虎嗅

Cette promotion d'étudiants universitaires a vécu ses années de fac comme si elles étaient des dernières années du lycée (troisième année de terminale).

原文:这届大学生,把大学过成了高三

Résumé des points clés

Cet article porte essentiellement sur le phénomène de la compétition acharnée pour les notes (GPA) chez les étudiants universitaires contemporains : dès leur entrée à l’université, ces derniers considèrent leur GPA comme une question vitale, se battant farouchement pour obtenir des bourses d’études supérieures, partir à l’étranger ou trouver un emploi. Derrière cela se cachent de l’anxiété quant à l’avenir, une habitude de la culture scolaire du lycée axée sur les examens et la pression familiale. Plus tard, la compétition s’est étendue aux évaluations globales des compétences (comprehensive evaluations), forçant les étudiants à devenir des “combattants polyvalents”. Bien que certains cherchent à résister à l’“optimisme des bonnes notes”, la plupart, manquant de confiance en eux-mêmes, continuent de se battre, leur vie semblant s’arrêter à jamais au niveau de la terminale.

Analyse détaillée

1. Pourquoi le GPA est-il devenu si important pour les étudiants universitaires ?

Le GPA n’est pas une notion propre à la Chine, mais il y est considéré comme plus précieux que tout autre critère dans les établissements d’enseignement supérieur. Lors des bourses d’études supérieures, une différence de 0,001 point peut signifier la perte du droit d’y être sélectionné. Pour étudier à l’étranger, un faible GPA peut empêcher les universités de renommée internationale de même s’intéresser aux candidats chinois. Lors de la recherche d’un emploi dans des entreprises d’État ou privées, un classement bas du GPA peut directement entraîner l’élimination par des systèmes automatisés. Les bourses et les récompenses sont également principalement réservées aux meilleurs étudiants de leur spécialité. Bien que les étudiants proclament “Vive le passage”, ils se battent en secret pour obtenir de bonnes notes : ils choisissent des cours faciles (où les professeurs attribuent de hautes notes et où il y a peu de devoirs), s’assoient aux premiers rangs en classe pour mieux comprendre le contenu, achètent à prix d’or des questions d’examen des années précédentes, et remplissent leurs dissertations jusqu’à des milliers de mots, voire sollicitent des notes plus élevées auprès des professeurs. Après tout, le GPA détermine directement le point de départ de leur vie future, et personne n’ose prendre cela à la légère.

2. Derrière la compétition pour les notes : l’anxiété et l’inertie

Pourquoi les étudiants sont-ils si obsédés par leurs notes ? La racine de ce phénomène réside dans une anxiété face à un avenir incertain. Avoir obtenu son diplôme universitaire ne garantit pas automatiquement un bon emploi, et la planification de la vie ressemble à des feuilles de papier déchirées par une machine. Le GPA est devenu l’un des rares éléments sur lesquels on peut s’appuyer pour se sentir en sécurité. Une étude de l’Université financière du Sud-Ouest montre que pour chaque point supplémentaire de GPA, le salaire de départ peut augmenter de près de 30 %. Deux autres facteurs jouent un rôle : d’une part, l’inertie issue de la culture scolaire du lycée, où l’on considère que réussir signifie être meilleur que les autres ; d’autre part, la pression familiale, avec des années d’investissement éducatif des parents qui pèsent comme un fardeau. Comme l’a dit l’anthropologue Xiang Biao, les Chinois agissent comme des colibris battant des ailes, juste pour “flotter” dans les airs ; les étudiants universitaires n’osent pas se détendre ne serait-ce qu’un instant.

3. Après la compétition pour les notes, la compétition s’étend aux évaluations globales

Lorsque la pression sur le GPA a atteint un niveau élevé, les universités ont introduit des évaluations complètes des compétences, transformant la compétition d’un seul domaine en une lutte multidisciplinaire. Que ce soit dans les universités de premier plan ou dans les établissements ordinaires, ces évaluations comprennent inévitablement quatre éléments : le travail social (pour devenir des cadres), les compétitions académiques, les activités artistiques et sportives, ainsi que le bénévolat et l’obtention de brevets. Les étudiants sont contraints de s’engager dans de multiples activités : rédiger des dissertations, effectuer des stages, participer à des projets sociaux, passer des examens tels que le CET-4 ou le CET-6, assister à des conférences, et même s’impliquer dans des activités artistiques et sportives. Tout cela est présenté comme un développement global, mais en réalité, il s’agit simplement d’étendre le champ de la compétition. Personne ne comprend vraiment l’importance réelle de ces activités, mais pour ne pas être distancés, ils doivent s’y investir.

4. Vouloir résister à cette pression ? Ce n’est pas si simple… La plupart des étudiants doivent continuer

Certains étudiants cherchent à échapper à cet optimisme des bonnes notes : ils choisissent de se faire des amis, de pratiquer des sports, de lire des livres ou même de prendre du temps pour se détendre. Cependant, résister semble être un privilège réservé aux meilleurs, ceux qui sont premiers dans leur spécialité et qui sortent d’universités prestigieuses. Pour la plupart des autres, il n’y a ni moyen de “quitter le jeu” ni autre choix que de continuer à accumuler des points pour obtenir leur “billet d’entrée”. Pendant leurs études, ils se battent pour leurs notes ; une fois dans le monde professionnel, ils doivent atteindre des objectifs chiffrés (KPI). La vie ressemble à un examen sans fin : ils ne peuvent s’empêcher de jeter un coup d’œil aux progrès des autres et attendent le jugement des résultats. Même après avoir réussi l’examen d’entrée à l’université, ils continuent de vivre comme s’ils étaient encore en terminale.

Cet article touche de nombreux points douloureux pour les étudiants : la compétition pour les notes n’est pas un choix volontaire, mais plutôt le résultat des contraintes du réel. Cependant, il nous rappelle également que la vie ne se mesure pas uniquement par les notes. Parfois, prendre un moment pour observer les fleurs autour de nous peut être plus significatif que de gagner une première place dans un concours de floriculture.