Résumé des principaux points
Au cours des quatre premiers mois de cette année, les bénéfices des entreprises industrielles de taille significative à l’échelle nationale ont augmenté de 18,2 % par rapport à l’année précédente, tandis que les recettes d’impôt sur le revenu des entreprises ont diminué de 0,5 %. L’écart de taux de croissance entre les deux est de 18,7 points de pourcentage. Ce contraste s’explique principalement par des différences dans les méthodes de statistiques, des ajustements du calcul de la base imposable, un retard dans la collecte des impôts et le fait que certaines industries à forte croissance bénéficient de nombreuses exonérations. Cependant, l’effet positif de la hausse des bénéfices commence déjà à se faire sentir : les recettes d’impôt sur le revenu des entreprises en avril ont augmenté de 8 % par rapport à l’année précédente, et il est prévu que cette tendance se poursuive.
Analyse détaillée
#### 1. Les méthodes de statistiques ne correspondent pas : les domaines couverts sont très différents
Les bénéfices des entreprises industrielles de taille significative et les recettes d’impôt sur le revenu des entreprises concernent des catégories très distinctes :
- Bénéfices industriels de taille significative : se réfèrent uniquement aux entreprises dont le chiffre d’affaires annuel dans leur activité principale dépasse 20 millions de yuans (par exemple, les grandes usines), et correspondent aux bénéfices comptables de ces entreprises.
- Impôt sur le revenu des entreprises : s’applique à toutes les organisations qui génèrent des revenus, qu’il s’agisse de l’industrie, des services (comme les restaurants ou les entreprises de commerce électronique), de la finance (banques, assurances) ou du secteur immobilier. Toute entité ayant des revenus est soumise à cet impôt, ce qui étend considérablement le champ d’application.
En d’autres termes, les bénéfices industriels représentent les performances des meilleurs élèves d’une classe, tandis que l’impôt sur le revenu correspond au total des résultats de toute l’école ; il est donc naturel que les taux de croissance ne puissent pas être directement comparés.
#### 2. La base imposable n’est pas égale aux bénéfices bruts : des déductions sont nécessaires
L’impôt sur le revenu des entreprises n’est pas calculé à partir des bénéfices comptables bruts, mais sur le “montant imposable”. Ce montant est obtenu en soustrayant de nombreux éléments tels que des exonérations et des déductions :
- Par exemple, si une entreprise a subi des pertes les années précédentes, elle peut utiliser ces pertes pour réduire l’impôt sur ses bénéfices de cette année (si elle a perdu 1 million l’année dernière et a gagné 2 millions cette année, elle ne paiera que sur 1 million).
- Les entreprises qui investissent beaucoup dans la recherche et le développement peuvent bénéficier de déductions importantes (par exemple, si elles dépensent 500 000 yuans en R&D et que la politique leur permet de déduire 1 million, cela signifie que leurs bénéfices sont réduits de 500 000 yuans).
- Les entreprises travaillant dans des secteurs high-tech sont soumises à un taux d’impôt de 15 % (contre 25 % pour les autres entreprises), et bénéficient également de mesures telles que l’amortissement accéléré et des crédits d’impôt.
Ainsi, même si les bénéfices ont augmenté de 18 %, la somme réellement due en impôts n’a peut-être pas augmenté ou a même diminué après ces déductions.
#### 3. La collecte des impôts est retardée par rapport à la génération des bénéfices
L’impôt sur le revenu des entreprises n’est pas payé immédiatement après les revenus ; il est d’abord prépayé mensuellement ou trimestriellement, puis calculé et régularisé une fois l’année terminée (avec des remboursements éventuels).
Par exemple, les impôts perçus au cours des quatre premiers mois de cette année peuvent inclure des montants provenant des bénéfices de l’année précédente, tandis que les bénéfices de cette année n’ont pas encore été pris en compte. Ainsi, le taux de croissance des impôts actuel ne reflète pas la situation financière du moment présent.
#### 4. Les industries à forte croissance paient moins d’impôts : les exonérations affaiblissent l’efficacité fiscale
Les industries qui ont enregistré une forte croissance au cours des quatre premiers mois (couleurants, électronique, chimie, charbon) bénéficient souvent de nombreuses exonérations :
- Par exemple, de nombreuses entreprises high-tech dans le secteur de l’électronique sont soumises à un taux d’impôt de 15 % ; celles qui investissent beaucoup en R&D peuvent déduire jusqu’à 100 % ou même 120 % de leurs dépenses en recherche et développement.
Ces industries paient donc moins d’impôts pour le même montant de revenus que les autres secteurs.
Par exemple, bien que les bénéfices dans le secteur des colorants aient augmenté de 1,2 fois, le taux de croissance de leurs impôts est beaucoup plus faible en raison de ces exonérations, ce qui freine l’augmentation globale des recettes d’impôt.
#### 5. L’effet positif des bénéfices commence à se manifester : une reprise fiscale est en cours
Bien que les recettes d’impôt aient diminué globalement au cours des quatre premiers mois, elles ont augmenté de 8 % en avril par rapport à l’année précédente, ce qui indique que l’effet positif de la hausse des bénéfices commence à se faire sentir :
- À mesure que les bénéfices continueront d’augmenter cette année, les montants prépayés et régularisés en impôts augmenteront progressivement.
- Selon les données de l’Administration fiscale nationale, les exonérations liées à la recherche et au développement dépasseront 1,1 trillion de yuans en 2025. Cependant, ces mesures visent à soutenir la modernisation industrielle, et à long terme, le développement des secteurs émergents entraînera une augmentation des recettes fiscales.
En résumé, le contraste entre les bénéfices et les recettes d’impôt n’est pas un signe de contradiction économique, mais résulte de la combinaison de règles statistiques, d’exonérations politiques et de différences temporelles. Les particuliers n’ont pas de raison de s’inquiéter : l’augmentation des bénéfices est réelle, et une reprise fiscale est en cours ; les fondamentaux économiques restent stables.