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Les films deviennent de plus en plus longs, mais la vessie des acteurs ne grossit pas pour autant…

原文:电影越拍越长,但是膀胱不会越来越大!

Résumé des principales conclusions

Le temps de diffusion moyen des films pendant la période du Nouvel An chinois en 2025 a atteint 137,3 minutes (une augmentation de près de 30 minutes par rapport à 2015), et les films les plus populaires ont tous dépassé les 140 minutes. Ce phénomène n’est pas le résultat de la caprice des réalisateurs, mais d’une “conspiration” entre les producteurs, les cinémas et les spectateurs : les producteurs ajoutent des scènes pour éviter les risques et mettre en valeur les effets visuels, les cinémas privilégient les longs films dans la planification des programmations, et les spectateurs, attirés par l’augmentation de la durée sans augmentation du prix, paient un coût caché en temps et en effort physique. Cette “course aux longueurs” entraîne une concentration des films les plus rentables sur le marché, réduit l’espace de survie des films moyens et petits, et détériore l’expérience des spectateurs, reflétant l’anxiété de l’industrie cinématographique chinoise qui dépend uniquement des recettes des billets.

I. La période du Nouvel An chinois est devenue une “course aux longueurs”

La période du Nouvel An chinois représente près de 40 % des recettes annuelles du cinéma (en 2025) ; chaque minute compte pour la programmation et les discussions des spectateurs. La durée moyenne des films était de 130 minutes en 2023, 129,5 minutes en 2024, et est passée à 137,3 minutes en 2025, comme si les producteurs cherchaient à tester les limites des spectateurs. Les films les plus populaires vont encore plus loin : “The Legend of the Condor Heroes” et “The Dragon Operation” durent 146 minutes, et “The Investiture of the Gods 2” ainsi que “Nezha 2” 144 minutes, avec quatre films dépassant les 140 minutes devenant la norme. Les spectateurs plaisantent en disant que “avant, regarder un film était un moment de détente, maintenant, c’est comme un entraînement physique”, car voir deux films populaires peut prendre toute la journée, et il faut même faire attention à ne pas rater des moments clés pendant l’entracte.

La logique derrière cela est la suivante : les producteurs n’osent pas prendre de risques en termes d’innovation narrative (de peur de perdre de l’argent), alors ils augmentent la durée des films en y incluant de nombreux personnages et de grandes scènes, utilisant la longueur comme un symbole de “grand spectacle”. Il y a dix ans, la compétition se concentrait sur les acteurs et les moments comiques ; aujourd’hui, il s’agit de voir qui peut retenir les spectateurs pendant trois heures.

II. Pourquoi les producteurs hésitent-ils à couper dans les scènes ? L’argent et l’ambition sont à l’origine de cette tendance

1. Les sujets sont trop vastes pour être raccourcis : les films de mythologie, de guerre ou épiques nécessitent de développer un univers complexe (comme “The Investiture of the Gods 2” qui raconte les histoires de dizaines de dieux), de changer de thème (comme “The Legend of the Condor Heroes” qui passe du monde des arts martiaux à celui de l’État), ou d’avoir plusieurs intrigues (comme “Nezha 2” avec des histoires de famille, d’amitié et de destin). Les réalisateurs considèrent que couper ces scènes serait trahir leur ambition.

2. Les coûts des effets visuels sont trop élevés : “Nezha 2” a coûté 500 millions de yuans, et “The Investiture of the Gods 2” plusieurs centaines de millions ; chaque seconde d’effets visuels représente un investissement conséquent, et couper ne serait pas rentable. Les producteurs veulent que le film “vaille le prix du billet” et incluent donc tous les effets visuels dans la durée du film.

3. Une mentalité de prudence : face à la concurrence des plateformes de streaming, les films moyens et petits n’osent pas être projetés en salles, et les ressources se concentrent sur les films les plus populaires. Les producteurs parient sur les grands films et utilisent la longueur pour montrer leur “excellence” – un film de 150 minutes semble plus “épique” qu’un film de 120 minutes, ce qui est plus facile à promouvoir.

4 Une paresse créative : certains réalisateurs pensent que plus il y a de personnages et d’intrigues, plus le film est profond, mais ils négligent le rythme. Par exemple, les 30 premières minutes de certains films sont lentes et ennuyeuses, et les spectateurs quittent la salle en se disant “enfin, c’est fini”.

