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Titre français : Pourquoi le secteur financier doit-il servir l’économie réelle ? Les leçons de la Chine sur les « lois cycliques » de l’industrialisation au cours des cinq derniers siècles

原文:文一:金融为什么必须服务实体经济?:五百年工业化“周期律”的中国警示

Résumé des points clés

Cet article révèle, en analysant les parcours de prospérité et de déclin de Venise, des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne et des États-Unis au cours des cinq derniers siècles, un cycle fatal : « prospérité commerciale → essor de l’industrie manufacturière → développement du secteur financier → détachement du secteur financier de l’économie réelle → dévitalisation de l’industrie manufacturière → déclin de l’État ». Il examine la logique par laquelle le secteur financier est passé d’un service à l’économie réelle à une forme d’aliénation, compare les expériences réussies de l’Allemagne et du Japon dans la protection de leur industrie manufacturière, et met en garde la Chine en soulignant l’importance de conserver ses bases industrielles et d’utiliser le secteur financier au service de l’économie réelle pour éviter de suivre le même chemin que les anciens puissants mondiaux.

I. Le destin commun des quatre puissants mondiaux au cours des cinq derniers siècles : de « grandes puissances manufacturières » à une « dévitalisation financière »

Depuis l’époque moderne, les quatre puissants mondiaux ont suivi le même chemin vers le déclin :

  • Venise : Elle a accumulé du capital grâce au commerce avec l’Orient, puis a développé l’industrie manufacturière et le secteur financier. Cependant, les négociants riches ont détourné les fonds de l’industrie pour spéculer sur l’immobilier et acheter des obligations étrangères, entraînant le déclin de son industrie navale et la perte de son statut de centre de pouvoir.
  • Pays-Bas : Connu sous le surnom de « cocher des mers », le pays disposait de la flotte la plus puissante et d’une industrie manufacturière solide. Mais la bulle des tulipes (la première bulle financière de l’histoire) et le déversement de capitaux vers la Grande-Bretagne ont épuisé ses ressources industrielles, le conduisant à sa défaite face à cette dernière.
  • Grande-Bretagne : Elle est devenue la « usine du monde » grâce au mercantilisme. Cependant, les descendants des entrepreneurs se sont tournés vers le secteur financier (les usines étaient problématiques et les opérations financières rapportaient plus rapidement de profits), et la moitié de ses économies a été investie à l’étranger, la laissant dépassée par les États-Unis et l’Allemagne.
  • États-Unis : L’industrie manufacturière représentait autrefois près de 30 % du PIB. Mais après la libéralisation financière des années 1970, la part des profits de l’industrie a chuté à 20 %, tandis que celle du secteur financier a augmenté. La logique financière a influencé des décisions stratégiques majeures (par exemple, la décision de Boeing d’externaliser des logiciels a conduit à des accidents aériens), réduisant la part de l’industrie manufacturière à moins de 10 %.

Compris simplement : C’est comme si une personne, après avoir gagné de l’argent en créant des usines, trouvait plus facile de spéculer en bourse ou de prêter de l’argent, détournant ainsi les fonds des usines, qui finissaient par fermer et laissant l’argent sans valeur.

II. Comment le secteur financier a-t-il « dévié » de sa fonction initiale ? De « sang » à « vampire »

La fonction originale du secteur financier est de servir l’économie réelle : les usines ont besoin d’argent pour acheter des matières premières, et les banques leur prêtent de l’argent en contrepartie d’intérêts. Mais la nature spéculative du capital a progressivement entraîné son aliénation :

  • Selon Marx : Le processus est passé de l’échange de biens à l’accumulation de richesse par le biais de l’argent, puis à une situation où l’argent génère de l’argent sans passer par la production réelle.
  • Dans la réalité : Le secteur financier est passé de prêts simples à la titrisation d’actifs (par exemple, les prêts immobiliers transformés en obligations), puis à une répétition de ces opérations de packaging financier, rendant difficile de comprendre la nature réelle des actifs sous-jacents (c’est ce qui a provoqué la crise des subprimes en 2008).

Conséquences néfastes : Les bulles financières augmentent les prix et les salaires, augmentant les coûts pour l’industrie manufacturière, qui est ensuite concurrencée par des pays étrangers. Les oligarchies financières profitent énormément, tandis que les citoyens en paient les conséquences (par exemple, lors de la crise de 2008, les banques américaines ont été sauvées à frais du contribuable).

