虎嗅

Ne vous précipitez pas pour qualifier le secteur photovoltaïque de « secteur avantageux », ni pour le condamner à l’avance.

原文:别急着说光伏“利鸟”,也别急着定罪

Sous les panneaux photovoltaïques : les oiseaux sont-ils plus nombreux ou moins nombreux ? Une découverte “contre-intuitive” d’un universitaire slovaque

Bonjour à tous, je suis votre journaliste financier. Aujourd’hui, nous allons aborder un sujet qui semble “sophistiqué” mais qui concerne en réalité le ciel bleu au-dessus de nos têtes et la terre sous nos pieds : les centrales photovoltaïques (panneaux solaires) sont-elles bénéfiques ou néfastes pour les oiseaux ?

Récemment, le monde scientifique international a été divisé. D’un côté, une étude majeure publiée dans la revue Science affirme que l’installation à grande échelle de panneaux photovoltaïques en Chine a entraîné une diminution de la diversité des oiseaux ; de l’autre, l’équipe du Dr Benjamín Jarčuška de l’Académie des sciences slovaques a publié une thèse dans la revue Journal of Environmental Management avec une conclusion complètement opposée : en Slovaquie, les centrales photovoltaïques ont même augmenté le nombre d’espèces d’oiseaux !

C’est comme si deux personnes regardaient le même film et que l’une disait “c’est terrible” et l’autre “c’est génial”. Qui a raison ? Ou bien regardent-elles le même film ?

Pour clarifier la situation, le site Observers.net a interviewé cet universitaire slovaque. Il n’est pas seulement spécialisé en écologie, mais aussi très rigoureux et logique. Il a décomposé les points clés de cette interview en cinq aspects. Sans utiliser de jargon académique compliqué, je vais vous expliquer cette question écologique de manière simple et compréhensible.

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Premier point : résumé essentiel : les panneaux photovoltaïques ne sont ni un “poison” ni un “remède miracle”, ils sont juste de “nouveaux voisins”

Tout d’abord, il faut briser une pensée binaire. Beaucoup pensent que les panneaux photovoltaïques soit nuisent aux oiseaux, soit leur sont bénéfiques. Le Dr Jarčuška nous rappelle : **ne tirons pas de conclusions hâtives, il faut regarder le “contexte”.

Son étude a comparé 32 centrales photovoltaïques slovaques à 32 champs agricoles ordinaires. Résultat : le nombre et la diversité des oiseaux dans les centrales étaient parfois même supérieurs à ceux des champs voisins. En particulier pour les oiseaux qui aiment chercher des insectes dans les espaces ouverts (comme le rossignol à queue rougeâtre ou les moineaux), leur vie sous les panneaux était plutôt agréable.

Cependant, cela ne signifie pas que les panneaux photovoltaïques sont naturellement un “paradis pour les oiseaux”. En réalité, il s’agit de plaques de verre et de métal froids qui ne produisent ni nourriture ni nids. Ils attirent les oiseaux parce que l’herbe et les buissons poussent sur le sol sous les panneaux, créant un petit environnement complexe qui manque dans les champs agricoles défrichés.

Donc, la conclusion principale est : ce n’est pas les panneaux eux-mêmes qui déterminent le sort des oiseaux, mais ce qui pousse sous eux et à quoi était destiné ce sol auparavant.

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Deuxième point : explication 1 : pourquoi les panneaux photovoltaïques attirent-ils les oiseaux ? Parce qu’ils fournissent des “services écologiques gratuits”

[Interprétation simple : sous les panneaux photovoltaïques, il y a en fait une sorte de “restauration rapide” et de “hôtel pour les oiseaux”

Vous vous demandez peut-être : les panneaux bloquent la lumière du soleil, comment les oiseaux peuvent-ils s’y installer ?

Le Dr Jarčuška explique que les panneaux ne scellent pas entièrement le sol. Les interstices entre eux ou sous les panneaux permettent la croissance d’herbes et de buissons bas. Cela crée une structure végétale.

Imaginez un champ agricole plat où les agriculteurs ont défriché le sol, tuant les insectes et laissant les oiseaux sans nourriture ni abri.

