虎嗅

**Iterations des modèles commerciaux au coin de la rue après trente ans : la reconstruction et le renouveau du destin des millions de bars-tabacs.** *(“Business model iterations at the street corner after thirty years: The rebirth and fate of millions of bars-tabacs.”)*

原文:三十年街角业态迭代,百万烟酒店的生死重构与路径新生

Résumé des points clés

Les magasins de tabac, qui jadis profitaient de l’écart d’information, de la consommation liée aux affaires gouvernementales et des licences de tabac pour gagner facilement de l’argent, se rebellent aujourd’hui collectivement : ils passent de la vente de vins de marque à celle de snacks et se transforment en supérettes. Derrière ce changement se cache une réalité cruelle : près de 1,3 million de magasins ont fermé au cours des cinq dernières années, et l’indice de prospérité du secteur est à son niveau le plus bas. Il s’agit non pas d’un problème lié aux entreprises individuelles, mais d’une « grande transformation » du système de distribution des alcools. Le e-commerce a réduit les écarts de prix, les snacks attirent la clientèle jeune, les supérettes dominent le marché nocturne, et le commerce de détail instantané empiète sur leur territoire. De plus, l’industrie entre dans une phase de concurrence basée sur les stocks, le pouvoir d’achat des consommateurs augmente, et les fabricants se débarrassent des intermédiaires, poussant ainsi les magasins de tabac dans un coin difficile. La solution réside dans le retour à l’essence du service communautaire, dans une sélection de produits différenciée et dans la transformation en centres d’expérience, afin de s’adapter aux changements de l’époque qui passent d’une approche axée sur les relations à une approche axée sur l’efficacité.

I. L’« âge d’or » des magasins de tabac : comment pouvaient-ils gagner facilement de l’argent ?

De la fin des années 1990 à 2012, les magasins de tabac étaient très rentables, grâce à trois facteurs :

1. L’écart d’information : En l’absence de e-commerce et de live-streaming, les consommateurs ne connaissaient pas le prix réel des alcools, et les détaillants contrôlaient les prix. Par exemple, les détaillants de Moutai n’avaient pas besoin de faire de promotion ; les clients venaient d’eux-mêmes et consultaient simplement les comptes chaque mois – « Nous sommes juste les transporteurs de Moutai, l’argent entre automatiquement ».

2. Les canaux de consommation liés aux affaires gouvernementales : Leur clientèle principale n’était pas constituée de particuliers, mais de personnes impliquées dans des activités professionnelles et sociales. Alcool et tabac étaient des produits essentiels (non pour la consommation personnelle, mais pour les cadeaux), permettant aux magasins de tabac de réaliser des profits excessifs.

3. Les barrières liées aux licences de tabac : Le fait que le mot « tabac » figure dans leur nom constituait une protection juridique. Disposer d’une licence permettait de vendre du tabac, assurant un flux de trésorerie stable et une clientèle régulière, même pour de petits magasins de quelques dizaines de mètres carrés.

À son apogée, il y avait 6 millions de magasins de tabac dans le pays, soit un magasin tous les 250 habitants, avec une densité plus élevée que celle des supérettes. Le profit réalisé sur la vente d’une bouteille de vin de marque équivalait à celui d’un mois entier de ventes de snacks dans une supérette, permettant aux propriétaires de vivre mieux que la plupart des petits commerçants.

II. Quatre menaces qui poussent les magasins de tabac dans le coin difficile ?

Les bons temps sont révolus à cause de l’action conjointe de quatre concurrents :

1. Le e-commerce réduit les écarts de prix : Les plateformes comme le live-streaming permettent aux consommateurs de connaître les prix réels des alcools, rendant les magasins de tabac inutiles (par exemple, le prix d’achat est même plus élevé que celui du e-commerce). En 2026, les ventes de vins sur Meituan pendant la promotion 618 ont augmenté de 18 fois, tandis que les magasins physiques luttent pour survivre.

2. Les snacks attirent la clientèle jeune : Les magasins de snacks se sont multipliés (40 000 en deux ans), offrant des prix plus bas de 20 % à 30 % par rapport aux détaillants traditionnels (par exemple, le Coca est à 3,9 yuans contre 5 yuans dans les supermarchés). De plus, leur décor lumineux et leurs produits tendance attirent les jeunes, éloignant les clients des magasins de tabac.

3. Les supérettes dominent le marché nocturne : Les supérettes ouvertes 24 heures sur 24 vendent des bières importées et d’autres boissons à la mode, tandis que les magasins de tabac ferment à 21 h.

