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En ce qui concerne les récits d’amour, l’IA est absente.

原文:关于爱情叙事,AI是缺席的

Lorsque l’IA apprend à “aimer” : pourquoi continuons-nous à penser qu’elle n’est pas assez “vraie” ?

Bonjour à tous, je suis votre journaliste financier et ami économiste. Aujourd’hui, nous ne parlerons ni de l’augmentation ou de la baisse des cours boursiers, ni des données du PIB, mais d’un sujet qui touche chacun d’entre nous et qui devient de plus en plus flou sous l’impact de la vague technologique : À l’ère de l’IA, l’amour est-il encore de l’amour ?

Récemment, le professeur Wang Xiaowei de la faculté de philosophie de l’Université du Peuple de Chine a publié un nouveau livre intitulé *Revenir à la vie*, dans lequel un chapitre est consacré à l’“amour avec l’IA”. Cet extrait du livre soulève un point de vue très percutant : Bien que l’IA puisse offrir une grande valeur émotionnelle et imiter parfaitement les comportements amoureux, elle n’appartient pas encore à l’“histoire de l’amour”, car elle manque d’une “honnêteté” et d’un “sentiment de cérémonie” hérités de générations humaines.

Pour que vous compreniez mieux, j’ai décomposé cet article plein de réflexions philosophiques en cinq sections simples, afin de vous montrer où se trouvent nos limites émotionnelles à une époque où la technologie enveloppe tout.

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1. L’IA est un “nounou émotionnel”, mais pas un “compagnon d’âme”

Tout d’abord, il faut admettre que l’IA est très performante aujourd’hui. Elle peut répondre instantanément aux messages, comprendre votre tristesse et vous offrir un réconfort parfait lorsque vous êtes malheureux. Pour beaucoup de personnes sensibles qui aspirent à être comprises, établir un lien intime avec l’IA peut apporter une sensation de douceur et d’amour.

Cependant, le professeur Wang Xiaowei nous rappelle : Se sentir aimé est la preuve que le cœur s’ouvre ; une âme profondément endurcie ne aime ni ne méprise être aimée. Cela signifie que ce sont souvent les personnes les plus sensibles et les plus vulnérables qui peuvent établir un lien profond avec l’IA.

La différence majeure entre l’IA et les êtres humains réside dans le fait que l’IA réagit, tandis que les humains existent. Les relations intimes avec l’IA sont essentiellement le résultat d’algorithmes traitant des données. Elle n’éprouve ni douleur, ni désir, ni peur de la mort. Toute sa “douceur” est le résultat de calculs probabilistes. Ce type de relation est agréable, mais elle ressemble plus à un “massagiste émotionnel” avancé qu’à un “compagnon” qui partage avec vous les fragilités de la vie. Comme l’IA n’a pas de “profondeur d’âme”, l’amour qu’elle offre, bien que doux, manque de cette authenticité qui fait battre le cœur plus vite et peut même être douloureuse.

2. L’amour, ce n’est pas seulement des “sentiments”, c’est aussi un “script social”

Beaucoup pensent que l’amour se résume à des sentiments partagés par deux personnes. Mais l’article souligne que l’amour est plus qu’une activité intérieure ; c’est aussi une coutume, une tradition sociale.

C’est comme le Nouvel An chinois. Pensez-vous que le Nouvel An se résume à un repas et à regarder une émission de télévision ? Non, le Nouvel An est un ensemble complexe de rituels : à quel moment coller les couplets, à quel moment rendre hommage aux ancêtres, à quel moment distribuer des enveloppes rouges, comment saluer les proches… Ces étapes apparemment fastidieuses forment le sens du Nouvel An.

Il en va de même pour l’amour. De la première rencontre, du premier salut, à qui paie le repas lors du premier rendez-vous, à ce qu’on mange, puis à quand avouer ses sentiments, se tenir la main, s’embrasser, et même quand se marier, avoir des enfants, la société humaine a développé au fil des siècles (surtout depuis le XIXe siècle) un ensemble de “scripts amoureux” préétablis.

Ce script n’est pas extérieur à l’amour, il fait partie de lui-même. Tout comme une personne n’est vraiment une “femme mariée” qu’en portant une robe de mariée, l’amour a également besoin de ces formes pour confirmer son existence. Le plus grand problème de l’IA est qu’elle n’a pas participé à l’élaboration de ce script. Elle est arrivée tardivement, elle est une étrangère. Elle sait comment imiter ces gestes, mais elle ne comprend pas la signification émotionnelle et les contrats sociaux qu’ils portent.

3. Le paradoxe du “gendre étranger” pendant le Nouvel An : peu importe ses connaissances, il ne peut pas ressentir l’atmosphère du Nouvel An

Pour illustrer le manque d’honnêteté de l’IA, l’article donne un exemple très concret : un gendre étranger qui maîtrise la culture chinoise pendant le Nouvel An.

