虎嗅

**Huang Renxun conseille aux jeunes de choisir des métiers tels que électricien, plombier ou technicien : dans l’ère de l’IA, il n’y a pas de pénurie de programmeurs.**

原文:黄仁勋劝年轻人去看电工、水管工、技工等职业,AI时代最不缺程序员

Résumé des idées principales :

Lors de son discours à la cérémonie de remise des diplômes de l’Université Carnegie Mellon, Steve Jobs a avancé une affirmation contre-intuitive : l’ère de l’IA n’est pas le monopole des programmeurs, mais celle des techniciens de métier, tels que les électriciens, les plombiers et les ouvriers du bâtiment. La logique sous-jacente est la suivante : l’« interface utilisateur » de l’IA (les grands modèles, les intelligences artificielles, etc.) a besoin d’un « arrière-plan » solide (des data centers, de systèmes électriques, de systèmes de refroidissement, etc.) pour fonctionner. Or, la construction et l’entretien de cet arrière-plan font face à un grave manque de main-d’œuvre qualifiée – c’est là que réside la véritable opportunité de l’ère de l’IA.

Analyse détaillée :

1. Ne se concentrez pas seulement sur l’« interface utilisateur » de l’IA ; c’est l’arrière-plan qui représente la vraie opportunité**

Pour la plupart des gens, l’IA se résume à ses aspects visibles et démontrables, tels que les grands modèles capables de converser, les robots performants ou les personnages numériques attrayants. Mais Steve Jobs souligne l’importance de l’arrière-plan : pour que l’IA puisse fonctionner, il faut construire des data centers (des bâtiments abritant des milliers d’ordinateurs), mettre en place des réseaux électriques fiables et des systèmes de refroidissement efficaces, ainsi que des équipes pour installer et entretenir ces équipements. C’est comme assister à un concert : tout le monde regarde les stars sur scène, mais l’expert se demande comment le spectacle a été préparé (qui a monté la scène, qui a réglé l’éclairage et le son). Même les technologies les plus avancées ne peuvent exister sans ces infrastructures essentielles ; ces besoins créent des opportunités pour les travailleurs de métier.

2. Plus l’IA devient intelligente, plus elle a besoin de constructions matérielles solides**

Dans le passé, on pensait que la révolution technologique rendrait les choses plus légères (par exemple, le mobile permettant d’acheter sans sortir de chez soi). Or, l’IA agit dans le sens contraire : elle rend les systèmes plus complexes et physiques. Par exemple, l’entraînement des grands modèles nécessite une puissance de calcul massive, assurée par des data centers coûteux. Les prévisions indiquent que les entreprises technologiques américaines dépenseront 700 milliards de dollars rien que pour l’infrastructure IA d’ici 2026, et ce chiffre pourrait atteindre près de 7 billions de dollars à l’échelle mondiale en 2030. Ces investissements se concrétiseront par des usines, des rangées de baies informatiques et des réseaux électriques ; en d’autres termes, plus l’IA devient virtuelle, plus elle a besoin de travaux physiques et techniques.

3. Le manque de main-d’œuvre qualifiée est le véritable obstacle au développement de l’IA

Beaucoup pensent que le problème réside dans les puces, mais en réalité, il s’agit du manque de techniciens capables d’intégrer ces technologies et d’assurer leur fonctionnement. Les besoins en travailleurs qualifiés ont augmenté de 27 % au cours des trois dernières années (construction, soudure, électricité, etc.), tandis que le nombre de techniciens en robotique a doublé et celui des ingénieurs spécialisés dans les systèmes de refroidissement a augmenté de 60 %. La formation de ces professionnels prend du temps ; il faudra plusieurs années pour combler ce déficit. Steve Jobs souligne donc que nous vivons une époque où le manque de main-d’œuvre est réel.

4. Conseils pour les entrepreneurs : ne suivez pas simplement les tendances, mais réfléchissez à ces questions essentielles**

Beaucoup d’entrepreneurs se demandent quel grand modèle utiliser ou quelle intelligence artificielle adopter. Mais la question plus importante est de savoir quels seront les véritables obstacles lorsque l’IA entrera dans leur secteur. Steve Jobs propose trois questions fondamentales :

  • Votre compétence principale réside-t-elle dans l’aspect « visuel » ou dans les aspects techniques (construire des data centers, entretenir des équipements) ?
  • Quelles compétences deviendront plus rares avec l’IA ? Les tâches qui pourraient être automatisées, ou celles qui nécessitent une expertise humaine (gestion sur site, maintenance d’équipements) ?
  • Suivez-vous simplement les tendances ou vous concentrez-vous sur le développement de compétences solides ?

L’IA peut effectuer de nombreuses tâches, mais elle ne peut pas remplacer la capacité des entreprises à comprendre l’essence de leur activité. En identifiant et en exploitant ces opportunités, les entreprises peuvent tirer parti de l’ère de l’IA.

5. Les véritables bénéfices de l’ère de l’IA se trouvent dans les infrastructures invisibles**

Chaque ère est marquée par des termes à la mode (mobile, e-commerce, vidéos courtes, IA), mais les réelles opportunités résident dans les infrastructures qui les soutiennent : smartphones, 4G, logistique pour le mobile ; entrepôts, services de livraison, chaînes d’approvisionnement pour l’e-commerce ; puces, data centers, électricité, et la main-d’œuvre nécessaire à leur mise en œuvre. La force de Steve Jobs réside dans sa capacité à voir ces infrastructures essentielles. Pour le grand public, cela signifie qu’il vaut mieux se tourner vers des métiers techniques plutôt que de simplement envier les programmeurs ; pour les entrepreneurs, il est plus judicieux de se concentrer sur le développement de compétences durables plutôt que de suivre des tendances éphémères.

En conclusion :

Les opportunités de l’ère de l’IA ne résident pas dans les démonstrations spectaculaires à l’écran, mais dans les infrastructures et les travailleurs qui permettent d’appliquer réellement les technologies. En reconnaissant l’importance de ces éléments fondamentaux, nous pouvons saisir les véritables bénéfices de cette révolution technologique.