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L’Inde accélère de manière folle son expansion dans le secteur photovoltaïque : a-t-elle vraiment volé l’industrie chinoise ?

原文:印度光伏疯狂扩产,真的抢走中国产业了吗?

L’industrie photovoltaïque indienne “dépasse-t-elle la Chine” ? Ne vous inquiétez pas trop, comprenez d’abord la logique derrière ce “déplacement massif de capacités”

Bonjour à tous, je suis votre analyste financier. Récemment, un sujet a fait beaucoup de bruit sur Internet, et même un peu de “peur” : on dit que l’industrie photovoltaïque indienne augmente sa production de manière folle, multipliant ses capacités par 17 en 8 ans, tandis que les géants chinois du secteur perdent de l’argent. Est-ce que l’Inde “prend” l’industrie chinoise ? Les entreprises chinoises “aident-elles l’adversaire” ?

Pour vous rassurer, les choses ne sont pas si simples, et ce n’est pas si effrayant non plus. Il s’agit plutôt d’un effet secondaire de l’“excès de capacités” en Chine, plutôt que d’une attaque délibérée de l’Inde.

Pour que vous compreniez mieux, j’ai analysé cet article approfondi d’un think tank indien en cinq points, pour vous expliquer clairement la situation.

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Premier point : Pourquoi la panique s’est-elle emparée des gens ? À cause du contraste trop frappant

Avant, les relations entre l’Inde et la Chine dans le domaine de la photovoltaïque étaient simples : la Chine fabriquait, l’Inde achetait. Nous étions les vendeurs, ils étaient les acheteurs, et tout allait bien.

Mais récemment, la situation a changé.

  • De l’Inde : La capacité de production de composants photovoltaïques est passée de moins de 10 gigawatts (GW) en 2018 à environ 172 gigawatts prévus pour 2026. Quelle est cette somme ? Elle équivaut presque à la totalité de la nouvelle installation mondiale annuelle. L’Inde est passée d’un simple acheteur à la deuxième plus grande nation manufacturière au monde.
  • De la Chine : Les entreprises leaders (comme Longi, Jinko, Trina, etc.) ont commencé à perdre de l’argent à partir de la fin de 2023. En 2025, 11 des 15 entreprises cotées en bourse ont subi des pertes, pour un total de 50 milliards de yuans.

Ce contraste marqué entre la prospérité de l’Inde et les pertes des géants chinois a provoqué une forte réaction dans l’opinion publique. Beaucoup pensent que les entreprises chinoises ont envoyé leur équipement, leur technologie et leurs ingénieurs en Inde, nourrissant ainsi leur concurrent. Cela serait une forme de “aide à l’adversaire”.

Commentaire du journaliste : Cette réaction est compréhensible, mais elle reflète un peu le “biais du survivant”. Nous ne voyons que l’augmentation rapide des capacités en Inde, sans tenir compte du fait que cela est dû à une offre chinoise excessive et à une concurrence féroce.

Deuxième point : Pourquoi les entreprises chinoises vont-elles en Inde ? Parce qu’elles ne peuvent plus survivre sur leur marché national

Beaucoup se demandent : pourquoi les entreprises chinoises vendent-elles de l’équipement en Inde, sachant qu’elles vont concurrencer les entreprises indiennes ? La réponse est brutale : parce qu’elles ne peuvent pas survivre autrement sur leur marché national.

C’est comme un marché où il y a trop de vendeurs et les produits sont trop bon marché ; chaque vente est déficitaire.

  • À quel point l’excès de capacités est-il grave ? La capacité de production de composants photovoltaïques en Chine dépasse 1100 gigawatts, mais la consommation mondiale n’est que de 600 gigawatts par an. La capacité de production de silicium polycristallin est de 3,5 millions de tonnes, alors que le marché mondial n’en nécessite que 1,4 million de tonnes. En d’autres termes, plus de la moitié de notre production est inutilisée.
  • À quel point la guerre des prix est-elle désastreuse ? Le prix des composants a chuté en dessous du coût de production (0,7 yuane par watt). De nombreuses usines fonctionnent avec un taux d’utilisation inférieur à 60 %, et chaque vente est déficitaire. De plus, le prix de l’argent a doublé en 2025, augmentant encore les coûts et réduisant les profits.

