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Peter Thiel s'est réfugié en Argentine pour échapper à un avenir qu'il a lui-même contribué à accélérer.

原文:彼得·蒂尔逃往阿根廷,躲避一个他亲手加速的未来

Résumé des points clés

Peter Thiel, l’un des géants de la Silicon Valley (co-fondateur de PayPal et investisseur précoce de Facebook), a récemment déménagé en Argentine. La raison officielle est d’éviter l’impôt sur la richesse californien, mais en réalité, il se crée des “issues de secours” pour l’avenir : il possède déjà la nationalité néo-zélandaise et des terres à l’étranger, et il a acheté une luxueuse maison en Argentine tout en établissant des liens avec le gouvernement de Mauricio Macri. Ironie du sort, l’Amérique qu’il fuit est celle qu’il a contribué à construire (par exemple, avec la société Palantir spécialisée dans les outils de surveillance). Le gouvernement argentin de Macri, quant à lui, attire le capital grâce à des taxes basses et à une réglementation plus laxiste, tout en promouvant un projet de “jumeau numérique de la société” utilisant l’IA. Derrière cela se cachent les contradictions de notre époque : une minorité peut choisir librement son destin (plusieurs nationalités, dispersion des richesses), tandis que la grande majorité est contrainte par des systèmes de surveillance et des algorithmes ; les puissants craignent de perdre le contrôle, mais ce sont eux qui ont créé ces outils… et les gens ordinaires n’ont même plus d’échappatoire.

Analyse détaillée

#### 1. Les “issues de secours” des puissants ne ressemblent en rien à celles des gens ordinaires

La peur de Thiel est de nature apocalyptique : il craint l’impôt sur la richesse californien, les guerres dans l’hémisphère nord et le dérapage de l’IA. Pour y faire face, il utilise des moyens extrêmes : en 2011, il a obtenu la nationalité néo-zélandaise en seulement 12 jours grâce à une autorisation spéciale du ministre, puis il a acheté 400 acres de terres avec l’intention d’y construire des abris souterrains ; en 2022, il a demandé un passeport maltais. Aujourd’hui, il vit en Argentine et envoie ses enfants à l’école. Ces “issues de secours” sont inimaginables pour la plupart des gens : si vous craignez le chômage, vous ne pouvez que réduire vos dépenses ; si vous craignez la guerre, vous devez vous cacher dans des abris anti-aériens ; si vous craignez que l’IA vous prenne votre emploi, vous devez apprendre de nouvelles compétences. La peur des puissants se traduit par un deuxième passeport ou des terres dans l’hémisphère sud, tandis que celle des gens ordinaires ne fait que provoquer de l’anxiété (insomnie nocturne). Mais la répartition des risques n’est jamais équitable.

#### 2. Fuir l’Amérique qu’il a contribué à construire

Thiel voulait “éviter la politique” : PayPal n’était pas seulement un outil de paiement, c’était aussi une “monnaie mondiale” ; Facebook n’était pas seulement une plateforme sociale, c’était un “état sur Internet”. Mais il a fini par se rendre compte qu’il ne pouvait pas y échapper, alors il a choisi de “parier sur la politique” : en 2016, il a soutenu Donald Trump et a promu son employé Eric Vance au poste de vice-président. Aujourd’hui, il fuit l’Amérique car le “Antichrist” qu’il redoute (celui qui utilise la peur pour vous priver de votre liberté) est en fait une création de sa propre main : la faible réglementation a conduit à un manque de contrôle sur les capitaux, la lutte contre la bureaucratie s’est transformée en pouvoir absolu, et l’efficacité technologique en outils de surveillance (comme Palantir). Il craint que le monde ne soit entre les mains d’une seule puissance, mais il a lui-même contribué à créer ces outils.

#### 3. Palantir : la “boule de cristal” qu’il a créée

Palantir est une société fondée par Thiel, dont le nom fait référence à la boule de cristal utilisée par Sauron dans “Le Seigneur des Anneaux” pour espionner. Aujourd’hui, le Pentagone et les services d’immigration l’utilisent : le département d’immigration a acheté son système ImmigrationOS pour traquer et expulser plus efficacement les immigrants. Pour les autorités, c’est de l’efficacité ; pour les personnes concernées, il n’y a souvent même pas d’espace pour se défendre (le système détermine leur culpabilité). Thiel peut se cacher en Argentine, mais les outils qu’il a créés surveillent les gens ordinaires dans le moindre détail : où ils vivent, combien d’argent ils dépensent, avec qui ils parlent… Tout est enregistré. Il se crée des issues de secours tout en bloquant celles des autres : voilà la “double standard” des puissants.

#### 4. L’Argentine : du “clouage de fonds” au “banc de sécurité pour le capital”… Mais à quoi joue Macri ?

L’Argentine était autrefois réputée pour son contrôle strict sur les finances : en 2001, elle a gelé les comptes des citoyens, transformant leurs dépôts en pesos dévalués. Aujourd’hui, Macri réduit les dépenses gouvernementales et attire le capital avec des taxes basses et une réglementation plus laxiste, se présentant comme un “banc de sécurité pour le capital”. Mais le capital n’est pas généreux : l’argent attiré par Macri suit ses propres règles (celui qui gagne a toujours raison). L’Argentine a autrefois enfermé les ressources nationales ; maintenant, elle invite des investisseurs étrangers… Est-ce que cela ne mènera pas à un nouveau système où une minorité profite et la majorité souffre ?

#### 5. Le “jumeau numérique de la société” : transformer les gens en points de données… Mais qu’en est-il des exceptions ?

L’Argentine développe un projet de “jumeau numérique de la société”, utilisant l’IA pour modéliser toute la société. Cependant, le modèle ne reconnaît que les données, pas les exceptions : un enfant qui abandonne l’école peut être malade, un chômage peut être dû à la disparition d’une industrie… Ces facteurs humains ne sont pas pris en compte par le système. Les gens deviennent ainsi des “points de données” : si l’algorithme décide qu’ils ont besoin d’aide, ils en reçoivent ; sinon, ils sont surveillés. C’est comme le porc décrit par Wang Xiaobo : on lui organise son alimentation, son sommeil et sa mort… Mais les gens ordinaires, où peuvent-ils vraiment s’échapper ? Le modèle argentin risque de transformer les humains en “porcs incapables de fuir”.

Conclusion

Thiel joue ses pièces en Argentine, mais ses choix affectent les systèmes et le destin des gens ordinaires. Macri utilise ces systèmes pour prendre des décisions au nom de tous… Et la petite fille qui joue avec lui découvrira peut-être un jour que son loyer, sa maladie ou ses problèmes sont simplement des éléments d’un jeu conçu par d’autres. L’avenir n’est pas inévitable… Mais il faut se demander : est-il réservé aux puissants qui ont des issues de secours, ou aux gens ordinaires qui n’en ont pas ?