Résumé des principaux points
L’Uruguay rejoint le Brésil et l’Argentine dans la liste des pays qui exemptent les citoyens chinois de visa, ce qui facilite les voyages en Amérique du Sud. Cependant, le manque de vols directs, les longues distances et les coûts élevés demeurent des obstacles pour les voyageurs chinois. Avec l’augmentation des investissements chinois en Amérique du Sud et le soutien politique, les compagnies aériennes nationales s’efforcent de développer leur marché latino-américain en utilisant des escales ou en combinant le transport de passagers et de marchandises. À l’avenir, on peut s’attendre à une augmentation du nombre de liaisons aériennes.
I. L’arrivée de la dérogation au visa, mais un long parcours pour se rendre en Amérique du Sud
L’exemption de visa de l’Uruguay fait de ce pays le troisième pays d’Amérique du Sud à accorder cette facilité aux citoyens chinois. Cela devrait être une bonne nouvelle pour le tourisme, mais les distances sont considérables :
- Il n’y a pas de vols directs ; il faut au moins faire deux escales. Par exemple, un vol depuis Shanghai vers la capitale uruguayenne, Montevideo, dure plus de 34 heures si l’on passe par l’Europe avant de se rendre au Brésil.
- Si l’on choisit de transiter par les États-Unis, il faut également obtenir un visa américain, ce qui complique les choses.
Le même problème concerne les vols vers le Brésil et l’Argentine : Air China effectue une escale à Madrid (25 heures) pour son vol vers São Paulo, tandis que East China Airlines fait escale à Auckland (26 heures) pour son vol vers Buenos Aires.
Bien que l’exemption de visa réduise les obstacles d’entrée, la difficulté des déplacements aériens dissuade de nombreux voyageurs.
II. Pourquoi les liaisons entre la Chine et l’Amérique du Sud sont-elles si compliquées ?
Les raisons principales sont les distances énormes et les coûts élevés :
1. Distances trop longues pour les avions actuels : Le vol de Pékin à São Paulo dépasse 17 000 kilomètres. Même les avions les plus performants ne peuvent pas couvrir cette distance sans escale pour faire le plein de carburant.
2. Coûts élevés : Les frais de carburant et les coûts d’exploitation sont importants pour ces longs vols, ce qui rend difficile la rentabilité. Des compagnies aériennes comme Air New Zealand et Singapore Airlines ont tenté de desservir l’Amérique du Sud, mais ont cessé ces services en raison des pertes financières.
III. Les stratégies des compagnies aériennes pour survivre : combiner le transport de passagers et de marchandises
Afin de maintenir leurs liaisons vers l’Amérique du Sud, les compagnies aériennes adoptent des approches innovantes :
- Escales dans un troisième pays pour attirer davantage de passagers : Par exemple, East China Airlines effectue une escale à Auckland lors de ses vols vers l’Argentine, ce qui permet d’accroître le nombre de passagers et de réduire les pressions sur les taux de remplissage des avions.
- Combinaison du transport de passagers et de marchandises : Les soutes des avions sont également utilisées pour transporter des produits frais (comme des cerises ou du saumon) en provenance d’Amérique du Sud, ainsi que des produits électroniques ou des instruments de précision destinés à la Chine. Cette approche a permis à East China Airlines d’atteindre un taux de remplissage supérieur à 80 % sur ses vols vers l’Argentine, mieux que prévu.
IV. Politique et investissements : une augmentation des liaisons entre la Chine et l’Amérique du Sud
L’avenir s’annonce prometteur pour les liaisons aériennes entre la Chine et l’Amérique du Sud :
- Soutien politique : Le gouvernement chinois a publié des documents visant à promouvoir la coopération touristique et à soutenir le développement des liaisons aériennes.
- Augmentation de la demande commerciale : Les investissements chinois en Amérique du Sud augmentent (entreprises de construction, banques), ce qui crée une clientèle plus stable pour les compagnies aériennes.
- Accélération de la mise en place des liaisons : Des compagnies telles que Air China, East China Airlines, Hainan Airlines et Southern Airlines ont déjà lancé des services vers l’Amérique du Sud. East China Airlines a également obtenu l’autorisation pour un nouveau vol vers Santiago du Chili, dont le lancement est prévu pour cette année.
Avec une augmentation de la demande, on peut s’attendre à une densification progressive des liaisons aériennes entre la Chine et l’Amérique du Sud, rendant les voyages plus pratiques.
Conclusion
L’exemption de visa de l’Uruguay est une bonne nouvelle, mais les problèmes de transport aérien doivent encore être résolus par les compagnies aériennes et les gouvernements. Cependant, des signes positifs sont déjà visibles : les compagnies aériennes trouvent des moyens de générer des revenus en combinant le transport de passagers et de marchandises, et le soutien politique favorise le développement des liaisons aériennes. À l’avenir, les voyages et les affaires en Amérique du Sud devraient devenir de plus en plus faciles.