Résumé des points clés
Ce journaliste se concentre sur deux problèmes majeurs : la baisse continue du nombre de candidats au baccalauréat et l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur l’emploi. D’une part, la diminution significative de la natalité pourrait entraîner une réduction de moitié des inscriptions dans les universités au cours des 18 prochaines années, menant potentiellement à la fermeture d’un demi-millier d’établissements et affectant largement le corps enseignant. D’autre part, l’essor de l’IA et des industries naissantes (comme ChangXin Technology) provoque des licenciements dans les secteurs traditionnels, modifiant la structure de l’emploi vers des postes à haute valeur ajoutée et en faible quantité. Cela oblige l’enseignement supérieur à passer d’une approche axée sur la formation professionnelle à une formation visant le développement des compétences, tout en s’ouvrant comme plateforme innovante et collaborative.
1. La baisse du nombre de candidats au baccalauréat : la natalité a-t-elle diminué de moitié, et un demi-millier d’universités pourraient-elles fermer ?
Le nombre d’inscriptions au baccalauréat cette année est de 12,9 millions, en baisse pour la deuxième année consécutive. Le chiffre clé est que la plupart des candidats sont nés en 2008 (avec 16,08 millions de naissances cette année-là), tandis qu’en 2025, il ne restera que 7,92 millions de naissances, soit une diminution de moitié. Dans 18 ans, lorsque ces jeunes passeront le baccalauréat, le nombre d’inscriptions dans les universités aura considérablement diminué. Que faire ? Les universités devront soit réduire sérieusement leur recrutement, soit fermer une partie d’entre elles. Ce phénomène est déjà visible dans les écoles maternelles et primaires : de nombreuses écoles ont fermé, et celles qui restent ne recrutent pas de nouveaux enseignants ; les enseignants actuels sont souvent redirigés vers d’autres postes (comme le soutien logistique). Les universités suivront probablement ce même chemin. Les enseignants de moins de 50 ans et les jeunes souhaitant entrer dans l’enseignement supérieur seront confrontés à des choix difficiles, tandis que ceux de plus de 50 ans pourraient être moins touchés s’ils prennent leur retraite avant que la crise ne frappe (vers 2038). Cependant, les candidats n’ont pas à s’inquiéter pour l’instant, car le nombre d’inscriptions a légèrement augmenté cette année, et il y a suffisamment de places. Les universités et les enseignants doivent toutefois se préparer à l’avance.
2. L’introduction en bourse de ChangXin Technology vs les licenciements dans les secteurs traditionnels : l’IA rend-elle les postes d’emploi plus spécialisés ?
L’introduction en bourse de ChangXin Technology sur la plateforme Sci-Tech Innovation Board est un événement majeur. Bien que sa valeur marchande soit estimée à un niveau comparable à celle de茅台 et de la China Construction Bank, l’entreprise ne compte que moins de 20 000 employés (contre respectivement 35 000 et 378 000). Cela montre que les industries naissantes (comme l’IA et les semi-conducteurs) sont précieuses, mais nécessitent peu d’employés, et ces derniers doivent souvent avoir des qualifications élevées (40 % de diplômés de master ou de doctorat chez ChangXin). En revanche, dans les secteurs traditionnels, l’utilisation de systèmes intelligents peut permettre d’économiser 75 % du personnel (comme dans les usines de vin), tandis que la HSBC prévoit de licencier 20 000 personnes (10 % de son effectif) grâce à l’IA. Les postes traditionnels disparaissent, tandis que ceux nouveaux deviennent plus spécialisés et rares. À l’avenir, il ne s’agira pas tant de trouver un emploi que d’en trouver un bon, ce qui exigera des compétences avancées (développement, innovation). Les parents et les étudiants doivent donc choisir leurs spécialités en fonction de leur capacité à s’adapter à l’ère intelligente.
3. Les universités ne devraient plus se concentrer sur la formation professionnelle, mais plutôt apprendre aux étudiants à poser des questions pertinentes
Auparavant, les universités enseignaient principalement des compétences professionnelles, mais avec le développement rapide de l’IA, ces compétences peuvent vite devenir obsolètes. Les organisations privées, plus proches du marché, sont mieux adaptées pour la formation professionnelle (par exemple, les entreprises qui forment leurs propres employés avec des subventions gouvernementales). Les universités, en se concentrant sur cela, risquent de perdre leur avantage concurrentiel. Elles devraient plutôt enseigner aux étudiants à poser des questions pertinentes et à réfléchir de manière critique. L’IA peut résoudre certains problèmes existants, mais c’est l’homme qui doit découvrir de nouveaux problèmes et identifier de nouvelles opportunités commerciales. Par exemple, lorsqu’on crée une entreprise, savoir “ce dont les utilisateurs ont besoin” est plus important que “comment le réaliser”. L’éducation actuelle reste axée sur la réponse à des questions standard, ce qui ne correspond pas aux besoins de l’ère intelligente. Apprendre à poser des questions permet d’apprendre tout au long de sa vie, une compétence essentielle pour s’adapter rapidement aux changements.
4. Les universités doivent s’ouvrir et devenir des plateformes pour la socialisation et l’entrepreneuriat
Récemment, il a été constaté que l’accès aux universités nécessite souvent une vérification d’identité ou une réservation, ce qui est plus strict que dans les services gouvernementaux. Dans l’ère intelligente, les universités ne devraient pas être des “tour d’ivoire” isolées, mais des lieux d’échange et de collaboration entre étudiants, entrepreneurs et investisseurs. Des universités ouvertes permettent la diffusion des connaissances, le développement des relations sociales et l’encouragement de l’entrepreneuriat (par exemple, avec des investisseurs présents sur place pour écouter les idées et soutenir les projets). Les universités qui restent fermées se protègent inconsciemment des “étrangers”, ce qui freine l’innovation. Seules celles qui sont ouvertes peuvent devenir des moteurs d’innovation.
Conclusion
Ce journaliste souligne que la baisse de la natalité et l’avancement de l’IA forcent un grand changement dans le système éducatif et le marché de l’emploi. Pour les individus, il est essentiel de s’adapter à une approche d’apprentissage permanent. Pour les universités, il faut passer d’une formation axée sur des compétences spécifiques à une formation visant le développement général des compétences, et d’un modèle fermé à un modèle ouvert. Ce n’est pas de la panique, mais une réalité inévitable au cours des 10 à 20 prochaines années.