虎嗅

Lire dans une université de premier plan (classe 985) à 50 kilomètres du centre-ville : dès que vous lèvez les yeux, vous êtes face à l’immensité des champs.

原文:在市区50公里外读985,一抬头就是旷野

Bonjour ! Je suis votre ami, économiste et journaliste spécialisé dans l'analyse des nouvelles financières et commerciales. Aujourd'hui, nous allons parler non pas des graphiques de K-line ni de la croissance du PIB, mais d'une histoire vraie sur “l'espace, l'éducation et le destin individuel”.

Cet article, tiré du magazine *New Weekly*, se concentre sur le campus de Yuzhong de l'Université de Lanzhou, surnommé par les internautes le “985 le plus solitaire”. Il s'agit non seulement d'un essai sur la vie universitaire, mais aussi d'un exemple remarquable pour observer le processus d'urbanisation en Chine, l'allocation des ressources éducatives et la façon dont les jeunes individus s'adaptent dans ce contexte plus large.

Voici une analyse en français simple pour vous expliquer la logique derrière cette nouvelle et ce que ce célèbre campus “éloigné” signifie réellement.

Résumé des points clés

En bref, cet article raconte l'histoire des étudiants du campus de Yuzhong de l'Université de Lanzhou (situé dans les banlieues de Lanzhou, à 47 kilomètres du centre-ville), qui luttent et grandissent entre la “désolation” et la “paix”, le “manque de ressources” et une “richesse spirituelle”.

Bien que l'université soit une institution de premier plan du réseau “985”, son emplacement géographique éloigné entraîne des inconvénients tels qu'une faible commodité de vie, peu d'opportunités d'entraînement et un cercle social restreint. Cependant, cette “isolement” a créé par hasard une atmosphère académique pure et un rythme de vie axé sur l'exploration intérieure. Finalement, après avoir profité de l'honneur de faire partie d'une université de renom et d'un enseignement de qualité, la plupart des étudiants choisissent de quitter Lanzhou pour chercher de meilleures opportunités dans des villes plus grandes. Cela reflète le fait que, dans le cadre d'une urbanisation rapide, les “avantages spatiaux” offerts par le déplacement des universités ne se sont pas entièrement réalisés, et la question de savoir comment les individus peuvent maximiser leur valeur avec des ressources limitées est devenue une nouvelle forme de sagesse pour survivre.

---

Analyse approfondie : cinq dimensions détaillées

1. **Les inconvénients géographiques : pourquoi une université devrait-elle être construite dans un endroit isolé ?**

La première réaction de nombreux lecteurs pourrait être : “Comment une université de premier plan peut-elle être située dans un endroit aussi reculé ? N'a-t-elle pas les moyens ?” En réalité, cela reflète un phénomène courant dans l'expansion de l'enseignement supérieur en Chine au cours des vingt dernières années, ainsi que des dilemmes de planification urbaine.

  • Coûts du terrain et besoins d'expansion : Après l'augmentation du nombre d'étudiants en 1999, les anciens campus (généralement situés en centre-ville) étaient trop petits et le coût de l'agrandissement trop élevé. Ainsi, construire de nouveaux campus dans les banlieues, à des prix plus abordables, est devenu la solution pour la plupart des universités. Le campus de Yuzhong de Lanzhou est le résultat de cette logique.
  • L'ambition initiale des “villes universitaires” et ses échecs : Les gouvernements espéraient que les universités stimuleraient le développement des environs, créant un modèle où “l'université précède la ville” (comme Zhongguancun à Pékin ou Minhang à Shanghai). Mais à Lanzhou, en raison des contraintes géographiques (deux montagnes entourant une rivière) et des ajustements dans la planification des nouveaux districts nationaux (le nouveau district de Lanzhou), le comté de Yuzhong n'est pas devenu le nouveau centre dynamique attendu et est resté un coin “oublié”.
  • La disparité entre les attentes et la réalité : L'université s'est développée, mais les infrastructures commerciales, de transport et culturelles environnantes n'ont pas suivi. Cela a créé une situation embarrassante : on dispose de ressources académiques de niveau mondial, mais la vie quotidienne est celle d'un petit bourg.

2. **Les contraintes de la vie : comment les 47 kilomètres changent-t-ils la mentalité des jeunes ?**

Pour les étudiants qui étudient en centre-ville, se promener, visiter des expositions ou faire des stages le week-end est une activité naturelle. Pour ceux du campus de Yuzhong, chaque voyage en ville est une “expédition”.

  • Le coût élevé du temps : Un trajet aller-retour de 2 heures. Cela signifie que faire un bon repas ou aller au cinéma en ville représente un investissement considérable en temps. L'article mentionne qu'une étudiante devait planifier à l'avance pour prendre le dernier bus et a même renoncé à l'idée de sortir en ville par peur des complications.
  • La perte de curiosité et le développement prématuré : Lorsque les nouvelles expériences deviennent difficiles à obtenir, la curiosité des gens peut s'estomper. Les étudiants sont contraints de se concentrer dans un espace universitaire limité, ce qui les rend parfois plus “mûrs” ou plus “mélancoliques” que leurs contemporains. Cela n'est pas dû à leur personnalité, mais au contexte dans lequel ils vivent.
  • Les compromis sur la qualité de vie : Le marché interne de l'université, bien qu'il réponde aux besoins de base, est bruyant et délabré. Ces détails de la vie quotidienne rappellent constamment aux étudiants qu'ils ne sont pas dans une ville prospère, mais sur une “île” à s'adapter.