4. Le commerce de détail instantané empiète : Des services comme Meituan et Ele.me livrent de l’alcool en une demi-heure, avec des rabais. Les détaillants se plaignent que les consommateurs passent directement leurs commandes en ligne, leur prenant ainsi une partie importante du marché.

III. Le « effondrement systémique » du système de distribution des alcools

Les problèmes des magasins de tabac ne sont pas isolés ; ils reflètent une transformation globale de l’industrie :

1. Réduction de l’activité industrielle : En 2025, les profits des spiritueux ont chuté de 10,93 % pour la première fois. Le marché se rétrécit, et les premiers à être touchés sont les distributeurs. Le nombre de détaillants est passé de 6 millions à 3-4 millions ; pour la plupart des alcools, le prix de vente est inférieur au prix d’achat.

2. Changement des consommateurs : Auparavant, l’achat d’alcool était fait dans le but de faire plaisir aux autres (cadeaux), tandis qu’aujourd’hui, il s’agit de se faire plaisir soi-même. Les consommateurs ne sont plus prêts à payer de surcoûts pour les canaux de distribution et recherchent toujours le meilleur prix en ligne.

3. Décentralisation des fabricants : La part des ventes directes par les fabricants est passée de 10 % à 55 %, avec iMoutai représentant 40 % des revenus. Les fabricants se connectent directement aux consommateurs grâce au numérique, transformant les détaillants en simples transporteurs ne percevant que des frais de livraison.

IV. Quelles leçons pouvons-nous tirer des modèles étrangers ?

En examinant les systèmes mondiaux de distribution des alcools, nous pouvons trouver des pistes pour les magasins de tabac en Chine :

  • États-Unis : La loi impose une distribution à trois niveaux (fabricant → distributeur → détaillant). Les distributeurs réduisent leurs coûts et améliorent leur efficacité grâce à leur taille, ce qui favorise les plus forts.
  • Europe du Nord : L’État contrôle la vente d’alcools forts et régule le nombre et l’ouverture des magasins, priorisant la santé publique (un exemple reconnu par l’OMS).
  • Japon : Les supérettes vendent des alcools courants, tandis que les spécialistes proposent des dégustations de saké et des expériences culturelles pour répondre à des besoins diversifiés.

En comparaison avec la Chine, où le nombre de magasins de tabac est le plus élevé au monde, leur efficacité est très faible (le revenu annuel moyen par magasin est inférieur à 300 000 yuans). Le problème n’est pas tant l’absence de ces modèles que leur fragmentation et leur manque d’efficacité.

V. Comment les petits magasins de tabac peuvent-ils survivre ?

Les magasins de tabac ne doivent pas disparaître, mais s’adapter aux changements. Voici quelques approches efficaces :

1. Optimiser le service à la communauté : Passer de la simple vente d’alcools au service des résidents locaux. Par exemple, un magasin de Wuhan a renouvelé son aménagement, créé des zones pratiques pour les clients et a mis en place une livraison par WeChat, augmentant ainsi le nombre de visiteurs et la répétition des achats chez les seniors.

2. Sélectionner des produits différenciés : Ne pas se concentrer sur les prix bas comme les snacks, mais proposer des produits locaux (frites de pommes de terre, œufs frais) ou des bonbons vendus en petite quantité appréciés par les aînés. Le magasin de Guizhou évite les snacks à bas prix et se concentre sur des produits uniques.

3. Se transformer en centres d’expérience : Offrir des services plutôt que juste de l’alcool, comme organiser des dégustations, proposer des alcools personnalisés pour les entreprises ou gérer des programmes de fidélité, transformant le magasin en un lieu de rencontre sociale.

4. Se regrouper en réseaux : rejoindre des chaînes comme Huazhi Jiuxing ou 1919 pour bénéficier d’une supply chain à bas prix, d’un soutien numérique et d’une image de marque renforcée. La taille du réseau permet de réduire les coûts et d’aider les magasins à s’adapter aux nouvelles règles.

Conclusion

La transformation des magasins de tabac n’est pas une dégradation, mais un retour à l’essence du commerce : répondre aux besoins des résidents locaux. L’époque où les propriétaires attendaient les clients en fumant est révolue, mais l’alcool ne disparaîtra pas ; ses modes de distribution changeront simplement (via livraison à domicile, recommandations d’experts ou suggestions personnalisées par l’intelligence artificielle). Ceux qui survivront sont ceux qui s’adapteront le mieux aux changements : ce ne seront pas les plus grands ou les plus puissants, mais ceux qui comprennent le mieux le service et les besoins des consommateurs.