Résumé des points clés
Le gouvernement Trump a récemment entamé une nouvelle enquête au titre de la clause 301 contre le Vietnam, en se concentrant sur les questions de protection de la propriété intellectuelle. Ce n’est pas un hasard : le Vietnam avait déjà été classé par les États-Unis comme l’un des “pays étrangers clés (PFC)” les plus stricts en matière de propriété intellectuelle. De plus, l’excédent commercial du Vietnam avec les États-Unis a connu une forte augmentation (46,9 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois de cette année, soit une hausse de 24,4 %), ce qui incite les États-Unis à chercher à réduire cet excédent et à exercer des pressions. L’enquête pourrait entraîner l’imposition de droits de douane et enverrait également un signal : les États-Unis continueront d’utiliser la clause 301 contre d’autres pays (comme l’Inde et l’Indonésie). Les entreprises chinoises doivent donc être vigilantes face aux risques liés à leurs chaînes d’approvisionnement et ne peuvent plus compter uniquement sur le déplacement en Asie du Sud-Est pour se prémunir contre ces mesures.
I. Cette enquête au titre de la clause 301 n’est pas arrivée par hasard, elle était préparée
La clause 301 est un outil utilisé par les États-Unis pour détecter des pratiques commerciales injustes chez d’autres pays. L’élément déclencheur direct de cette enquête a été le rapport spécial 2026 publié en avril, qui a classé le Vietnam dans la catégorie des “pays étrangers clés (PFC)”, ce qui équivaut à une liste noire au niveau de la propriété intellectuelle. La dernière fois qu’un pays a été ainsi classé, c’était il y a 13 ans. Les États-Unis affirment que le Vietnam n’a pas résolu ses problèmes de propriété intellectuelle depuis des années, et ont donc entamé l’enquête conformément à la procédure. En d’autres termes, ils ont d’abord attribué au Vietnam le pire étiquetage possible avant de lancer une enquête formelle.
II. Pourquoi le Vietnam a-t-il été choisi ? Un excédent commercial trop élevé et des problèmes de propriété intellectuelle
Les États-Unis ont deux raisons principales pour s’en prendre au Vietnam :
1. Excédent commercial trop élevé : Le Vietnam vend aux États-Unis bien plus qu’il n’achète (excédent de 46,9 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois). Le gouvernement Trump cherche à réduire cet excédent commercial, ce qui constitue une motivation économique directe.
2. Problèmes de propriété intellectuelle : Les États-Unis estiment que le Vietnam échoue dans cinq domaines : la lutte contre le piratage en ligne, le faible nombre d’arrestations pour produits contrefaçons, l’inattention dans le contrôle des marchandises à la frontière, l’utilisation de logiciels piratés par les entreprises, et l’absence de sanctions pénales pour le piratage des signaux satellitaires. Ils considèrent que ces problèmes reflètent des failles systémiques qui n’ont pas été corrigées au fil des ans.
III. L’enquête entraînera-t-elle l’imposition de droits de douane ? C’est très probable, et le Vietnam sera sous pression
Le gouvernement Trump a déjà utilisé à plusieurs reprises la clause 301 comme prélude à l’imposition de droits de douane. Selon les experts, il est fort probable que des droits de douane soient imposés après cette enquête. Si on ajoute aux droits de douane existants (au titre de la clause 232, relatives à la sécurité nationale), le coût des produits vietnamiens sur le marché américain pourrait devenir comparable à celui des produits locaux, ce qui aurait un impact négatif direct sur les exportations vietnamiennes. Bien que le Vietnam ait déclaré qu’il souhaitait négocier une solution, les États-Unis ont déjà commencé à recueillir les opinions du public (jusqu’au 2 juillet) et des mesures concrètes pourraient être prises prochainement.
IV. D’autres pays doivent faire attention ! L’Inde et l’Indonésie pourraient devenir les prochains cibles
L’affaire du Vietnam sert d’exemple : les États-Unis ne se contentent pas de critiques verbales dans le cadre du rapport spécial 301, mais mettent réellement en œuvre des actions légales. Des pays tels que l’Inde et l’Indonésie figurent actuellement sur la liste des cibles potentielles. Si ces pays ne résolvent pas leurs problèmes de propriété intellectuelle à long terme, ils pourraient être classés comme “pays étrangers clés” et faire l’objet d’enquêtes au titre de la clause 301. Les experts prévoient que les États-Unis continueront d’utiliser cette approche dans les prochaines années, mais ne cibleront probablement pas plusieurs pays en même temps. L’Inde et l’Indonésie sont considérées comme les prochaines cibles possibles.
V. Les entreprises chinoises doivent se méfier ! Il est nécessaire de prêter attention aux chaînes d’approvisionnement et à la conformité
De nombreuses entreprises chinoises ont envisagé de se déplacer en Asie du Sud-Est pour se prémunir contre les risques commerciaux, mais l’affaire du Vietnam montre que cette stratégie n’est plus sûre : même ces pays tiers peuvent être ciblés par les États-Unis. Les experts donnent trois conseils aux entreprises chinoises :
1. Ne pas se reposer sur une seule chaîne d’approvisionnement : Il ne faut pas dépendre d’un seul pays pour la production ou d’un seul marché, car cela augmente les risques.
2. Prêter attention à la conformité en matière de propriété intellectuelle : Les États-Unis accordent de plus en plus d’importance à ce sujet, et les entreprises doivent veiller à respecter les règles pour éviter de se faire piéger.
3. Réduire leur dépendance à un seul marché : Il ne faut pas se concentrer uniquement sur le marché américain et développer d’autres marchés pour diversifier leurs risques.
En somme, les entreprises doivent devenir plus prudentes : il est essentiel de diversifier leurs chaînes d’approvisionnement, de s’assurer de la conformité aux règles et de disperser leurs activités commerciales pour éviter d’être touchées par les mesures commerciales américaines.
Cette nouvelle met en évidence le fait que la pression commerciale exercée par les États-Unis n’est pas ciblée sur un seul pays, mais constitue une approche réplicable. Tous les pays ayant des transactions commerciales avec les États-Unis doivent être vigilants, et les entreprises chinoises doivent se préparer en conséquence.