Dans ce contexte de concurrence féroce, les commandes nationales ne suffisent pas, et les prix continuent de baisser. C’est alors que l’Inde tend la main : “Je veux acheter votre ligne de production complète.”

  • Calcul des coûts : Vendre des composants en Chine peut entraîner des pertes ; mais vendre une ligne de production complète en Inde peut rapporter un profit de plus de 35 %.
  • Conclusion : Pour une entreprise individuelle, c’est une “branche de sauvetage”. Bien que cela puisse favoriser la croissance de la concurrence à long terme, sur le court terme, survivre est plus important que tout. C’est un exemple typique de “dilemme d’action collective” : chaque entreprise veut vendre son équipement pour se renflouir, et finalement, elles envoient toutes leur capacité en Inde.

Troisième point : L’Inde peut-elle vraiment remplacer la Chine ? Ne surestimez pas, elle n’est qu’une “usine d’assemblage de haut niveau”

Bien que les chiffres de production indiens soient impressionnants, il faut voir la réalité de leur industrie. Actuellement, l’industrie photovoltaïque indienne est encore très dépendante et est loin de pouvoir remplacer la Chine.

  • L’industrie en amont est presque inexistante : La chaîne de production photovoltaïque est très longue, allant du sable au silicium polycristallin, en passant par les wafers de silicium et les composants. L’Inde est forte uniquement dans l’assemblage des composants.
  • Silicium polycristallin : La capacité indienne est d’environ 2 gigawatts, et plus de 90 % est importée (principalement de Chine).
  • Wafers de silicium : L’Inde est encore au début de son développement, avec une capacité très limitée.
  • Composants : La capacité indienne est d’environ 30 gigawatts, soit moins d’un sixième de sa propre capacité de production de composants.
  • Dépendance aux équipements chinois : Les équipements clés pour la fabrication de composants photovoltaïques, tels que les fours monocristallins et les machines de revêtement PECVD, sont pour plus de 85 % importés de Chine.
  • Risques commerciaux : Les exportations indiennes de composants dépendent fortement du marché américain. Si les États-Unis imposent de nouvelles taxes (comme sous la politique “Trump 2.0”), les exportations indiennes en seraient gravement affectées.

Commentaire du journaliste : L’Inde est actuellement comme une “usine de sous-traitance de haut niveau”, assemblant des produits finis à partir des matières premières et des équipements chinois. Elle ne contrôle pas les matériaux en amont ni les technologies de pointe. Donc, dire qu’elle “prend l’industrie chinoise” est un peu exagéré ; dire qu’elle est un “concurrent potentiel” est plus juste.

Quatrième point : La Chine commence à “réagir” : de la “libéralisation” à la “régulation”

Face à cet exode industriel, le gouvernement chinois et l’industrie n’ont pas restés inactifs ; ils ont commencé à prendre des mesures pour combler les lacunes.

1. Contrôles sur les exportations : Les équipements de production de composants photovoltaïques ont été inclus dans le “Catalogue de gestion des licences d’importation et d’exportation de biens et technologies à double usage”. Cela signifie que si vous voulez acheter nos équipements de pointe, vous devez obtenir une autorisation et cela dépendra de la situation.

2 Annulation des remboursements fiscaux sur les exportations : À partir du 1er avril 2026, les remboursements fiscaux sur les exportations de produits photovoltaïques ont été supprimés. Cette mesure est sévère, augmentant directement les coûts d’exportation et forçant les entreprises à améliorer la valeur ajoutée de leurs produits ou à réduire les exportations de produits de bas de gamme.

3 Ajustement stratégique : Les autorités encouragent les entreprises à éviter les guerres des prix et à ne pas sacrifier la sécurité industrielle à court terme pour survivre. Elles doivent se diriger vers les segments à plus haute valeur ajoutée de la chaîne de valeur, plutôt que de se concentrer sur le prix le plus bas.

