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La véritable psychanalyse n’a pas pour but de « guérir » | 170e anniversaire de la naissance de Freud

原文:真正的精神分析不是为了“治愈”|弗洛伊德诞辰170年

Résumé des points clés

Cet article prend l’incident Dreyfus en France en 1894 comme point de départ et, en le combinant avec les recherches psychologiques de Freud à la même époque (comme l’analyse des rêves et des blagues dans *L’Humour*, explore comment la « socialisation » force les individus à réprimer leur véritable nature (les Juifs cachant leur identité, les femmes étant entravées par des stéréotypes). Cela mène au cœur de la théorie psychanalytique de Freud : les modernes sont piégés dans une « difficulté spirituelle » due à cette répression. La psychanalyse n’a pas pour but de « guérir » complètement, mais d’aider les gens à se connaître eux-mêmes, à apprendre à vivre avec eux-mêmes et à trouver un sens à leur existence grâce à la communication.

I. L’incident Dreyfus : une affaire de « espionnage » qui a divisé toute la France, reflétant l’anxiété collective des Juifs

En 1894, le haut officier français Dreyfus (Juif) a été accusé d’être un espion allemand et exilé à l’île du Diable (lieu où les criminels étaient déportés en France). Cet événement a immédiatement divisé la France en deux camps : l’un voulait utiliser cet incident pour réorganiser l’armée et rendre la France « grande à nouveau » ; l’autre pensait qu’il était innocent, accusant le camp répressif de trahir l’esprit de liberté, d’égalité et d’amour de la Révolution française.

Mais les plus touchés étaient les Juifs de toute l’Europe : avec l’affaire Dreyfus, tous les Juifs ont été étiquetés comme suspects. Ils devaient réprimer leur identité – ils n’osaient pas prier ouvertement, porter des vêtements traditionnels, et même détester leur appartenance juive, de peur d’être impliqués. Cette répression collective est devenue un exemple concret pour Freud d’étudier le « coût de la socialisation ».

II. Le rêve du précipice de Freud : pas tant de compassion pour Dreyfus que de compréhension des pièges de la socialisation

Lors de l’écriture de *L’Humour*, Freud a fait un rêve dans lequel une personne se tenait au bord d’un précipice en mer (comme dans les peintures de Böcklin). Plus tard, apprenant que Dreyfus avait été exilé à l’île du Diable, il a lié ce rêve à l’événement. Mais il n’a pas simplement éprouvé de compassion pour Dreyfus ; il a vu un problème plus profond : la socialisation pousse les individus à s’accuser eux-mêmes.

Par exemple, les Juifs, pour prouver leur innocence, devaient cacher leur identité, ce qui signifiait en réalité admettre intérieurement que « leur identité était coupable ». Freud, lui-même Juif viennois, a ressenti cette peur : il craignait que la psychanalyse ne soit perçue comme étant liée au judaïsme et qu’on ne l’étiquette comme une « conspiration mystérieuse » (comme les préjugés des Chinois envers les remèdes traditionnels chinois). Cette peur est devenue le point de départ de ses recherches sur la répression et les maladies mentales.

III. L’« innocence » dans les blagues : l’antisémitisme et le misogynisme partagent la même logique de préjugé

Dans *L’Humour*, Freud raconte une blague : « Cette fille me rappelle Dreyfus – l’armée ne croit pas qu’elle est innocente.» L’« innocence » mentionnée dans cette blague a deux significations : celle de Dreyfus, qui n’a pas trahi le pays, et celle de la fille, qui n’a pas d’expérience sexuelle.

Cette blague révèle les préjugés doubles de l’époque : les étiquettes identitaires étaient considérées comme une « faute originelle ». Les Juifs étaient soupçonnés d’être des espions simplement parce qu’ils étaient Juifs, et les femmes étaient stéréotypées comme irrationnelles et conspiratrices, incapables de prouver leur innocence. Cette logique perdure encore aujourd’hui – par exemple, lors du mouvement #MeToo, tous les hommes sont considérés comme coupables par défaut, tout comme tous les Juifs ont été impliqués dans l’affaire Dreyfus.

IV. La psychanalyse : pas pour « guérir », mais pour vous aider à voir votre propre répression

Freud a créé la psychanalyse non pas pour soigner les névroses, mais pour que les gens réalisent que la plupart des problèmes modernes proviennent de la répression de leur véritable nature. Par exemple, pour s’intégrer à la société, on change d’accent, on cache ses croyances, on réprime ses pensées authentiques – ces choses réprimées ne disparaissent pas, mais finissent par vous contrôler, provoquant anxiété, insomnie, etc.

La méthode de la psychanalyse est simple : on s’allonge sur un canapé et on laisse libre cours à ses pensées (on se souvient de rêves, on exprime ce qu’on pense vraiment), permettant ainsi de libérer ces émotions réprimées. Elle ne vise pas une guérison complète, mais plutôt à comprendre pourquoi l’on agit de la sorte. Comme le dit l’analyste Adam Phillips : « Il n’y a pas de guérison absolue ; nous avons simplement besoin de nouvelles manières de vivre avec nous-mêmes.»

V. Le « faux sentiment de sécurité » des modernes : plus on réprime, moins on est « innocent”

Les modernes ont peur d’être rejetés, donc ils répriment désespérément leur différence – par exemple, ils changent d’accent pour éviter les critiques, cachent leurs croyances de peur d’être considérés comme superstitieux. Mais cette répression est un faux sentiment de sécurité : on pense qu’en se cachant, on sera accepté, alors que en réalité, on admet intérieurement qu’on a des problèmes.

Dreyfus a finalement été acquitté, mais les gens continuaient à penser qu’il n’était pas innocent (comme le dit le proverbe chinois : « Les mouches ne piquent pas les œufs sans fissure »). Cela montre que une fois dans la société, il est difficile de rester complètement innocent – on cache toujours quelque chose. Freud veut nous dire : plutôt que de chercher à être accepté par tous, il vaut mieux apprendre à vivre avec ses imperfections ; c’est là la vraie liberté.

En somme, cet article veut souligner que l’incident Dreyfus et les recherches de Freud parlent du même problème : la difficulté spirituelle des modernes provient d’une trop grande compromission avec la socialisation. La solution n’est pas d’éliminer sa différence, mais de la voir courageusement, de l’accepter et de trouver des moyens de coexister avec le monde.