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Sakis est de retour en France, mais le projet qui s'étend sur 73 ans continue toujours.

原文:赛考斯回国了,但那个横跨73年的工程还在继续

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Résumé en français simple

Cet article, en profitant de la popularité récente de l’amateur américain de lutte contre la désertification Seacos qui a visité à nouveau la Chine, explique en détail le « Projet de forêts de protection du Nord, du Centre et de l’Ouest » (Sanbei), ce projet colossal qui se cache derrière le miracle de la lutte contre la désertification en Chine. Lancé en 1978 et prévu pour durer jusqu’en 2050, ce projet de reboisement le plus important de l’histoire de l’humanité a déjà permis de réduire le nombre de tempêtes de sable annuelles dans le nord de la Chine de trois fois, et de faire reculer chaque année 10 millions de mu (unité de superficie chinoise) de terres désertifiées. Cependant, il n’est pas près d’être terminé. Il entre plutôt dans une phase plus difficile : il s’agit de passer d’une phase où l’objectif principal était de maîtriser les tempêtes de sable à une phase où il faut entretenir les forêts vieillissantes, faire en sorte que ces projets écologiques génèrent des revenus et partager l’expérience chinoise de lutte contre la désertification avec le monde entier. La question clé est de savoir comment faire en sorte que les forêts plantées durent à long terme et que les personnes qui les ont plantées puissent réellement en tirer un profit.

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Analyse détaillée

1. En quoi le projet Sanbei est-il si exceptionnel ?

Beaucoup de gens pensent que le projet Sanbei consiste simplement à planter des arbres dans le nord de la Chine, mais ils ne réalisent pas à quel point son échelle est impressionnante :

Il s’étend de la province du Heilongjiang à l’ouest jusqu’au Xinjiang, couvrant 13 provinces et représentant 40 % de la superficie terrestre du pays, ce qui équivaut à construire une « Grande Muraille verte » de plus de 3000 kilomètres pour protéger les régions exposées aux tempêtes de sable. En 1978, la situation dans le nord de la Chine était critique : le sable pouvait atteindre la vallée du Yangtze, et le fleuve Jaune recevait chaque année près de 100 millions de tonnes de sable provenant de 10 ravins en Mongolie-Intérieure, soit environ 70 000 tonnes de sable par jour, ce qui menait à des inondations fréquentes. Aujourd’hui, 480 millions de mu de forêts ont été plantés, et le taux de couverture forestière dans la zone du projet est passé de 5 % à près de 14 %, ce qui signifie qu’un arbre supplémentaire a été planté sur sept mu de terrain. Cela a permis de stabiliser 336 000 kilomètres carrés de terres désertifiées : alors que les terres désertifiées s’étendaient de 5,15 millions de mu par an, elles se rétractent maintenant de 10 millions de mu par an, une superficie plus grande que celle de toute la ville de Shanghai. Pour les gens du quotidien, cela se traduit par une diminution significative des tempêtes de sable au printemps.

2. Ne pensez pas que le projet Sanbei est près de son terme : il faut maintenant prendre soin des forêts âgées

Beaucoup pensent que 90 % du projet a été réalisé, puisque 317 millions de mu de forêts ont été plantés sur les 350 millions prévus. En réalité, les nouveaux défis rencontrés sont ceux que les responsables du projet avaient déjà anticipés :

