Résumé des points clés
Récemment, la divulgation d’une lettre mettant en évidence les difficultés des entreprises chinoises dans leur activité commerciale en Indonésie a suscité un vif débat, et des parlementaires indonésiens ont appelé le gouvernement à appliquer la loi de manière équitable. Xu Longchuan, entrepreneur d’origine chinoise en Indonésie surnommé le “père de l’immobilier industriel”, a déclaré dans une interview qu’il comprenait les inquiétudes des entreprises chinoises face aux changements de politiques (en particulier dans le secteur minier), mais que les canaux de dialogue étaient ouverts. Il a souligné que les investissements chinois devraient se concentrer sur des régions sûres et des partenaires locaux fiables, et que l’Indonésie devrait renforcer la communication avec le monde des affaires. Il a conseillé aux entreprises chinoises de ne pas retirer leurs investissements en raison de fluctuations à court terme (pour éviter de reproduire les erreurs du Japon) et plutôt de se concentrer sur l’industrie manufacturière. À l’avenir, la coopération pourrait se développer dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et la santé, tout en accordant de l’importance à la formation de talents locaux et à l’adaptation culturelle. Les relations économiques et commerciales entre la Chine et l’Indonésie sont étroites : la Chine est le plus grand partenaire commercial et la principale source d’investissements étrangers de l’Indonésie, avec des entreprises chinoises présentes dans des secteurs tels que le nickel et les infrastructures.
Analyse détaillée
1. Les entreprises chinoises en Indonésie : des réalisations remarquables, mais de nombreux défis
La Chine est le principal partenaire commercial de l’Indonésie, avec un volume de commerce bilatéral de 167,4 milliards de dollars en 2025. Les entreprises chinoises ont contribué à faire de l’Indonésie le plus grand producteur mondial de nickel pour les batteries en acier inoxydable et les véhicules électriques grâce aux ressources minières locales. Elles sont également actives dans le traitement de bauxite et la fabrication de panneaux solaires, avec le projet de train à grande vitesse Jakarta-Bandung comme projet emblématique. Cependant, les changements récents dans la politique minière ont créé des problèmes : les quotas d’extraction de nickel ont été réduits de 379 millions de tonnes humides à 260-270 millions de tonnes, augmentant ainsi les coûts des matières premières. De plus, le calcul du prix de référence a été modifié, ce qui implique des dépenses supplémentaires pour les métaux associés (cobalt, fer, etc.) auparavant gratuits.
2. Guide pour éviter les erreurs : choisir les bons parcs industriels et partenaires
Xu Longchuan conseille aux entreprises chinoises d’investir en Indonésie en choisissant les bonnes régions et les bons partenaires. Son groupe Jababeka gère trois zones économiques nationales (comme le parc industriel de Kendal), qui offrent des modèles de gestion matures et aident les entreprises à éviter les changements de politiques fréquents. Par exemple, de nombreuses entreprises chinoises de batteries se sont installées dans la zone de Kendal, et des centaines d’hectares de terrains ont déjà été réservés pour 2027. Ces zones sont soutenues par le gouvernement indonésien, offrant un environnement commercial plus stable et une meilleure connectivité avec les ressources locales.
3. L’Indonésie veut “s’améliorer” : les entreprises chinoises doivent s’engager et non se retirer
Les changements de politique visent à encourager les investissements étrangers à passer de l’extraction de matières premières à la production de produits finis (comme des batteries en acier inoxydable), afin de développer l’économie locale. Xu Longchuan rappelle que les entreprises chinoises ne doivent pas suivre l’exemple des entreprises japonaises pendant la crise financière de 1998, qui ont retiré leurs investissements avant que les entreprises coréennes n’interviennent, renforçant ainsi leur influence dans le secteur industriel indonésien. Il conseille aux entreprises disposant de fonds et de débouchés de poursuivre leurs investissements, en particulier dans des industries telles que la fabrication de batteries.
4. De nombreuses opportunités dans de nouveaux domaines : AI, semi-conducteurs et santé
En plus des secteurs miniers et des infrastructures traditionnels, Xu Longchuan est optimiste quant à plusieurs nouveaux domaines :
- Intelligence artificielle et semi-conducteurs : L’Indonésie a un besoin croissant de centres de données et de semi-conducteurs. La technologie chinoise évolue rapidement, permettant une mise en œuvre efficace des solutions à bas coût.
- Santé : L’Indonésie importe beaucoup d’équipements médicaux et de médicaments ; les entreprises chinoises pourraient combler ce manque.
- Textile : C’est également un secteur très attractif pour les investissements chinois.
5. Investir en Indonésie nécessite une approche pragmatique : comprendre les règles et la culture
Xu Longchuan souligne que le marché indonésien est prometteur, mais présente des défis (telles que des infrastructures insuffisantes et un manque de compétences chez les travailleurs). Les entreprises doivent se familiariser avec la langue locale, les règles commerciales et les coutumes culturelles avant d’investir. Il met également l’accent sur la formation des talents : son université présidentielle en Indonésie a formé plus de 2000 étudiants chinois, qui jouent un rôle clé dans la coopération entre les deux pays. Il souhaite financer l’éducation de 1000 étudiants chinois chaque année pour renforcer la compréhension mutuelle et réduire les coûts de coopération.
Cette analyse explique clairement la situation actuelle des entreprises chinoises en Indonésie, ainsi que les opportunités et les conseils à suivre, afin que le public puisse comprendre les enjeux de la coopération économique entre la Chine et l’Indonésie.