Sous les panneaux, en revanche, comme le sol n’est pas souvent déplacé (il faut bien sûr produire de l’électricité), l’herbe pousse plus haut et les buissons apparaissent. C’est comme si une “petite forêt” ou un “buissonnement” se formait soudainement dans le désert.

  • Nourriture : la végétation complexe abrite plus d’insectes (invertébrés), donc les oiseaux ont de la nourriture.
  • Abri : les oiseaux peuvent construire des nids et se reposer dans les buissons, à l’abri des prédateurs.
  • Point de repère : les supports et les bords des panneaux servent d’observatoires pour les oiseaux.

Ainsi, les oiseaux identifiés comme “espèces indicatrices” (comme le rossignol à queue rougeâtre ou les moineaux) ne sont pas attirés par les panneaux eux-mêmes, mais par l’écosystème naturel qui se développe sous eux. Cet écosystème manque dans les champs agricoles fortement gérés.

Point clé : Ce n’est pas le mérite des panneaux, mais le résultat du développement naturel de la végétation. Si le sol sous les panneaux était également défriché, les oiseaux n’y viendraient pas.

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Troisième point : ne comparez pas les panneaux photovoltaïques aux “forêts après une tempête” : ce ne sont pas la même chose

[Interprétation simple : la restauration naturelle est un processus spontané, tandis que la construction de panneaux photovoltaïques est une intervention humaine]

Certains pourraient dire : les forêts peuvent se rétablir après une tempête, alors pourquoi les oiseaux ne pourraient-ils pas s’adapter progressivement à un sol perturbé par les panneaux ?

Le Dr Jarčuška est très prudent à ce sujet. Il affirme que ces deux situations ne sont pas comparables.

  • Disturbances naturelles (comme les tempêtes) : c’est comme si une personne tombait et se cassait un os, mais son corps et son système immunitaire restent intacts. Après une tempête, les graines, les racines et les micro-organismes dans le sol se rétablissent naturellement à leur rythme, dans un processus appelé “sélection naturelle”.
  • Construction de panneaux photovoltaïques : c’est comme une “grande opération” ou un “chirurgical” sur le sol. Le sol est modifié par l’homme (béton, supports, déplacement de la végétation). Son avenir dépend entièrement de la gestion humaine : si on veut que de l’herbe pousse, elle poussera ; si on veut que le sol reste défriché, il le restera.

Point clé : La restauration naturelle repose sur des forces internes, tandis que l’écosystème sous les panneaux dépend de l’intervention humaine. On ne peut pas penser que le sol sous les panneaux se rétablira automatiquement. L’écosystème y est créé et géré par l’homme.

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Quatrième point : l’histoire du sol est importante, mais ne le sacralisez pas

[Interprétation simple : les panneaux photovoltaïques fonctionnent mieux sur des terrains “bons” que sur des terrains “mauvais”

L’étude a montré que les centrales construites sur des prairies existantes attirent plus d’oiseaux. Est-ce à dire que tout terrain est bon pour les panneaux photovoltaïques ?

Le Dr Jarčuška souligne que l’utilisation antérieure du sol est importante, mais ce n’est pas le seul facteur déterminant.

Selon son modèle, l’effet des panneaux dépend de la combinaison de l’infrastructure et du contexte initial du sol.

  • Si les panneaux sont installés sur des prairies riches en espèces, la végétation se rétablit rapidement et les oiseaux sont plus nombreux.
  • Si les panneaux sont installés sur des terres agricoles intensivement exploitées (comme pour la culture du maïs ou du blé, avec beaucoup d’engrais et de pesticides), le sol peut être dégradé, et les oiseaux ne seront peut-être pas nombreux même avec des panneaux.

Cependant, le Dr Jarčuška souligne que son modèle ne peut expliquer que 8% des variations dans la densité des oiseaux. Cela signifie que 92% des variations sont dues à d’autres facteurs (climat, paysage environnant, méthodes de gestion, etc.).

