : étant complètement mauvais, il peut accueillir toutes les émotions des gens – vous pouvez le critiquer, en inventer des blagues, ou même en faire un symbole de “résistance”. Cependant, cela n’est pas bon pour l’industrie cinématographique : les salles de cinéma semblent être “activées”, mais en réalité elles sont “déviées” – elles ne servent plus à diffuser l’art du cinéma, elles deviennent des outils pour exprimer des émotions. La valeur intrinsèque du film est négligée, il ne reste que le trafic d’informations et la folie collective.
En fin de compte, la mode de *Niulai* passera. Une fois que la tendance sera épuisée, les gens retourneront à ce qu’ils aiment vraiment regarder, et les problèmes de l’industrie cinématographique persisteront. Le seul “sens” de cette farce est de nous montrer que lorsque les gens ne trouvent pas d’exutoire approprié pour leurs émotions, même quelque chose d’absolument médiocre peut être présenté comme “délicieux” – mais cela ne résout rien.
(L’ensemble du texte est expliqué en langage simple, sans termes techniques, afin de vous aider à comprendre la logique derrière cette “célébration d’un échec cinématographique”.)