À l’époque, pour stopper rapidement les tempêtes de sable, on a choisi les peupliers, qui poussent rapidement et sont peu coûteux. Cependant, leur durée de vie naturelle est de seulement trente à cinquante ans. Les premiers peupliers plantés sont maintenant en âge de « prendre leur retraite » : ils ne poussent plus après avoir atteint 5 mètres de hauteur. Les forêts concernées sont considérées comme « jeunes mais vieillissantes » par les forestiers, et elles meurent facilement lors des tempêtes. Actuellement, plus de 300 000 kilomètres carrés de forêts dans la zone du projet Sanbei se sont dégradées, et plus de 70 % des peupliers âgés dans la région de Bashang, au Hebei, sont morts. Si rien n’est fait, les forêts plantées il y a plusieurs décennies pourraient disparaître en vingt ou trente ans, et les tempêtes de sable pourraient revenir. Ainsi, la tâche principale du projet Sanbei n’est plus de planter de nouveaux arbres, mais de prendre soin des forêts existantes : l’État a alloué des fonds spéciaux pour leur entretien (inspection, remplacement des arbres, arrosage, lutte contre les maladies et les ravageurs), ce qui équivaut à rénover des maisons vieilles de 40 ans en installant de nouvelles canalisations et des systèmes électriques. L’objectif des prochaines années est donc de passer de la plantation à la protection et à l’amélioration de la qualité des forêts.

3. La lutte contre la désertification ne peut pas se baser uniquement sur les subventions de l’État : il faut que les forêts génèrent des revenus

Un des principaux problèmes du projet Sanbei était son caractère purement caritatif : lorsque vous plantez un arbre au bord du désert en Mongolie-Intérieure, les bénéfices profitent à des gens à des centaines de kilomètres de là, comme ceux de Pékin, ainsi qu’aux provinces en aval du fleuve Jaune. Cependant, les agriculteurs qui plantent les arbres ne reçoivent aucun bénéfice direct, et les coûts sont supportés par l’État. Pour que le projet soit durable, il faut trouver des moyens pour que les forêts génèrent des revenus. Aujourd’hui, des activités telles que la culture de plantes comme le sea buckthorn ou le cistanche dans les zones désertiques, l’élevage de bœufs et de moutons sous les forêts, la production d’électricité grâce à des panneaux solaires, et même la vente de la capacité des forêts à absorber le carbone peuvent générer des revenus. La valeur annuelle de l’industrie forestière dans la zone du projet Sanbei dépasse 800 milliards de yuans, et plus de 1,5 million d’agriculteurs et de bergers gagnent en moyenne 12 500 yuans par an grâce à la plantation et à l’entretien des forêts. En d’autres termes, si personne ne peut se consacrer à la lutte contre la désertification par simple passion, seul un système dans lequel les personnes impliquées peuvent en tirer un profit et où les investissements des entreprises sont rentables permettra à ces forêts de devenir une véritable « Grande Muraille verte » durable.

4. L’expérience chinoise de lutte contre la désertification est devenue un produit d’exportation

Au fil des années, le projet Sanbei a développé des techniques uniques pour lutter contre la désertification, qui sont maintenant exportées dans le monde entier. Plus de 100 pays dans le monde rencontrent des problèmes graves de désertification ; par exemple, 75 % du territoire de la Mongolie est déjà désertifié. De nombreuses tempêtes de sable que nous rencontrons au printemps proviennent des déserts du sud de la Mongolie, et des pays comme l’Arabie saoudite et l’Asie centrale sont également fortement touchés par la désertification. Auparavant, aucun pays au monde n’avait d’expérience complète pour lutter contre la désertification sur des échelles de plusieurs millions de kilomètres carrés. La Chine a développé des méthodes efficaces, telles que la disposition des grilles de graminées pour économiser des efforts, le choix de semis résistants à la sécheresse, l’utilisation de systèmes d’irrigation économes en eau, la surveillance des forêts dégradées par satellite, et la vente de la capacité des forêts à absorber le carbone. L’ONU demande même à la Chine d’organiser des formations sur la lutte contre la désertification, et des étudiants de 18 pays viennent au Ningxia pour apprendre ces techniques. La Mongolie et l’Arabie saoudite ont déjà collaboré avec des entreprises chinoises pour transférer le modèle de lutte contre la désertification de Kubuqi. À l’avenir, les technologies, les semis et les services de construction liés à la lutte contre la désertification pourront devenir des sources de revenus internationaux. À l’époque, lorsque des personnes comme Yin Yuzhen ont vendu leurs moutons pour acheter des semis, personne n’aurait imaginé que leur expérience acquise en travaillant dans le désert pourrait devenir un modèle exporté dans le monde entier.