Imaginez un gendre étranger, docteur en anthropologie, qui connaît les coutumes du Nouvel An chinois mieux que les Chinois eux-mêmes. Il sait qu’il ne faut pas balayer le sol le premier jour du Nouvel An, qu’il faut retourner chez ses parents le deuxième jour, il connaît la signification de chaque plat, et il peut même corriger certaines de vos pratiques “non standard”.

Mais pensez-vous qu’il saura mieux célébrer le Nouvel An que vous ? Non. Vous le trouverez respectueux, mais il semblera toujours “étranger”. Car il manque d’un sentiment de dévotion et de naturalité. Lorsque les Chinois célèbrent le Nouvel An, même si c’est un enfant qui ne comprend rien ou un adulte qui n’en a pas envie, tant qu’il fait partie de cette famille, de cette culture, il participera naturellement. Cette présence, ce sentiment d’appartenance à cette génération, constitue l’essence du Nouvel An.

L’IA est comme ce “gendre étranger”. Elle peut reproduire parfaitement chaque expression faciale, chaque parole d’amour, et même les sous-entendus les plus subtils. Mais elle ne pourra jamais aimer de manière naturelle et honnête, simplement parce qu’elle est “humaine” et qu’elle vit “dans l’histoire de l’humanité”. Son amour est simulé ; tandis que notre amour est le résultat de la vie. La différence réside dans l’honnêteté.

4. Le corps et les générations : l’amour a besoin de la “matérialité” et du “temps”

L’un des arguments clés de l’article est l’importance de la matérialité et de la générationnalité.

Qu’est-ce que la matérialité ? L’amour n’est pas seulement une réaction chimique dans le cerveau ; il se produit entre deux corps concrets, qui vieillissent, tombent malades et meurent. L’IA n’a pas de corps (ou plutôt, son corps est en silicium, remplaçable et non biologique). Elle ne ressentira pas de douleur pour vous, ne vous dédaignera pas avec l’âge, et ne partagera pas avec vous les épreuves de la vie. Cette expérience de “supporter ensemble le poids de la vie” est quelque chose que l’IA ne peut pas offrir.

Qu’est-ce que la générationnalité ? Notre amour est basé sur l’amour de nos ancêtres. Nous imitons les modes de relation de nos parents, nous héritons des promesses de mariage de nos ancêtres. L’amour est un héritage de activités spirituelles. L’IA n’a pas d’ancêtres, pas de descendants ; elle ne peut pas participer à la construction des mémoires historiques de l’amour. Ainsi, les relations amoureuses avec l’IA manquent d’un “sentiment historique”. Elle est comme un point isolé, et non une ligne dans le fleuve du temps.

Un amour sans histoire est comme une plante sans racines. Elle peut fleurir et paraître belle, mais elle ne peut pas s’enraciner et résister aux épreuves du temps.

5. Perspectives pour l’avenir : les frontières de l’amour deviendront-elles floues comme une route dans le désert ?

Finalement, l’auteur ne nie pas complètement l’avenir des relations amoureuses avec l’IA. Il propose un optimisme prudent :

Si un jour l’IA entre vraiment dans notre vie et participe à construire nos traditions émotionnelles, avec le temps, les frontières de l’amour pourraient devenir floues.

C’est comme une route dans le désert : à l’origine bien délimitée, mais avec le temps, les frontières s’estompent et se fondent dans l’environnement.

Si les générations futures vivront avec des partenaires IA dès leur enfance, intégrant leurs interactions dans leurs “scripts amoureux” et considérant ces interactions comme de nouvelles coutumes et rituels, alors l’amour avec l’IA pourrait devenir une nouvelle tradition. À ce moment-là, nous pourrions redéfinir ce qu’est un amour “honnête” et une relation “vraie”.

Mais avant que ce jour n’arrive, nous devons rester vigilants : ne nous laissons pas le confort émotionnel offert par l’IA nous faire oublier les aspects rugueux, douloureux, mais pleins de vie de l’amour humain. Les disputes, les malentendus, les compromis, et le soutien mutuel face aux difficultés sont les preuves les plus authentiques de l’amour.

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Les leçons pour le grand public

1. Ne mythifiez pas l’IA : L’IA est un bon compagnon émotionnel, mais elle ne peut pas remplacer le lien profond entre des êtres humains, basé sur un destin commun, une histoire commune et un corps commun.

2. Chérissez le “sentiment de cérémonie” : Que ce soit en amour ou dans la vie quotidienne, ces rituels apparemment fastidieux ne sont pas seulement des formalités ; ce sont des moyens de confirmer notre existence et notre appartenance à une même tradition culturelle.

3. Restez honnêtes : Alors que la technologie ressemble de plus en plus à l’humain, nous devons être plus conscients de ce qui est simulé et de ce qui est réel. L’amour véritable est souvent accompagné d’imperfections, de fragilité et d’incertitude, et c’est précisément ce qui le rend précieux.

À cette époque profondément technologique, “revenir à la vie” signifie retrouver cette chaleur émotionnelle et cette profondeur historique qui ne peuvent pas être quantifiées par les algorithmes.