Résumé des points clés
*“Our Youth 2” est un exemple typique de “série personnalisée pour les fans” : les données pré-lancement étaient impressionnantes (plus de 1,4 million de réservations, première place dans les classements d’opinion publique), mais la réputation auprès du grand public était médiocre (comédie abstraite, intrigue faible). L’enthousiasme des fans a maintenu la popularité de la série, mais n’a pas attiré de nouveaux spectateurs. Son apparition reflète le changement de tendance dans l’industrie des séries personnalisées : il y a neuf ans, “Our Youth” a créé des stars et a réussi à dépasser les frontières culturelles grâce à un contenu de qualité, tandis que maintenant, l’objectif est de préserver la stabilité du “cercle des fans” pour éviter les risques. Ce modèle est rentable, mais au détriment de la priorité accordée au contenu.*
I. Des données phénoménales et une réputation divisée : les fans soutiennent le début, mais le grand public n’est pas convaincu
Les données de lancement de la série étaient impressionnantes : 1,4 million de réservations sur toute la plateforme, 350 000 uniquement sur Mango TV, et la série a été en tête des classements d’opinion publique pendant 9 jours consécutifs. Le jour de la diffusion, le nombre de discussions sur Weibo a dépassé les 90 millions en une heure. Cependant, le public a exprimé son mécontentement, déclarant que “reconnaître les personnages était plus difficile que de regarder l’histoire” et que “l’intrigue était plate et les personnages étaient des jeunes idéaux stéréotypés”.
Pourquoi ce contraste ? La popularité provient de deux groupes de personnes : d’une part, les fans (qui ont défendu les droits de leurs idoles depuis le début de l’année, augmentant ainsi les discussions) ; d’autre part, ceux qui sont attachés à l’histoire originale (le format de TFBOYS il y a neuf ans était un succès national, et ils attendaient la série avec nostalgie). Mais la suite de l’histoire a été complètement renouvelée, créant un coupure entre l’ancien et le nouveau, avec une intrigue flottante et des performances d’acteurs inexpérimentés, décevant ainsi ces fans. De nombreux commentaires négatifs sur Douban exprimaient leur déception.
II. La logique commerciale des séries personnalisées pour les fans : un “jeu fermé” rentable
La logique de cette série n’est pas de “réaliser une bonne œuvre”, mais d’utiliser la série pour créer un cycle économique basé sur les fans :
- Coûts bas : les acteurs sont des stagiaires de l’entreprise, donc pas besoin de payer de salaires élevés ; les plateformes assurent un achat minimum, réduisant ainsi les coûts.
- Revenus stables : les fans sont heureux de voir leurs idoles dans une œuvre, ce qui augmente leur loyauté ; les personnages “réels” de la série peuvent également attirer de nouveaux fans plus jeunes, contribuant au développement futur du groupe.
- Faibles risques : la popularité des fans assure les chiffres de diffusion, sans dépendre des critiques du grand public.
En somme, c’est comme si les agences de gestion de talents réalisaient une série pour leurs propres stagiaires : cela améliore leur CV, renforce leur base de fans et attire de nouveaux membres, représentant une affaire rentable.
L’œuvre précédente de Wajijiwa, “Oh! My Emperor陛下”, suivait ce même modèle : elle était populaire mais avait une réputation mitigée, sans pour autant nuire au succès commercial.
III. Pourquoi une telle créativité limitée ?
Ce n’est pas que les scénaristes ne veulent pas bien faire leur travail, mais il y a trop de contraintes structurelles :
1. Règles de sécurité strictes : la Chine a des exigences strictes concernant le contenu destiné aux mineurs ; les idoles doivent présenter une image “pure”, et les personnages controversés peuvent ruiner leur carrière. Ainsi, tous les personnages doivent être “parfaits” et sans défauts.
2 Équilibre difficile des rôles : tous les huit protagonistes doivent avoir des scènes importantes et une présence marquante, mais avec seulement 36 épisodes, chaque histoire est superficielle. Les scénaristes ne peuvent pas utiliser de conflits internes pour faire avancer l’intrigue (comme des erreurs qui entraîneraient un apprentissage) et doivent recourir à des événements extérieurs (compétitions, malentendus), ce qui rend l’histoire rapidement ennuyeuse.
3 Surveillance des fans tout au long du processus : chaque fan exige que son idole ait suffisamment d’occasions à l’écran et ne soit pas utilisé comme un simple outil ; même leurs erreurs doivent être présentées de manière positive. Les scénaristes doivent tenir compte des émotions de huit groupes de fans différents, ce qui rend la création très difficile.
IV. Du “création de stars” à la “prévention des risques” : une inversion complète de la logique de l’industrie
Il y a neuf ans, “Our Youth” créait des stars grâce à un contenu authentique : des conflits typiques de la jeunesse (comme des défaites dans des compétitions, des conflits entre personnages), des personnages avec des traits distinctifs (comme les membres de TFBOYS), et une histoire touchante qui a permis à la série de devenir populaire auprès du public. Aujourd’hui, l’objectif est de préserver la stabilité des fans, en donnant la priorité à des contenus sans controverses ni surprises.
V. Le changement dans les horaires de diffusion sur les chaînes de télévision : efficacité contre qualité, quelle est notre position ?
Auparavant, les horaires de diffusion les plus regardés étaient des points de déclencheur pour des contenus populaires (comme “My Fair Princess” ou “Home with Children”), mais maintenant les séries personnalisées pour les fans ont également leur place. Cela montre que l’industrie cherche à maximiser l’efficacité des diffusions ciblées : puisque les fans sont prêts à payer, pourquoi se donner la peine de plaire au grand public ?
Cependant, si ce modèle se généralise, davantage de séries personnalisées seront produites, et le contenu pourrait devenir de plus en plus “sécurisé” mais aussi plus ennuyeux. Lorsque “ne pas commettre d’erreurs” est plus important que “être bon”, l’espace de créativité des séries chinoises pourrait se réduire.
En conclusion, “Our Youth 2” n’est pas une mauvaise série, mais le résultat d’évolutions dans l’industrie : elle est rentable et bien gérée sur le plan commercial, mais elle a cédé sur le plan du contenu. Si cette réduction est une “choix rationnel” ou un signe de déclin, seul le marché et le public pourront le déterminer.