III. “Plus de contenu sans augmentation du prix” : est-ce vraiment avantageux ? Vous payez pour le temps et pour vos efforts

Les prix des billets n’ont pas augmenté pendant la période du Nouvel An chinois, mais les spectateurs et les cinémas paient un coût caché :

  • Pour les spectateurs : un film de 137 minutes, plus les publicités, représente en réalité trois heures de visionnage. Il faut planifier à l’avance pour éviter de devoir aller aux toilettes pendant le film, et certains doivent même renoncer à des activités telles que les repas de famille ou le sport. Certains spectateurs doivent supporter leur famille pour ne pas gaspiller l’argent dépensé pour les billets.
  • Pour les cinémas : le nombre de séances par écran par jour dépend de la durée des films. Un film de 100 minutes peut être projeté 7 fois, tandis qu’un film de 146 minutes ne peut être projeté que 5 fois, ce qui entraîne une perte de revenus importante pendant les sept jours de la période du Nouvel An chinois. Les responsables de la programmation doivent donner les meilleures séances aux films les plus populaires, laissant peu d’opportunités aux films moyens et petits.
  • Pour le marché : le nombre de films ayant rapporté plus d’un milliard de yuans en 2025 est passé de 79 en 2024 à 51, avec une concentration des recettes entre les films les plus rentables, et un affaiblissement des films moyens et petits. Les longs films excluent certains spectateurs (personnes âgées, enfants, personnes ayant des problèmes de dos), transformant le cinéma en une “épreuve de endurance”.

IV. Les longs films transforment le marché cinématographique en un “jeu d’oligopole”

Le nombre de salles augmente (93 000 en 2025), mais la longueur des films diminue le nombre total de séances. Les grands films profitent de leurs marques et de leur marketing pour occuper les meilleures séances, tandis que les films moyens et petits sont relégués à des horaires moins fréquentés ou sont retirés du circuit. Les résultats sont les suivants :

  • Une diversité réduite : les ressources se concentrent sur les genres qui conviennent aux longs films (mythologie, guerre), rendant difficile la survie des genres plus courts comme l’amour, la comédie ou le suspense, et réduisant les choix des spectateurs.
  • Manque d’innovation : les coûts élevés des longs films (des centaines de millions) incitent les investisseurs à miser sur des marques déjà établies (comme les suites de “Detective Tang”), plutôt que sur des projets originaux. Les scénaristes ont tendance à créer des histoires plus complexes, mais cela entraîne une homogénéisation du contenu.
  • Une moindre résilience aux risques : seuls les films les plus populaires peuvent soutenir le marché ; si les recettes des films phares ne sont pas à la hauteur des attentes, tout le marché est susceptible de fluctuer.

V. Les films dans le monde entier deviennent plus longs, mais la Chine est particulièrement anxieuse

Même les grands films hollywoodiens deviennent plus longs (comme “Oppenheimer” avec 180 minutes), mais ils disposent de revenus divers (distributions mondiales, produits dérivés, streaming), tandis que le cinéma chinois dépend fortement des recettes des billets. Le cinéma chinois doit donc utiliser la longueur pour convaincre les spectateurs que le film “vaut le prix”.

En comparaison avec le Japon, où la durée moyenne des films reste stable entre 100 et 120 minutes, car il existe d’autres sources de revenus (Blu-ray, diffusion télévisée, produits dérivés), et les producteurs ne sont pas obligé d’inclure tout le contenu dans les films projetés en salles. La Corée du Sud suit la même logique, en calculant soigneusement les revenus potentiels des films pendant la période du Nouvel An chinois et en évitant d’allonger inutilement la durée des films.

Les spectateurs chinois, notamment les jeunes, ont tendance à regarder des vidéos courtes, et les longs films peuvent être à la fois attrayants et décourageants. Par exemple, “Nezha 2” peut être regardé plusieurs fois, mais les autres longs films incitent les spectateurs à hésiter à passer trois heures devant l’écran.

Conclution finale

Un bon film ne craint pas d’être long ; un mauvais film, en revanche, ne mérite pas d’être long. Les spectateurs sont prêts à supporter une longueur de 144 minutes pour “Nezha 2” si le contenu est intéressant, et les fans de “The Wandering Earth 2” sont prêts à le regarder une seconde fois à cause de la richesse de l’histoire. Cependant, un mauvais film, même s’il dure 110 minutes, semble interminable. L’industrie cinématographique ne devrait pas utiliser la longueur comme un outil de marketing, mais plutôt la faire servir le contenu. L’essence d’un film est d’être agréable à regarder, pas seulement de durer longtemps. Lorsque la longueur des films revient à son rôle de simple outil narratif, les spectateurs pourront à nouveau profiter du plaisir de regarder un bon film. Sinon, cette course aux longueurs ne laisse aucun gagnant : les spectateurs sont fatigués, les cinémas subissent des pertes, et les films moyens et petits disparaissent, ne laissant que quelques grands films pour lutter seuls sur le marché.