Résumé des points clés
Il s’agit d’une interview approfondie avec un homme ordinaire qui a “réanimé sa passion pour la lecture” après avoir travaillé dans le secteur de l’internet. À travers son expérience de lutte contre le cancer, sa transition professionnelle, ses relations parentales et sa façon de s’adapter à l’ère de l’information, il partage ses réflexions sur la vie : face au cancer, il faut “coexister” plutôt que de “le vaincre” ; les opportunités de prendre des initiatives dans le monde professionnel diminuent avec l’âge, mais il est essentiel d’accueillir le changement ; l’expérience ne peut pas être transmise aux enfants, il faut leur laisser faire leurs propres expériences ; à une époque d’excès d’informations, savoir filtrer et garder des traces de sa vie est très important ; la connaissance est le “biens le plus précieux” que l’on puisse posséder.
I. Lutter contre le cancer, ce n’est pas combattre un monstre, c’est vivre en harmonie avec lui
Lorsqu’il a été diagnostiqué avec un cancer du nasopharynx, il n’a pas paniqué ; au contraire, il a étudié les informations comme s’il travaillait sur un projet. Lorsque la chimiothérapie rendait difficile de manger et que tout avait un goût fade, il a même douté de la signification de vivre. C’est seulement après l’épidémie qu’il a réalisé à quel point respirer était un luxe, et qu’il devait chérir les petites choses simples de la vie quotidienne.
Il affirme que le terme “vaincre le cancer” est inapproprié : le cancer fait partie de soi, il n’est pas un ennemi, mais avec lequel il faut apprendre à coexister. Après avoir atteint la période de survie de cinq ans, le port d’intraveineuse a été retiré et il n’a plus été considéré comme un “patient”. Cependant, il ressent encore parfois de la peur en touchant son cou, car les ganglions peuvent se développer. Cette peur est toujours présente, mais il a appris à l’accepter : être malade n’est pas une catastrophe, c’est plutôt un rappel pour chérir le présent.
II. Après 35 ans, il devient de plus en plus difficile de prendre des initiatives, mais accueillir le changement est la clé
Il a démissionné deux fois de son plein gré : d’Nokia (secteur des communications traditionnelles) pour rejoindre Alibaba (secteur de l’internet), car il se demandait pourquoi ceux qui construisent les infrastructures ne gagnaient pas autant que ceux qui en profitent ; plus tard, il a quitté une entreprise startup à cause d’une hospitalisation due à des problèmes de tension artérielle, afin de prendre du temps pour se “réorganiser”.
Il parle de la culture d’Alibaba qui encourage l’accueil du changement : de l’idée que “la seule constante est le changement” (une description des faits) à celle d’“accueillir le changement” (qui incite à agir). Aujourd’hui, les jeunes rencontrent des licenciements et une concurrence acharnée sur le marché du travail, mais il faut toujours être proactif pour s’adapter : face à la récession, il ne faut pas rester inactif ; il faut faire chaque jour quelque chose d’utile (par exemple, améliorer son CV pour en augmenter la valeur), ce qui est plus concret que de se plaindre.
III. Ne transmettez pas votre expérience aux enfants, ils doivent apprendre par eux-mêmes
Avant, il aimait donner des conseils aux recruteurs universitaires, mais ils le remerciaient en surface tout en pensant qu’il ne comprenait peut-être pas leur situation. Après avoir eu des enfants, il a compris que l’expérience ne peut pas être transmise : même si vous dites à un enfant de ne pas toucher une prise électrique, il finira par essayer lui-même.
Il recommande le livre “Let Them Theory”, qui prône de ne pas contrôler les autres et de se concentrer sur soi. Par exemple, lorsque son enfant échoue à un examen, l’anxiété vient du fait que la situation est hors de son contrôle et qu’il s’en soucie beaucoup. Pour gérer cette anxiété, il écrit sur un compte public : sans objectifs chiffrés, il peut écrire ce qu’il veut et se concentrer sur ce qu’il peut maîtriser.
IV. Trop d’informations ? Le filtrage et l’archivage sont des compétences rares
Il gère un compte public depuis plus de dix ans et se considère comme un “transporteur” d’informations : ses contenus ne sont pas originaux, mais choisir ce qui est précieux est essentiel. Aujourd’hui, avec l’explosion des informations, il y a dix fois plus de contenu que les gens peuvent en absorber chaque jour ; savoir filtrer et gérer son attention est devenu une compétence rare.
Il explique que lire, ce n’est pas simplement consommer de l’information : écouter des podcasts sur les livres ne peut pas remplacer la sensation de lire soi-même. L’archivage des moments importants est également crucial ; sans tenir un journal de sa lutte contre le cancer ou son compte public, il aurait oublié tous ces instants précieux de sa vie.
V. Ce que l’on peut emporter à 35 ans, ce n’est que sa connaissance
Si on pouvait revenir à l’âge de 35 ans, il acheterait des cartes graphiques NVIDIA et de la cryptomonnaie (comme le bitcoin). Mais plus important encore : il conseillerait de maintenir son curiosité et d’accueillir le changement. Il sait toutefois que lui-même n’y aurait pas cru à l’époque, tout comme les jeunes d’aujourd’hui ne prennent souvent pas en compte les conseils des aînés ; chacun doit suivre son propre chemin.
Selon lui, ce qui est le plus précieux dans la vie, ce n’est ni l’argent ni le poste professionnel, mais la connaissance : “Si vous retournez dans le futur, vous ne pourrez pas emporter vos ordinateurs ou vos téléphones portables, seulement vos idées”. Il faut donc rester ouvert d’esprit et accepter de nouvelles choses (comme les outils basés sur l’intelligence artificielle) afin de constamment mettre à jour ses connaissances.
Cette interview ne contient pas de grandes théories abstraites, mais seulement des expériences réelles d’une personne ordinaire : la peur de la maladie, les difficultés professionnelles et l’anxiété de l’éducation des enfants. Elle transmet cependant un message clair : il n’y a pas de réponse standard à la vie ; accepter ses imperfections et se concentrer sur ce que l’on peut maîtriser est la meilleure façon de vivre.