Résumé des points clés
L’auteure de cet article était auparavant une conseillère en études à l’étranger expérimentée en Chine, qui a longtemps aidé les étudiants à postuler dans les meilleures universités. Cependant, elle a progressivement constaté que le système d’orientation scolaire national se concentre de manière excessive sur des indicateurs tangibles tels que le GPA et le SAT, réduisant les élèves à de simples listes de critères à remplir pour les candidatures. Par la suite, elle a obtenu une maîtrise en conseil scolaire à l’Université de Virginie aux États-Unis et a effectué un stage dans un lycée local, où elle a pu expérimenter personnellement le concept d’éducation globale américaine. Cette approche accorde non seulement de l’importance aux résultats académiques, mais aussi à la croissance complète des élèves sur les plans académique, émotionnel et professionnel, ce qui l’a amenée à réfléchir au fait que la valeur de l’individu est parfois négligée au profit des résultats.
I. L’orientation scolaire en Chine : Réduction des élèves en une liste d’indicateurs
En tant que conseillère en études à l’étranger, son objectif principal était d’aider les étudiants à obtenir des offres d’universités prestigieuses. Les discussions quotidiennes portaient sur le GPA, les scores du SAT, la participation à des compétitions ou des activités de recherche scientifique, ainsi que l’efficacité des documents de candidature. Les élèves étaient considérés comme des “produits” à mettre en valeur, et tous les efforts se concentraient sur ces indicateurs quantifiables. Même lorsqu’elle tentait d’évoquer leurs intérêts ou leur personnalité, elle était souvent interrompue par la concurrence féroce ; après tout, les résultats étaient considérés comme prioritaires, rendant ces aspects “non quantifiables” superflus.
L’auteure donne un exemple : même avec des étudiants avec qui elle collaborait depuis longtemps, il ne lui était possible de discuter de sujets personnels que pendant les périodes hors saison de candidature, et ces moments devenaient de plus en plus rares. Ce phénomène reflète l’anxiété générale dans le secteur : les parents veulent des résultats concrets, les institutions cherchent des performances, et les conseillers ne peuvent se concentrer que sur les chiffres, oubliant parfois que les élèves sont des personnes à part entière.
II. Les conseillers scolaires aux États-Unis : Sortir du bureau pour devenir des “détectives des détails”
Lors de son stage dans un lycée américain, elle a constaté que le travail des conseillers était complètement différent. Ils ne pouvaient pas rester assis dans leur bureau en attendant les élèves ; ils devaient se rendre sur place pour observer leur comportement : qui ne souriait pas aujourd’hui, qui était en retard, qui mangeait seul… Ils communiquaient également avec les enseignants et les parents pour comprendre les changements dans l’état émotionnel des élèves. Par exemple, un mentor l’a emmenée rencontrer différents professionnels du lycée pendant toute une journée : des conseillers pour différentes années scolaires, des enseignants de soutien familial, des spécialistes en santé mentale, des conseillers en orientation professionnelle… Ces personnes formaient ensemble un réseau de soutien au développement de l’élève. La compétence principale des conseillers n’était pas la connaissance des procédures de candidature, mais plutôt leur capacité d’observation et leur empathie. Lors des entretiens, il arrivait même qu’on utilise des tests de situation d’une durée de 5 heures pour évaluer leur capacité à comprendre les élèves dans leurs détails.
L’auteure a enfin compris que l’éducation n’est pas seulement une question de résolution de problèmes de candidature, mais plutôt une question de reconnaissance de la personne elle-même.
III. L’orientation scolaire : Une partie inférieure du processus de croissance “tridimensionnelle”
L’Association américaine des conseillers scolaires (ASCA) définit trois axes principaux pour le travail des conseillers : le développement académique, le développement social et émotionnel, et le développement professionnel. L’orientation scolaire n’est donc qu’une partie de ce processus plus large de croissance à long terme :
- Au niveau primaire, il s’agit d’apprendre aux enfants à exprimer leurs émotions et à interagir avec leurs pairs (par exemple, à gérer les conflits) ;
- Au niveau secondaire, il s’agit d’aider les adolescents à gérer leur identité et la pression académique ;
- Au niveau lycéen, bien que l’on guide les choix de cours et les candidatures universitaires, il est encore plus important de prendre soin de leur santé mentale : en cas de stress lié aux candidatures, on commence par aider l’élève à se calmer avant de discuter des écoles.
En somme, les conseillers américains s’occupent non pas de simples candidats, mais de personnes en plein développement. Ils se soucient de savoir comment l’élève se sent actuellement, et non seulement de savoir dans quelle université il pourra aller à l’avenir.
IV. Réflexion : Ne laissons pas les résultats entraver la croissance des individus
Après son stage, l’auteure a réalisé à quel point le système d’orientation scolaire en Chine était obsédé par les résultats. De nombreuses institutions et écoles sont dominées par des objectifs chiffrés au détriment de l’attention portée aux élèves. Elle mentionne même que certaines écoles ont perdu leur concept d’éducation globale, et les parents doivent maintenant chercher des services spécifiques pour l’orientation scolaire, ce qui est en soi une inversion des priorités.
Elle se souvient des mots d’un étudiant : “J’espère que les conseillers nous aideront à comprendre la véritable signification de l’université, et non seulement à nous concentrer sur les procédures de candidature.” Ces paroles lui ont fait prendre conscience que l’orientation scolaire n’est qu’un étape dans la vie d’une personne ; ce qui est vraiment important, c’est que l’enfant devienne une personne saine, équilibrée et capable de penser de manière indépendante. Comme elle l’a ressenti lors de sa première visite à l’Université de Virginie : les chiffres ne sont que des résultats, tandis que la croissance humaine est ce qui importe vraiment.
En somme, l’éducation n’est pas une question d’obtenir des offres d’université, mais de former des individus. Le système d’orientation scolaire en Chine doit redéfinir sa place pour mettre en avant les besoins réels des élèves et éviter que les indicateurs tangibles ne masquent leurs véritables aspirations.