3. **Les inégalités de ressources : les désavantages cachés derrière l'honneur d'une université de premier plan**

Beaucoup ne voient que l'étiquette “985”, mais ignorent l'impact caché de l'emplacement géographique sur le développement professionnel. C'est ce qu'on appelle en économie l’asymétrie d'information et le accès aux ressources.

  • Manque d'opportunités d'entraînement : Dans les grandes villes, les étudiants de troisième année peuvent facilement trouver des stages dans de grandes entreprises. À Yuzhong, il y a peu d'entreprises et de sièges sociaux à proximité, obligeant les étudiants à se rendre en ville ou même ailleurs. Cela peut manquer à leur CV des expériences professionnelles fréquentes et proches.
  • Les différences dans les ressources pédagogiques : L'article souligne que les jeunes enseignants des universités du nord-ouest ont souvent moins d'expérience que ceux des universités de l'est. Cela est dû non seulement aux capacités individuelles, mais aussi aux inégalités dans la mobilité des talents. Les talents les plus qualifiés préfèrent rester dans les grandes villes où les ressources sont plus abondantes et la vie plus confortable, limitant ainsi les capacités des campus éloignés en termes d'enseignement.
  • Les inquiétudes pour la compétitivité professionnelle : Si deux étudiants sont similaires, celui qui a fait des stages dans des villes comme Pékin, Shanghai, Guangzhou ou Shenzhen aura un avantage sur celui qui a étudié dans un campus isolé. Les entreprises privilégient généralement le premier, car il est considéré comme plus “socialisé” et mieux informé sur les tendances du secteur. C'est un “péché originel” lié à l'emplacement géographique, et les étudiants doivent faire des efforts supplémentaires (comme des stages à distance ou des stages intensifs en été) pour compenser.

4. **Le refuge spirituel : comment la solitude se transforme en concentration ?**

Il y a toujours une autre face à la médaille. Puisque l'on ne peut pas changer l'environnement, il faut l'utiliser à son avantage. Pour certains étudiants, cette “solitude” est même un atout concurrentiel.

  • Une atmosphère académique pure : Sans le bruit des bars nocturnes ou les interactions sociales complexes, les étudiants peuvent se concentrer plus facilement sur leurs études et leurs travaux de laboratoire. Comme le dit Wei Xiang, “La beauté des montagnes ne gâche pas l'ambiance idéale pour étudier”. Ici, la concurrence se concentre davantage sur les études que sur les relations sociales.
  • Plus de temps pour se questionner : Lorsque les choix extérieurs sont limités, les gens ont plus de temps pour réfléchir à “qui je suis” et “ce que je veux”. Le changement d'attitude d'une étudiante, qui détestait le marché interne de l'université pour y regretter les délices locaux, et la réflexion d'un autre étudiant après des échanges, montrent que cet environnement les pousse à un dialogue intérieur profond.
  • Des relations plus simples : Dans un environnement où les ressources sont rares, la concurrence néfaste est moindre, et les relations entre camarades de classe sont souvent plus sincères et plus solides. Ce soutien émotionnel est un rempart important face à la pression académique.

5. **Le choix final : choisir l'avenir avec les pieds**

Le moment le plus poignant et le plus réaliste de l'article est la conclusion : peu importe à quel point les étudiants sont reconnaissants pour l'éducation et le soutien spirituel offerts par l'Université de Lanzhou, aucun d'entre eux ne choisit de rester à Lanzhou.

  • Des décisions rationnelles : Pour les jeunes, l'université est un point de départ, pas une destination finale. Ils savent bien que leur développement professionnel, la commodité de vie et la planification familiale nécessiteront des villes plus grandes (comme Pékin, Shanghai ou la capitale de leur province). L'emplacement géographique de Lanzhou représente un obstacle insurmontable pour leur développement à long terme.
  • La généralisation de l'état d'esprit de “passant” : Cela reflète un phénomène courant dans l'enseignement supérieur chinois : les universités sont des “trampolines”, pas des lieux de résidence permanente. Les étudiants utilisent la plateforme de l'université pour obtenir une formation, des connaissances et une vision du monde, puis se déplacent rapidement vers des villes plus riches en ressources. Ce mouvement de talents est le résultat inévitable de l'allocation des ressources par le marché.
  • La réflexion sur l'essence de l'université : L'article se termine par une question : l'université est-elle vraiment un lieu d'apprentissage ou un lieu de connexion sociale ? Le campus de Yuzhong de Lanzhou offre un endroit d'apprentissage de premier plan, mais pas encore de liens sociaux suffisants. Les étudiants y construisent leur identité avant de s'intégrer dans le monde extérieur.

Conclusion

L'histoire du campus de Yuzhong de l'Université de Lanzhou n'est pas une histoire de “échec”, mais une histoire d’adaptation et de dépassement.

Elle nous rappelle que lorsqu'on évalue une université ou une ville, il ne faut pas se fier seulement au PIB ou aux classements, mais aussi à la “justice spatiale” – c'est-à-dire si les gens ordinaires ont accès égal aux ressources de développement. Pour les jeunes étudiants des campus éloignés, ils ont peut-être perdu la prospérité de la ville, mais ils ont gagné la tranquillité intérieure et une base solide.

Comme l'a dit l'étudiante Xiao Dian : “La capacité d'adaptation des gens est vraiment incroyable.” Même dans un environnement imparfait, il est possible de développer une force vitale. C'est peut-être la leçon la plus profonde que nous devrions tirer de cette nouvelle.