虎嗅

**Titre français :** « Plus chaud que la forêt tropicale… Combien de temps les habitants du sud devront-ils endurer ce climat ? »

原文:“热过热带雨林”,这样的天气南方人还要熬多久?

Résumé des principaux points

À la fin du mois de mai de cette année, de nombreuses régions du sud de la Chine (Wuhan, Guangzhou, Changsha, etc.) ont été frappées prématurément par une séquence de journées particulièrement chaudes et humides, connues sous le nom de “journées sauna”. La température ressentie était bien supérieure à la température réelle, et dans certains endroits, comme Wuhan, l’humidité était comparable à celle de la forêt tropicale amazonienne. Les causes de ce phénomène sont liées à une haute pression subtropicale, au monstre tropical du sud-ouest et à l’effet El Niño. Ces conditions météorologiques ont non seulement rendu la vie quotidienne très difficile (notamment dans les dortoirs étudiants), mais ont également menacé la santé des travailleurs de plein air (insolation, coup de chaleur) et affecté leur humeur (réapparition d’angoisses). Les températures extrêmes deviennent une nouvelle norme, entraînant des pertes économiques (diminution de la productivité, augmentation des risques pour les livreur de repas à domicile). L’humanité doit donc faire face aux changements climatiques.

Analyse détaillée

#### 1. Pourquoi ces “journées sauna” sont-elles arrivées plus tôt et avec une telle intensité cette année ?

En résumé, trois facteurs ont contribué à ce phénomène :

  • La haute pression subtropicale : À partir du 22 mai, elle a exercé une pression sur le sud du Guangdong et du Jiangnan, faisant descendre l’air vers le sol et augmentant ainsi la température.
  • Le monstre tropical du sud-ouest : Des vents chauds et humides venus de l’océan Indien ont apporté une grande quantité d’humidité, que la haute pression n’a pas pu disperser, entraînant des niveaux extrêmement élevés d’humidité (jusqu’à 100 % à Wuhan).
  • L’effet El Niño : En 2026, le monde est dans une phase d’El Niño, avec une augmentation anormale de la température des eaux de l’océan Pacifique, fournissant davantage de chaleur et d’humidité à l’atmosphère, rendant les conditions météorologiques plus intenses et précoce (les pluies de juin habituelles sont arrivées en mai).

Résultat : une température de 30 °C accompagnée d’une humidité de 95 %, donnant l’impression d’une température de 40 °C ; les murs et les vitres se couvraient de gouttes d’eau, et sortir dehors était comme être “léché par un bœuf”.

#### 2. L’humidité n’est-elle pas seulement désagréable, mais aussi dangereuse pour la santé et l’humeur ?

  • Sur le plan physique : Les travailleurs de plein air sont les plus touchés. Un instructeur de conduite a été victime d’une insolation si sévère qu’il n’avait plus la force de parler ; un agriculteur de 62 ans à Guangdong a été admis en unité de soins intensifs pour coup de chaleur alors qu’il travaillait dans les champs en mars (un cas rare en mars). La température ressentie est déterminante : une température de 33 °C avec 65 % d’humidité peut être encore plus difficile à supporter que la chaleur sèche.
  • Sur le plan émotionnel : La chaleur exacerbe l’anxiété. Les instructeurs ont remarqué que les étudiants étaient plus agités pendant les cours, et les personnes souffrant d’angoisse rapportent une augmentation des symptômes ; des recherches de l’université Fudan ont confirmé que l’humidité a un impact plus négatif sur la santé mentale que la chaleur seule, en particulier la nuit (car elle perturbe le sommeil et diminue la capacité à réguler les émotions).

#### 3. Les dortoirs étudiants deviennent des “cuisinières à vapeur” : comment survivre sans climatisation adéquate ?

Prenons l’exemple de Liu Xiang, un étudiant de Guangzhou :

  • Le dortoir est situé au dernier étage, et la climatisation centrale n’est en fonction que de 11h30 à 14h00 le midi et de 19h00 à 7h00 le lendemain ; elle s’éteint tôt le matin, ce qui rend difficile de se réveiller frais.
  • Même avec la climatisation et un ventilateur, la température à l’intérieur reste élevée (30 °C). Les tentatives de réparation se sont avérées inefficaces (seuls les filtres ont été lavés). L’école interdit l’achat de climatiseurs individuels, et les petits ventilateurs ainsi que les serviettes rafraîchissantes ne suffisent pas dans une température de 34,7 °C.
  • Les étudiants doivent se réfugier dans la bibliothèque ou les bâtiments d’enseignement pour bénéficier de la climatisation, mais des personnes y tombent malades en chemin. Même si l’école a prolongé l’heure de fonctionnement de la climatisation jusqu’à 8h00 le matin, la chaleur de l’après-midi reste insupportable ; Liu Xiang doit endurer cela pendant trois à quatre mois.

#### 4. Quelles conséquences économiques et sociales les températures extrêmes peuvent-elles avoir ?

  • Pertes économiques : Le Forum économique mondial prévoit que d’ici 2030, les températures extrêmes entraîneront des pertes de productivité s’élevant à 2,4 billions de dollars par an (en raison de l’impossibilité de travailler en plein air et de la baisse de l’efficacité).
  • Déplacement des risques : Une étude publiée dans la revue Nature montre que les températures élevées augmentent les commandes de repas à domicile, mais cela transfère le risque d’exposition aux travailleurs de livraison (qui doivent travailler sous le soleil brûlant).
  • Adaptation sociale : Les gens commencent à modifier leur comportement (en se réfugiant dans des lieux climatisés et en sortant moins souvent), mais la protection des travailleurs de plein air (comme des subventions ou des horaires flexibles) doit être améliorée. Selon les experts, il ne s’agit plus de savoir si le climat va changer, mais de savoir si nous pouvons limiter ces changements à des niveaux supportables pour l’humanité.

#### 5. Que pouvons-nous faire face à un avenir de plus en plus chaud ?

  • Au niveau individuel : Porter des vêtements protecteurs et de la crème solaire lors des travaux extérieurs, et faire attention aux changements d’humeur (réduire l’anxiété par temps chaud).
  • Au niveau social : Les entreprises devraient organiser des périodes de repos pour les travailleurs de plein air et fournir des équipements de refroidissement ; les écoles et les unités de travail devraient ajuster flexiblement les horaires de fonctionnement de la climatisation.
  • À long terme : Réduire les émissions de carbone (par exemple, en conduisant moins et en économisant de l’électricité) pour ralentir le réchauffement climatique.

En somme, ces “journées sauna” précoces ne sont pas un hasard ; elles sont un signe du réchauffement climatique mondial. Nous devons nous adapter et y faire face ensemble, tant au niveau individuel que collectif, pour pouvoir vivre dans un monde de plus en plus chaud.