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Shen Yifei de l'Université Fudan : Pourquoi faut-il d'abord dispenser une éducation sexuelle aux adultes ?

原文:复旦大学沈奕斐:为什么要先给成年人做性教育

Lorsque le simple geste de poser une épaule devient une expérience sociologique : pourquoi devenons-nous muets dans les relations intimes ?

En tant que journaliste observant depuis longtemps les phénomènes socio-économiques, la lecture de cet article sur le nouveau livre de l’enseignante associée Shen Yifei de l’Université Fudan, intitulé *L’Intimité, c’est mon choix*, m’a fait ressentir non seulement la sortie d’un ouvrage, mais aussi comme un véritable examen approfondi des difficultés émotionnelles des Chinois d’aujourd’hui.

L’essence de cet article est de répondre à une question qui trouble de nombreux adultes : Pourquoi, en grandissant, avons-nous l’impression de ne pas avoir appris à aimer ?

Par le biais d’une interaction simple consistant à poser une épaule, l’enseignante Shen Yifei a dévoilé les masques sociaux que nous portons habituellement, mettant en évidence de grandes zones d’ignorance concernant les frontières physiques, le pouvoir des genres et la compréhension de soi. Elle souligne que les relations intimes ne reposent ni sur les “sentiments” ni sur la “fortune”, mais sont plutôt un “cours obligatoire” que les adultes doivent réapprendre.

Pour que vous compreniez mieux cette logique, j’ai analysé l’article en cinq dimensions clés :

1. Ce moment de poser une épaule : pourquoi n’osons-nous pas dire “non” ?

L’interaction initiale, apparemment chaleureuse, est en fait le point le plus percutant de l’article.

Shen Yifei a demandé aux participants de poser leur main sur l’épaule d’une personne inconnue, et la plupart ont obéi après hésitation. Pourquoi ? Parce que dans le contexte actuel de la société, l’autorité et la conformité prévalent souvent sur les sentiments réels des individus.

  • Interprétation de la scène : Sur place, Shen Yifei était l’experte (l’autorité), et tout le monde a suivi son exemple (conformité). Même si vous vous sentiez mal à l’aise ou gêné, vous obéissiez instinctivement, car le coût d’un refus était trop élevé : vous pourriez paraître asocial ou manquer de respect envers l’experte.
  • Metaphore profonde : C’est la même situation que nous rencontrons souvent dans les relations intimes. Souvent, nous ne sommes pas vraiment “désireux”, mais nous perdons la capacité de dire “non” sous l’influence de structures de pouvoir (comme la pression des aînés, le chantage émotionnel de notre partenaire, les règles sociales implicites).
  • Point douloureux central : Shen Yifei veut nous faire comprendre que l’intimité véritable repose sur la liberté de refuser. Si même un simple geste comme poser une épaule nécessite de “deviner les intentions de l’autre”, alors les frontières physiques et émotionnelles dans cette relation sont probablement floues et dangereuses.

2. L’idée que les jeunes seraient “incapables d’aimer” est une fausse notion : ils ne veulent pas aimer, ils ont peur des risques

Sur Internet, on dit souvent que les jeunes d’aujourd’hui sont “incapables d’aimer”, qu’ils préfèrent “se débarrasser de tout” ou qu’ils ne veulent pas se marier. Mais Shen Yifei montre que c’est une grande erreur.

  • Vérité révélée : Les jeunes désirent en réalité fortement des relations intimes ; ils ne sont pas indifférents. Ce qui les décourage, c’est le coût élevé des erreurs et les modèles de relations déformés.
  • Superposition d’images négatives : Internet amplifie les côtés sombres des relations intimes. Infidélités, harcèlement sexuel au travail, manipulation émotionnelle, litiges liés aux dots exorbitantes… Ces nouvelles négatives font croire aux jeunes que “sortir avec quelqu’un = investir à haut risque”.
  • Déséquilibre des rôles : En particulier les jeunes femmes, qui ne veulent plus jouer le rôle traditionnel de “femmes attendant passivement le prince charmant pour les sauver”. Elles veulent l’égalité, mais l’environnement les oblige encore à suivre des schémas anciens (l’homme fort, la femme dépendante). Ce sentiment de déchirure entre “vouloir l’égalité” et “un environnement inégal” les rend confuses et effrayées.
  • Point de vue du journaliste : C’est comme après la crise boursière : les gens ne veulent pas investir, mais craignent d’être escroqués. Ce que les jeunes ont besoin, ce n’est pas d’être pressés de se marier, mais de “guides pour se protéger des arnaques” et de “manuels pratiques”.

3. Faites attention à la “mécanisation de soi” : derrière les dots, il y a un piège invisible pour la valeur des femmes

L’article aborde les sujets sensibles des “dots exorbitants” et de la “mécanisation de soi”. Shen Yifei rappelle que la mécanisation n’est souvent pas une transaction ouverte, mais une habitude sociale cachée dans la vie quotidienne.