4 Action en justice internationale : La Chine a déjà porté plainte auprès de l’OMC contre les mesures discriminatoires de l’Inde concernant les cellules solaires, les composants et les produits informatiques.

Commentaire du journaliste : Ces actions montrent que la Chine a conscience des risques liés à l’“excès de capacités” et commence à passer d’une politique de “libéralisation des exportations” à une approche plus régulée. Cependant, cela prend du temps, et l’efficacité dépendra de la capacité de l’industrie indienne à combler ses lacunes.

Cinquième point : Une inquiétude plus profonde : la photovoltaïque n’est que le début… Les batteries et les voitures électriques suivront-elles le même chemin ?

C’est là que les stratèges chinois sont vraiment inquiets. La photovoltaïque n’est qu’un exemple ; l’Inde répète en fait le chemin de développement de la Chine : en utilisant des subventions politiques, des tarifs douaniers et en accueillant des capacités industrielles transférées, elle cherche à établir rapidement son propre système industriel.

  • Méthodes politiques similaires : L’Inde met en place des “plans d’incitation à la production” (PLI), augmente les tarifs douaniers et impose des conditions d’accès à la fabrication locale, des mesures très similaires à celles utilisées par la Chine pour soutenir l’industrie photovoltaïque et des voitures électriques.
  • Risques de propagation : Si cette approche est efficace, l’Inde pourrait ensuite appliquer la même stratégie dans les domaines de l’stockage d’énergie, des batteries et même des voitures électriques.
  • Actuellement, les entreprises chinoises qui construisent des usines en Inde en tirent de grands bénéfices.
  • Mais dans quelques années, l’Inde pourrait également disposer d’une chaîne de production complète de batteries et concurrencer la Chine.
  • Window de temps : La Chine a mis 20 à 30 ans pour industrialiser, tandis que l’Inde cherche à raccourcir ce processus à 10 à 15 ans. Le temps disponible pour que la Chine s’ajuste est donc plus restreint.

Commentaire du journaliste : C’est là le véritable “point faible”. L’économie chinoise fait face à une faible demande intérieure et à un excès de capacités structurel. Si plusieurs secteurs (photovoltaïque, batteries, voitures électriques) connaissent à la fois une concurrence féroce et un exode industriel, l’impact sur l’économie chinoise sera systémique.

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Conclusion : Comment voir cette “bataille industrielle entre la Chine et l’Inde” ?

1. Il s’agit pas d’une “prise de l’industrie”, mais d’un effet secondaire : les entreprises chinoises se rendent en Inde pour éliminer l’excès de capacités et survivre, et non pour aider l’adversaire.

2. L’Inde a du potentiel, mais pas de force réelle : bien que son industrie photovoltaïque se développe rapidement, elle est encore dépendante des équipements chinois et ne peut pas remplacer la Chine dans la chaîne d’approvisionnement mondiale à court terme.

3. La Chine s’est réveillée et commence à réguler : par des contrôles sur les exportations, l’annulation des remboursements fiscaux et des actions en justice, elle cherche à équilibrer la survie des entreprises avec la sécurité industrielle.

4. Faites attention aux “dépendances stratégiques” : La photovoltaïque n’est que le début. La Chine doit se méfier que l’Inde ne reproduise le même modèle dans les secteurs des batteries et des voitures électriques, et accélérer la transformation de sa structure économique pour résoudre les problèmes d’excès de capacités.

Conseil pour le grand public :

Il n’est pas nécessaire de paniquer outre mesure quant à la “fin de l’industrie photovoltaïque chinoise”, mais il faut reconnaître que l’ère où “le prix bas est un avantage” est révolue. À l’avenir, que ce soit la Chine ou l’Inde, ce qui comptera, ce sera la technologie, l’efficacité et la complétude de la chaîne industrielle. Pour les investisseurs, il est plus important de se concentrer sur les entreprises qui contrôlent réellement les matériaux clés et les équipements de pointe, et qui ont une stratégie mondiale, plutôt que de se baser uniquement sur les chiffres de production.