Résumé des points clés
L’année dernière, la croissance démographique des villes du Guangdong a été sans égale : Shenzhen, Dongguan et Guangzhou ont pris les trois premières places au niveau national en termes d’augmentation de la population urbaine, avec six des huit premiers rangs occupés par des villes du Guangdong. En revanche, le Jiangsu a connu une baisse de sa population, et Hangzhou, dans la région du Delta de l’Yangtze, qui attire beaucoup d’habitants, n’a occupé que la septième place en termes d’augmentation démographique. Les raisons en sont principalement deux : d’une part, un afflux important de population étrangère (croissance mécanique) ; d’autre part, un taux de natalité élevé parmi les habitants locaux (croissance naturelle), lié à la structure industrielle, à l’ouverture des villes, à l’âge de la population et aux différences dans les concepts de parentalité.
I. La structure industrielle est inclusive : il est plus facile pour les gens ordinaires de trouver un emploi au Guangdong
Les villes phares du Jiangsu, du Zhejiang et du Shanghai (comme Shanghai, Suzhou, Hangzhou) s’orientent vers des activités haut de gamme ces dernières années, déplaçant de nombreuses usines qui emploient des travailleurs ordinaires vers l’Anhui ou d’autres régions intérieures, laissant ainsi peu d’opportunités pour les travailleurs à faible qualification. Au Guangdong, en revanche, même des villes comme Dongguan et Foshan, dont le PIB est de plusieurs milliards, conservent une importante proportion d’industries de bas et moyen niveau (usines électroniques, usines de vêtements).
Par exemple, dans la région du Delta de l’Yangtze, il peut être très difficile de trouver un emploi stable sans diplôme ni compétences particulières ; à Dongguan, en entrant dans une usine électronique, on peut gagner entre 4 000 et 5 000 yuans par mois, avec des barrières d’entrée relativement basses. Cette structure industrielle diversifiée permet à toutes les catégories de personnes de trouver du travail, attirant ainsi davantage d’habitants étrangers.
II. Les quartiers urbains sont un facteur clé pour le logement abordable : même les personnes à faible revenu peuvent se loger
Dans les villes du Delta de l’Yangtze (comme Hangzhou, Nanjing), les quartiers urbains ont été largement démolis ; louer un appartement coûte cher, soit dans des complexes résidentiels, soit dans de petites chambres individuelles. À Guangdong, en revanche, les quartiers urbains sont omniprésents, et bien que ces quartiers puissent sembler désordonnés, les loyers y sont bas (une chambre individuelle peut coûter seulement 1000 yuans à Shenzhen ou quelques centaines de yuans à Dongguan). Pour les travailleurs, avoir un logement décent est essentiel pour pouvoir s’installer durablement. Dans la région du Delta de l’Yangtze, le coût de la vie étant élevé, de nombreux habitants qui ne gagnent pas beaucoup d’argent partent ; au Guangdong, même ceux qui gagnent 3 000 yuans par mois ont un endroit où vivre, ce qui reflète l’ouverture des villes.
III. La population du Guangdong est plus jeune : un taux de natalité élevé due à une jeunesse plus nombreuse
La croissance naturelle de la population (nombre d’enfants nés parmi les habitants locaux) est la clé pour lequel le Guangdong a dépassé le Jiangsu et le Zhejiang. L’année dernière, la population locale de ces deux régions a diminué, tandis que celle du Guangdong a augmenté de 290 000 personnes. La raison n’est pas que les habitants du Guangdong aiment plus avoir des enfants, mais plutôt que la population y est plus jeune. Par exemple, l’âge médian de la population à Shenzhen est de seulement 32 ans (le plus bas du pays), et celui de Dongguan et de Guangzhou est également inférieur à 35 ans ; dans les villes du Delta de l’Yangtze (comme Shanghai, Suzhou), cet âge médian dépasse généralement 38 ans, voire 40 ans. L’âge optimal pour avoir des enfants est avant 35 ans, et le désir et la capacité à enfanter diminuent après cet âge. Ainsi, le Guangdong dispose d’un plus grand nombre de personnes dans la période optimale pour avoir des enfants.
IV. La parentalité est moins stressante au Guangdong : les familles osent avoir un deuxième enfant
Dans le Jiangsu et le Zhejiang, l’éducation des enfants suit un modèle “élitiste” : chaque famille souhaite que ses enfants fréquentent les meilleures écoles et inscrit leurs enfants dans divers cours de soutien scolaire, avec un investissement moyen en éducation proche de 1 million de yuans par enfant. Ces coûts élevés dissuadent de nombreuses familles à revenu modéré d’avoir un deuxième enfant. Au Guangdong, l’approche est plus détendue : si les enfants s’en sortent bien à l’école, c’est parfait ; sinon, il n’y a pas de problème s’ils travaillent dans une usine ou font des affaires avec des parents. Un ami du Guangdong m’a dit que leurs dépenses pour les cours de soutien scolaire sont bien inférieures à celles du Jiangsu et du Zhejiang, et qu’ils n’exigent pas que leurs enfants réussissent dans les meilleures écoles. Cette attitude “laisser faire naturellement” réduit la pression financière et psychologique sur les parents, ce qui les incite à avoir plus d’enfants.
En conclusion
La forte croissance démographique du Guangdong est due à une approche pragmatique : sa structure industrielle inclut tous les types de travailleurs, le coût de la vie permet aux personnes à faible revenu de rester dans la région, et l’âge de la population est favorable à la natalité. Ces aspects sont des points que le Jiangsu et le Zhejiang pourraient réfléchir. Il est bon de développer des industries haut de gamme, mais il ne faut pas oublier d’offrir également des opportunités aux gens ordinaires.