Résumé des principaux points
Récemment, les prix du cuivre à New York et à Londres ont augmenté, principalement sous l’effet de trois facteurs clés : premièrement, la décision des États-Unis de mettre en place ou non des droits de douane sur l’importation du cuivre raffiné d’ici fin juin a provoqué une réaction anticipée du marché en raison de l’incertitude politique ; deuxièmement, l’offre mondiale de cuivre minier a diminué par rapport aux attentes en raison de problèmes de production dans deux grandes mines ; troisièmement, la croissance continue de la demande en cuivre due à l’intelligence artificielle (IA) et à la transition énergétique. De plus, des banques d’investissement telles que Goldman Sachs et Citibank ont relevé leurs projections de prix du cuivre, renforçant ainsi l’optimisme sur le marché.
I. La décision américaine sur les droits de douane au cuivre reste en suspens, provoquant des anticipations haussières
Le département du Commerce américain doit soumettre un rapport d’évaluation du marché du cuivre à Donald Trump avant le 30 juin pour recommander l’application ou non de droits de douane sur l’importation du cuivre raffiné. Cette politique est comme une “botte suspendue au-dessus de nos têtes” : personne ne sait quel sera le résultat, mais tout le monde craint que les prix augmentent après l’entrée en vigueur des taxes, ce qui incite les acheteurs à acheter du cuivre à l’avance, poussant ainsi les prix à la hausse.
En juillet de l’an dernier, les prix du cuivre ont chuté de 20 % en une seule journée parce que le plan de taxation initialement envisagé était plus indulgent que prévu : les droits de douane n’auraient pas été appliqués immédiatement, mais progressivement à partir de 2027 (à hauteur de 15 %). Aujourd’hui, avec ce nouvel examen, le marché est à nouveau tendu, redoutant que les mesures soient plus strictes cette fois-ci.
Cette incertitude crée également des opportunités de profit : les prix du cuivre aux États-Unis étant plus élevés qu’ailleurs, les commerçants en exportent vers ce pays, augmentant ainsi l’offre sur les marchés américains et faisant monter les prix locaux.
II. Des problèmes de production dans les mines, réduisant l’offre mondiale
L’offre mondiale de cuivre minier est inférieure aux attentes. Goldman Sachs a réduit ses projections de croissance de l’offre de 350 000 tonnes pour 2026, principalement en raison de problèmes dans deux grandes mines :
- La mine de Grasberg en Indonésie et la mine de Kamoa-Kakula au Congo (Kinshasa) connaissent des difficultés de production et ne pourront pas atteindre leur capacité maximale avant 2028. Ces mines étant importantes sur le plan mondial, une diminution de leur production entraîne une pénurie globale, ce qui fait augmenter les prix.
La baisse de l’offre, combinée à une demande stable, agrandit le déficit entre l’offre et la demande : Goldman Sachs a ajusté le déficit sur les marchés hors États-Unis de 60 000 tonnes à 640 000 tonnes, soit une augmentation de dix fois, ce qui soutient directement les prix du cuivre.
III. L’IA et la transition énergétique fournissent un soutien durable à la demande en cuivre
La demande en cuivre n’est pas ponctuelle, mais représente une nécessité à long terme :
- Demande liée à l’IA : les serveurs informatiques basés sur l’IA nécessitent de grandes quantités de cuivre pour leurs circuits et leur refroidissement ; plus l’IA se développe, plus la demande de serveurs augmente, et donc la consommation de cuivre.
- Demande liée à la transition énergétique : les voitures électriques, les panneaux solaires et les équipements éoliens dépendent tous du cuivre (moteurs des voitures électriques, connexions des batteries, poutres et générateurs pour les éoliennes). Le développement de ces secteurs est une tendance à long terme, ce qui signifie que la demande en cuivre continuera d’augmenter.
Les analystes soulignent que cette demande est “résistante”, c’est-à-dire qu’elle ne diminuera pas facilement malgré les fluctuations du marché à court terme.
IV. Les banques d’investissement sont majoritairement optimistes quant aux prix du cuivre, le déficit en offre étant la raison principale
Citibank et Goldman Sachs ont toutes deux relevé leurs projections de prix du cuivre :
- Citibank prévoit que les prix atteindront 14 500 dollars l’once ce mois et 15 000 dollars l’once au cours de l’année à venir ;
- Goldman Sachs a ajusté ses prévisions pour la fin de l’année de 12 465 dollars à 13 735 dollars (soit une augmentation de plus de 10 %).
Leurs raisons d’optimisme sont similaires : insuffisance de l’offre (problèmes dans les mines) + demande stable (IA et transition énergétique) + soutien des attentes liées aux droits de douane (au moins jusqu’à fin juin).
Cependant, elles soulignent également que la politique tarifaire reste le principal risque : si les États-Unis reportent réellement l’application des taxes, les prix du cuivre pourraient ne pas augmenter aussi rapidement. Mais dans le scénario de base, les reports sont probables, donc il n’y a pas de raison de s’inquiéter pour l’instant.
Conclusion
L’augmentation des prix du cuivre n’est pas un phénomène isolé ; elle résulte d’une combinaison de facteurs tels qu’une offre limitée, une forte demande et une incertitude politique. À court terme, les émotions sur le marché pourraient continuer à fluctuer avant l’application effective des droits de douane. À long terme, la transition énergétique et la demande liée à l’IA soutiendront les prix du cuivre, et tant que l’offre ne pourra pas suivre, il est probable que les prix restent élevés. Si les gens comprennent ce mécanisme, ils comprendront pourquoi les prix du cuivre ont constamment augmenté récemment.