III. Les « pare-feu » allemand et japonais : une autre voie pour construire une nation sur une base industrielle solide

Tout pays n’a pas suivi le chemin du déclin. L’Allemagne et le Japon ont réussi à préserver leur industrie manufacturière grâce à des systèmes institutionnels :

  • Allemagne : Les banques et les entreprises collaborent sur le long terme, permettant aux entreprises de ne pas s’inquiéter des fluctuations des cours de bourse à court terme. Plus de 2700 « champions invisibles » (entreprises familiales mondialement leaders dans des secteurs spécifiques) ne sont pas cotées en bourse et se concentrent sur l’amélioration de leurs technologies, maintenant ainsi la part de l’industrie manufacturière autour de 20 % du PIB.
  • Japon : Les banques et les entreprises possèdent des actions mutuelles, ce qui empêche les acquisitions hostiles et favorise la recherche et le développement sur le long terme (par exemple, Toyota a investi des décennies dans la production de manière efficace, tandis que Sony a continué à investir dans la technologie des transistors).

Mais attention : Ces « pare-feu » commencent à s’effacer : les banques allemandes vendent des actions d’entreprises, et le système bancaire japonais s’affaiblit, montrant que la logique financière est omniprésente et que les systèmes doivent être constamment maintenus.

Compris simplement : C’est comme si une protection était mise en place pour empêcher le capital financier de détourner les fonds des entreprises, permettant à celles-ci de se concentrer sur la production et la recherche technologique, plutôt que de se soucier constamment des cours de bourse.

IV. Les bulles ne sont-elles pas toujours néfastes ? Distinction entre « bonnes » et « mauvaises » bulles

L’article souligne qu’il ne faut pas rejeter toutes les bulles de manière générale ; il est important de considérer leur nature :

  • Bulles créatives : Comme la bulle Internet en 2000 ou celle des nouvelles énergies, elles ont pu favoriser la naissance de entreprises innovantes telles que Google, Amazon, Tesla ou CATL, car l’argent a été investi dans la recherche et la production, créant de nouvelles technologies.
  • Bulles parasitaires : Comme la bulle immobilière, elles ne servent qu’à spéculer sur les terrains et les logements, augmentant la richesse des propriétaires immobiliers au détriment des autres. Lorsque ces bulles éclatent, il ne reste que des immeubles inutilisables et des dettes sans valeur.

Critères de jugement : L’argent a-t-il été investi dans la recherche et la production ? Existe-t-il une véritable technologie à la base de ces bulles ? Ces bulles ont-elles créé de nouvelles capacités productives ?

Compris simplement : Les bonnes bulles sont comme des tentatives d’innovation qui, bien qu’elles puissent entraîner des pertes financières, peuvent mener à de nouvelles technologies utiles. Les mauvaises bulles, en revanche, ne créent rien de nouveau et ne servent qu’à transférer de l’argent d’une main à l’autre.

V. Un avertissement pour la Chine : préserver l’industrie manufacturière et utiliser le secteur financier de manière responsable

La Chine n’a pas encore suivi ce cycle fatal, mais elle doit être vigilante :

  • Quatre risques : le contrôle du pouvoir par le capital financier, la libre circulation des capitaux, l’aggravation des inégalités sociales, et la présence de pays prêts à prendre la relève (comme l’Inde, avec une population jeune et nombreuse). Le système socialiste chinois a limité ces risques, mais il faut éviter que l’Inde ne devienne le successeur des puissants mondiaux.

Mesures à prendre :

1. Restreindre les activités financières purement spéculatives (comme les produits financiers complexes).

2. Développer des marchés financiers axés sur les services et la technologie pour soutenir les entreprises high-tech.

3. Se méfier des bulles immobilières et empêcher que l’argent ne soit détourné vers la spéculation immobilière.

4. Conserver les bases de l’industrie manufacturière : elle est la fondation du secteur financier ; sans elle, tout développement financier est précaire.

En résumé, l’article souligne que le secteur financier est un outil, pas une fin en soi. L’industrie manufacturière est la véritable colonne vertébrale d’une nation. Sans elle, toute prospérité financière est éphémère. Pour le grand public, comprendre cette logique est essentiel pour comprendre pourquoi les gouvernements insistent sur la nécessité de passer d’une économie basée sur la spéculation à une économie axée sur la production réelle. Après tout, sans usines pour produire des biens, même l’argent n’a plus de valeur réelle.