Point clé : Il ne faut pas simplement dire que les panneaux photovoltaïques sont bons ou mauvais. Il est plus important de se demander : qu’est-ce que les panneaux remplacent-ils ? En quoi se transforment-ils ? Comment sont-ils gérés ? Ces trois questions sont plus importantes que les panneaux eux-mêmes.

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Cinquième point : comment rendre les panneaux photovoltaïques plus “amicaux” envers les oiseaux ? Il n’y a pas de solution universelle, mais il existe des principes généraux

[Interprétation simple : pour attirer plus d’oiseaux, ne gérez pas le sol trop “nettement”, laissez un peu de “désordre”

Puisque les panneaux photovoltaïques ne attirent pas les oiseaux par eux-mêmes, les développeurs peuvent-ils les rendre plus “amicaux” par la conception ?

Le Dr Jarčuška propose plusieurs principes simples et peu coûteux :

1. Maintenez de la “hétérogénéité de la végétation” : ne coupez pas l’herbe sous les panneaux de manière uniforme. Laissez-la pousser de manière naturelle, avec des hauteurs différentes et des buissons diversifiés. Cet environnement “désordonné” est plus attractif pour les oiseaux.

2. Évitez une gestion excessive : ne fauchez et ne pulvérisez pas trop souvent. Laissez l’écosystème se développer naturellement.

3. Planification précoce : le meilleur moyen est de prendre en compte la biodiversité dès la sélection et la conception du site. Par exemple, évitez les routes de migration ou les zones de reproduction importantes pour les oiseaux. Un mauvais choix de site ne peut être compensé par des mesures ultérieures.

Point clé : La biodiversité ne peut pas être restaurée après coup, elle doit être prévue dès la conception. Pour économiser et être écologique, il est préférable de ne pas gérer le sol de manière trop rigide et de laisser les forces naturelles agir.

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Sixième point : les oiseaux sont intelligents, mais ne comptez pas sur eux pour s’adapter instantanément aux panneaux photovoltaïques

[Interprétation simple : les oiseaux apprennent, mais ils apprennent à éviter les prédateurs, pas les panneaux]

Certaines personnes se demandent si les oiseaux peuvent s’adapter progressivement aux panneaux photovoltaïques.

Le Dr Jarčuška cite ses recherches sur le comportement d’agression des oiseaux envers les prédateurs (comme les hiboux). Il a découvert que les oiseaux peuvent apprendre à reconnaître les signaux de danger (comme le cri des hiboux). Cependant, cela ne s’applique pas directement aux panneaux photovoltaïques :

  • Les oiseaux apprennent à reconnaître les signaux de danger (comme le cri des hiboux).
  • Les panneaux ne sont pas des prédateurs, ils n’émettent pas de sons et ne menacent pas les oiseaux.

L’adaptation des oiseaux aux panneaux se fait plutôt par des ajustements comportementaux (comme changer de trajectoire de vol ou utiliser la nourriture disponible sous les panneaux), et non par une adaptation rapide comme à des changements climatiques.

Point clé : Les oiseaux ont de la plasticité comportementale, mais leur adaptation est lente et locale. L’impact des panneaux sur eux dépend principalement de la qualité de leur environnement, et non de leur capacité d’apprentissage.

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Conclusion : des leçons pour le grand public

1. Les panneaux photovoltaïques ne sont ni des destructeurs ni des sauveurs de l’écologie. Leur impact dépend de la manière dont ils sont construits et gérés.

2. **Un environnement “désordonné” est souvent plus favorable aux oiseaux qu’un environnement trop net.

3. Le choix du site est crucial : les centrales construites sur des prairies sont généralement plus bénéfiques pour les oiseaux que celles construites sur des terres agricoles.

4. Ne surestimez pas la restauration naturelle : les panneaux sont des installations artificielles, et leur valeur écologique dépend de la gestion humaine.

Donc, la prochaine fois que vous verrez de grands champs de panneaux photovoltaïques, pensez aussi à ce qui pousse sous eux. Si l’herbe y est luxuriante et que les oiseaux chantent, cela signifie que ces panneaux produisent de l’électricité tout en offrant un bon habitat aux oiseaux.