Résumé des principaux points
La population japonaise connaît la plus forte baisse de son siècle, avec une diminution de 3,097 millions en 5 ans, soit un taux annuel moyen de baisse qui est passé de 0,15 % à 0,5 %. Sur le plan géographique, toutes les régions ont connu une baisse, à l'exception de Tokyo et d'Okinawa ; même les zones avoisinantes de la capitale (Saitama, Chiba) enregistrent pour la première fois un recul. La structure familiale se caractérise par une augmentation du nombre de personnes âgées vivant seules, entraînant un chiffre moyen de membres par foyer au plus bas niveau de l'histoire. Les gouvernements locaux prétendent s'attaquer au problème démographique, mais augmentent pourtant considérablement les frais de visa pour les étrangers, ce qui est contraire à la nécessité de recruter de la main-d'œuvre.
I. La baisse démographique s'accélère
Les données du recensement sont vraiment préoccupantes : en 2025, la population totale sera de 123 millions, soit une diminution de 3,097 millions par rapport à 2020, pour un taux de baisse de 2,5 %, le plus important jamais enregistré. Le plus inquiétant est la vitesse de cette baisse : alors qu'auparavant elle était de 0,15 % par an, elle a soudainement grimpé à 0,5 %, ce qui correspond à une perte annuelle de plus de 600 000 personnes. Par rapport au pic de 128 millions enregistré en 2010, la population a déjà diminué de 5 millions en 15 ans, soit l'équivalent de celle d'une ville de taille moyenne. La raison principale de cette baisse réside dans le fait qu'il y a plus de personnes âgées et moins d'enfants : les jeunes ont tendance à ne pas avoir d'enfants, et le taux de mortalité des personnes âgées est supérieur au taux de naissance.
II. Même la région métropolitaine de Tokyo ne parvient plus à retenir les habitants
Auparavant, on pensait que les zones avoisinantes de Tokyo étaient très attractives pour les jeunes, mais les données récentes contredisent cette idée : toutes les régions, à l'exception de la métropole de Tokyo et de l'île d'Okinawa, connaissent une baisse de population. Par exemple, le préfecture d'Akita a vu sa population diminuer de 8,1 % en 5 ans (de 960 000 à 880 000 habitants), et les think tanks prévoient qu'elle pourrait descendre en dessous de 600 000 d'ici 2050. Plus surprenant encore, les préfectures de Saitama et Chiba, dans la région métropolitaine de Tokyo, enregistrent pour la première fois une baisse de population depuis le recensement de 1920. Même les régions industrielles sont touchées : la ville de Yokohama (siège de Nissan et Mitsubishi) connaît une baisse de population après 78 ans, tout comme la préfecture d'Aichi, où se trouve le siège de Toyota, ce qui montre que les jeunes ne sont plus attirés par l'industrie.
III. De plus en plus de personnes âgées vivent seules, les familles devenant plus petites
Bien que la population totale diminue, le nombre de foyers a augmenté de 2,3 %, atteignant 57,12 millions. Comment est-ce possible ? Cela s'explique par l'augmentation des « petits foyers », notamment ceux où les personnes âgées vivent seules. Selon les données, il y a déjà 8,553 millions de foyers composés uniquement de personnes âgées de plus de 65 ans, ce qui représente 15 % du total des foyers ; on estime que ce chiffre atteindra 10,84 millions d'ici 2050, soit près de la moitié des foyers monopersonnels. Le nombre moyen de membres par foyer n'est que de 2,15 personnes, ce qui correspond à un couple sans enfant. Cette tendance reflète l'aggravation du vieillissement de la population : actuellement, les personnes âgées de plus de 65 ans représentent 29,4 % de la population japonaise, et ce chiffre pourrait atteindre 37,1 % en 2050, soit environ une personne sur trois. La pression liée aux soins pour les personnes âgées augmentera considérablement.
IV. Le gouvernement prétend s'attaquer au problème démographique, mais ses actions repoussent les habitants
Le Premier ministre Kōichi Takahashi qualifie la baisse de population de « premier défi majeur », mais ses actions sont peu compréhensibles. Par exemple, le ministre responsable des questions démographiques est également chargé de dossiers tels que les conflits territoriaux et la sécurité alimentaire, ce qui lui laisse peu de temps pour se concentrer sur cette question. De plus, alors qu'il y a un manque de main-d'œuvre, les frais de renouvellement des visas pour les étrangers ont été considérablement augmentés : le coût du permis de résidence permanente est passé de 10 000 yens (environ 428 yuans) à 200 000 yens (environ 8 550 yuans), soit une augmentation de 19 fois ! Actuellement, le Japon compte 4 millions d'étrangers, principalement dans des secteurs tels que l'industrie, la restauration et l'informatique où il y a un manque de main-d'œuvre. Augmenter ces frais équivaut à repousser ceux qui souhaitent s'installer au Japon. Alors que d'autres pays s'efforcent d'attirer des talents, le Japon agit dans le sens contraire, ce qui risque de nuire à sa compétitivité industrielle à l'avenir.
En résumé
Le problème démographique au Japon est passé d'une baisse lente à une baisse rapide, affectant tous les aspects de la société : les régions, les familles et l'économie. Si le gouvernement ne met pas en place des mesures efficaces pour attirer les jeunes et retenir les étrangers, les problèmes futures seront encore plus graves : les régions pourraient se trouver dépeuplées, les industries manqueront de main-d'œuvre, et la pression liée aux soins pour les personnes âgées pourrait écraser la société. Ces données constituent un avertissement pour le Japon, mais il reste à voir si les politiques adoptées seront suffisantes pour remédier à la situation.