  • Qu’est-ce que la mécanisation de soi ? En gros, c’est traiter soi-même comme un “produit”. Par exemple, se concentrer trop sur son apparence pour répondre aux normes du marché, ou sacrifier sa dignité dans une relation pour obtenir de la sécurité ou des avantages matériels.
  • Piège caché : Beaucoup de femmes ne réalisent pas qu’elles sont mécanisées, car cette idée leur a été inculquée depuis leur enfance : “Tu dois être douce”, “Tu dois prendre soin de la maison”, “Tu dois être belle”. Lorsque ces attentes sont internalisées, les femmes commencent à se juger selon des critères de “produit”, perdant ainsi leur subjectivité en tant qu’individus.
  • Clé de l’égalité : Shen Yifei souligne que l’égalité véritable ne consiste pas à écouter l’un ou l’autre, mais à respecter les volontés et les frontières de chacun. Si dans une relation, l’un des partenaires est constamment considéré comme une “ressource” ou un “outil” (que ce soit pour fournir de la valeur émotionnelle ou économique), alors la relation est déjà déviante.

4. Le fossé dans l’éducation sexuelle : nous avons appris aux enfants à se protéger, mais pas à aimer

Cette partie de l’article est particulièrement pertinente dans la réalité actuelle. L’éducation sexuelle en Chine présente un grave déséquilibre.

  • Mythes répandus : L’éducation sexuelle chez la plupart des parents et des écoles se limite à la “sécurité physique” : comment contracepir, éviter les grossesses, prévenir les maladies sexuellement transmissibles, protéger la vie privée. C’est comme enseigner aux enfants à “attacher leur ceinture de sécurité” sans leur expliquer les “règles de la route” ou les “techniques de conduite”.
  • Manque plus profond : Shen Yifei souligne qu’il y a un aspect encore plus important dans l’éducation sexuelle : la communication, les frontières, la confiance, les relations de pouvoir et la compréhension de soi.
  • Comment exprimer mes désirs ?
  • Comment savoir si l’autre enfreint mes frontières ?
  • Comment rester soi-même dans une relation sans être absorbé ?
  • Comment comprendre les inégalités de pouvoir liées aux différences de genre ?
  • Effets néfastes de la peur du sexe : En raison du manque de connaissances des parents, l’éducation sexuelle se transforme souvent en “éducation à la peur” (comme “sortir trop tôt peut ruiner ta vie”, “le sexe est sale”). Cela conduit les enfants à ressentir de la honte et de la peur à l’égard du sexe, empêchant eux de développer une vision saine du corps et des relations.

5. Pourquoi commencer par les adultes ? Parce que les “parents” sont les premiers enseignants des enfants

Finalement, Shen Yifei a fait un choix contre-intuitif : bien que de nombreuses maisons d’édition aient souhaité qu’elle écrive des livres pour les jeunes, elle a insisté pour écrire d’abord pour les adultes.

  • Chaîne de raisonnement :

1. Les enfants sont le miroir de leurs parents. Si les parents ont eux-mêmes de mauvaises perceptions et de la honte à l’égard de leur corps, de leurs désirs et de leurs frontières, comment pourraient-ils enseigner quelque chose de sain à leurs enfants ?

2. L’éducation n’est pas seulement “dire aux enfants quoi faire”, mais aussi un processus de croissance personnelle pour les parents.

3. Seuls les adultes, en clarifiant leurs propres modèles de relation et en brisant les schémas négatifs transmis de génération en génération, peuvent vraiment aider la prochaine génération à développer de bonnes notions.

  • Objectif du livre : *L’Intimité, c’est mon choix* n’a pas pour but d’enseigner comment “contrôler” son partenaire ou comment prendre l’ascendant dans une relation. Au contraire, il s’agit d’apprendre à devenir le sujet de son propre corps et de ses relations.
  • Subjectivité : Cela signifie avoir le droit de comprendre son propre corps, de exprimer ses sentiments, de dire “je veux” ou “je ne veux pas”, et que ces volontés soient respectées.
  • Objectif ultime : Shen Yifei souhaite construire un pont pour transformer les “douleurs personnelles” (comme les ruptures amoureuses, les mariages malheureux) en “questions publiques” (comme l’égalité des genres, le soutien social). Elle veut montrer à chacun que **les relations intimes peuvent être abordées de manière rationnelle et gérées scientifiquement*. Bien les gérer n’est pas pour plaire aux autres, mais pour devenir une personne plus complète et plus libre.

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Conclusion du journaliste

Cet article semble promouvoir un livre, mais il appelle en réalité à une “mouvement d’éveil émotionnel pour les adultes”.

Dans un monde au rythme rapide, à la pression élevée et aux informations fragmentées, nous sommes très doués pour gérer le travail et l’argent, mais nous sommes maladroits dans les relations humaines les plus complexes et les plus intimes. L’enseignante Shen Yifei nous montre avec une perspective sociologique que les relations intimes ne sont pas de la mystique, ni un destin inévitable, mais une compétence qui peut être apprise, améliorée et gérée.

Pour le grand public, comprendre ce livre signifie :

1. Récupérer le droit de parole : apprendre à dire “non” confortablement dans une relation, tout en disant “oui” avec sérénité.

2. Briser les mythes : ne plus être manipulé par des concepts obsolètes tels que les dots, la chasteté ou les rôles de genre traditionnels.

3. Se soigner soi-même : comprendre que nos confusions ne sont pas des défauts personnels, mais le résultat de structures sociales et d’habitudes culturelles, et ainsi acquérir la force de changer.

Comme le dit Shen Yifei, **comprendre et gérer les relations intimes peut nous aider à devenir des personnes plus complètes*. C’est peut-être le “vaccin spirituel” dont nous avons le plus besoin dans cette société atomisée.