Résumé en une phrase
Récemment, les éloges de Jia Zhangke envers les créateurs de séries courtes et les confessions de Wang Shuo sur son addiction aux vidéos courtes ont provoqué la colère d’un grand nombre de jeunes se revendiquant comme “artistes”, les qualifiant de “période sombre pour les artistes”. En réalité, il ne s’agit pas d’une simple défaillance d’un idole, mais plutôt de la rupture des anciennes règles qui prévalaient depuis des décennies, où l’élitisme était fondé sur un goût “niché”. Ces règles ont été directement mises en échec par la montée en puissance des contenus populaires, brisant ainsi les illusions de nombreux jeunes artistes.
---
Analyse en 4 points
1. La “défaillance” des artistes est en fait la perte de leur “canne d’appui”
Beaucoup pensent que la colère des artistes est due à la rupture de leur image idéale, mais ce n’est pas le cas : Jia Zhangke n’a jamais promis de ne regarder que des films artistiques et de ignorer les séries courtes, tout comme Wang Shuo n’a jamais dit qu’il ne regarderait jamais de vidéos courtes. Ces images d’élégance étaient simplement imposées par les artistes eux-mêmes. Pour eux, ces créateurs étaient des “garants” de leur supériorité esthétique. Mais maintenant que ces “garants” se sont ralliés aux contenus populaires, la mesure qui les distinguait des gens ordinaires est brisée, créant un sentiment de déception dix fois plus intense que la défaillance d’un idole ordinaire.
2. Le “jeu d’identité basé sur le goût niché” des artistes est obsolète
Autrefois, les artistes considéraient leur goût comme un moyen de se distinguer des autres : écouter de la musique underground plutôt que de la pop, regarder des films artistiques plutôt que des blockbusters commerciaux. Cependant, ces règles ne tiennent plus : les algorithmes déterminent désormais les tendances, et les millions d’utilisateurs influencent la valeur des contenus. Les séries courtes, autrefois considérées comme vulgaires, ont acquis une légitimité grâce à leur popularité. Le VIP card basé sur le goût niché est donc devenu inutile.
3. Personne n’a jamais dit qu’on ne pouvait pas avoir plusieurs goûts dans sa vie
Les artistes étaient enfermés dans leur propre cercle, croyant que leur élégance devait être constante. Mais en réalité, il est tout à fait normal d’avoir des préférences variées : regarder des films artistiques le week-end et des séries courtes le lundi. Ces deux activités ne s’excluent pas l’une de l’autre, tout comme manger de la cuisine française et des brochettes de viande de temps en temps. Auparavant, les deux mondes étaient séparés, mais maintenant, ces barrières sont tombées, révélant que l’élitisme est souvent une illusion auto-imposée.
4. L’ère de l’arrogance basée sur le mépris esthétique est révolue
Ce phénomène semble être une simple affaire de cercles culturels, mais il reflète en fait un changement majeur dans l’industrie du contenu. Auparavant, les élites définissaient ce qui était bon et ce qui était mauvais, et les artistes se contentaient de suivre ces normes pour se sentir supérieurs. Désormais, les algorithmes déterminent les tendances, et les goûts variés coexistent. Plus personne ne peut se prétendre supérieur en se basant sur des critères esthétiques.