虎嗅

**Titre français :** Une réponse inattendue : l’IA d’aujourd’hui, c’est l’électricité de 1882

原文:出人意料的答案,今天的AI,就是1882年的电

Résumé du contenu principal

L’idée centrale de cet article est la suivante : La révolution de l’IA n’est pas un “cas particulier” comme celui d’Internet, mais plutôt le retour à la “normale” des révolutions technologiques traditionnelles telles que les chemins de fer et l’électrification – il faut d’abord investir dans les infrastructures pour résoudre les contraintes matérielles, puis attendre que les applications explosent en nombre. De plus, l’IA deviendra, tout comme l’électricité en tant qu’“interface universelle de l’énergie”, une “interface universelle de l’intelligence”, transformant radicalement les modes de production et d’organisation sociale. Nous sommes encore à un stade précoce de la construction des infrastructures, et les véritables géants du secteur n’ont peut-être pas encore vu le jour.

Analyse détaillée

#### 1. Pourquoi l’IA est-elle différente d’Internet ? – L’un se concentre sur le matériel, l’autre sur les applications

Internet a été une “révolution des scénarios” : il a déplacé les besoins existants en ligne (achats, conversations, lecture de nouvelles), et les utilisateurs ont appris rapidement à s’en servir. De plus, le coût marginal des plateformes était presque nul (ajouter un utilisateur ne coûtait presque rien), ce qui a permis aux applications (comme Taobao ou WeChat) d’exploser en nombre et aux entreprises de gagner de l’argent rapidement.

L’IA, quant à elle, est une “révolution des forces productives” : les scénarios restent les mêmes (rédaction d’articles, service client, programmation), mais les capacités ont considérablement augmenté (par exemple, l’IA peut écrire du code 10 fois plus vite qu’un humain). Cependant, les anciennes chaînes industrielles (comme la production de GPU ou l’électricité des data centers) ne suivent pas ce rythme, il faut donc d’abord résoudre les contraintes matérielles (des GPU aux serveurs, en passant par la mémoire HBM et les liaisons de haute vitesse). Ce sont ces problèmes qui constituent le cœur des investissements ; celui qui les résout gagnera beaucoup d’argent.

En bref : Internet était comme “construire une route avant de faire courir les voitures” (la route existait déjà en partie), tandis que l’IA est comme “construire la route à partir de zéro”.

#### 2. La norme des révolutions technologiques : construire d’abord les outils, puis exploiter les ressources

En regardant les révolutions technologiques des 200 dernières années (chemins de fer, électrification, automobile), les premiers gagnants n’étaient pas les entreprises qui ont développé les applications finales, mais plutôt celles qui ont créé les infrastructures et les outils nécessaires :

  • Révolution des chemins de fer : ce n’étaient pas les compagnies ferroviaires qui gagnaient de l’argent, mais les industries du fer, du charbon et des équipements mécaniques (néscessaires à la construction des chemins de fer) – que les chemins de fer soient rentables ou non, il fallait acheter des rails et brûler du charbon.
  • Révolution de l’électrification : ce n’étaient pas les réfrigérateurs ou les climatiseurs qui ont gagné de l’argent, mais les centrales électriques, les réseaux de distribution et les équipements électriques (comme GE) qui se sont imposés en premier – tout le monde savait que l’électricité était importante, mais personne ne savait comment l’utiliser ; il fallait d’abord construire les infrastructures.

Internet est un cas particulier : avant 1995, les États-Unis disposaient déjà d’une réseau téléphonique, de fibres optiques et de serveurs PC, ce qui a permis à Internet de se développer rapidement sur ces bases existantes. L’IA, en revanche, ne dispose pas d’infrastructures prêtes à l’emploi, il faut donc revenir à la norme consistant à construire les outils nécessaires avant de développer les applications.

#### 3. Les leçons de l’électrification pour l’IA : l’interface universelle est essentielle

La grande force de l’électricité ne réside pas dans le fait qu’elle soit une nouvelle source d’énergie, mais dans le fait qu’elle constitue une interface universelle de l’énergie :

  • L’électricité peut être transmise (des centrales aux foyers), transformée (en lumière, chaleur, mouvement mécanique) et contrôlée (avec des interrupteurs). Par exemple, les réfrigérateurs à vapeur existaient déjà, mais ce n’est que lorsque les réfrigérateurs électriques sont devenus plus efficaces qu’ils se sont généralisés ; avant l’électricité, les usines à vapeur devaient organiser leurs machines autour des moteurs à vapeur, tandis qu’avec l’électricité, chaque machine pouvait disposer d’un moteur indépendant, permettant l’utilisation de chaînes de production.

L’IA fait exactement la même chose : elle devient une interface universelle de l’intelligence :

  • Auparavant, les tâches intellectuelles (programmation, diagnostic, analyse) dépendaient des humains (nécéssitant 16 ans d’éducation et de formation), elles ne pouvaient pas être standardisées ni stockées (les compétences s’effaçaient avec le départ des employés). L’IA transforme ces tâches en services standardisés (comme des API), disponibles 24h/7, permettant aux petites entreprises d’accéder à des capacités intellectuelles de pointe, tout comme chaque foyer peut utiliser de l’électricité.

#### 4. L’avenir de l’IA : plus que des applications de conversation, c’est une “grande transformation sociale”

Beaucoup pensent que les applications de l’IA se limitent aux conversations ou à la programmation, mais ce n’est qu’un stade initial, tout comme au début de l’électricité, on ne connaissait que l’utilisation des lampes électriques. L’impact réel de l’IA sera de transformer les modes de production et d’organisation sociale :

  • Dans l’ère du steam, les usines étaient organisées autour des moteurs à vapeur ; avec l’électrification, elles sont devenues des chaînes de production. À l’ère de l’IA, les entreprises pourraient ne plus dépendre d’un grand nombre d’employés hautement qualifiés, mais utiliser des interfaces IA pour accéder à des services intelligents, modifiant ainsi complètement leur structure organisationnelle.
  • L’IA pourrait même remettre en question les trois éléments fondamentaux de la production (travailleurs, outils, objets) : l’IA est-elle un simple outil ou un “travailleur virtuel” ? Cela redéfinira le travail et la structure sociale.

Les applications actuelles d’IA (comme ChatGPT) sont encore au stade des “appareils ménagers” ; les véritables géants du secteur seront ceux qui utiliseront l’IA pour transformer整个 industries – et ils n’ont peut-être pas encore vu le jour.

Conclusion

L’IA est aujourd’hui comme l’électricité en 1880 : tout le monde sait qu’elle changera le monde, mais on est encore occupé à construire des centrales électriques et des réseaux de distribution. Les véritables applications révolutionnaires (celles qui transformeront les industries) ne sont pas encore là. Lorsque vous investissez dans l’IA, ne cherchez pas immédiatement des applications ; concentrez-vous plutôt sur ceux qui peuvent résoudre les contraintes infrastructurelles – c’est la norme des révolutions technologiques.