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Pourquoi suis-je réticent à l'idée de gérer une entreprise en utilisant des « citations » ?

原文:为什么我反感以“语录”治理企业?

Résumé des idées principales

Cet article, à travers les expériences personnelles de l’auteur en tant que gestionnaire d’entreprise et en s’appuyant sur des théories philosophiques, sociologiques et managériales, critique les inconvénients de la gestion d’une entreprise à l’aide de citations. Il souligne que lorsque ces citations sont détachées de leur contexte, elles deviennent vides de sens et peuvent être utilisées par les employés pour éviter leurs responsabilités. Une dépendance trop longue à de telles citations peut empêcher les employés de penser de manière indépendante, favorisant ainsi le développement d’une « médiocrité ordinaire ». Les citations ne sont que des symboles superficiels de la culture d’entreprise et ne touchent pas aux valeurs profondes. Une obsession pour elles peut également entraver l’évolution de l’organisation d’une autorité charismatique vers une autorité institutionnelle. De plus, une forte culture d’entreprise ne signifie pas nécessairement un culte des citations ; ces dernières sont seulement appropriées dans certaines situations spécifiques (comme pour de petites entreprises en phase de création ou lors de moments cruciaux). Les entreprises matures devraient se fier à des règles transparentes plutôt qu’à des phrases emblématiques.

I. Les citations détachées de leur contexte deviennent un prétexte pour éviter les responsabilités

L’auteur a déjà déclaré, dans le but d’arrêter une expansion aveugle : « Ne courrez pas les yeux bandés ». Cette phrase, lorsqu’elle est utilisée hors de son contexte initial, est devenue un argument par les départements pour retarder l’innovation. C’est comme ce que disait Wittgenstein sur les « jeux de langage » : le sens d’une phrase dépend entièrement de son contexte. Par exemple, « De l’eau ! » peut signifier une demande d’aide dans le désert ou l’ordre de verser de l’eau dans la cuisine ; hors de ce contexte, elle perd tout son sens. Lorsque des citations sont recueillies et affichées, elles deviennent des phrases vides de contenu, utilisées par les employés comme un bouclier pour éviter les critiques. Le résultat est une augmentation des coûts de communication et un détournage des problèmes réels.

II. Le culte des citations engendre des employés qui ne pensent pas, favorisant la médiocrité

L’auteur cite l’exemple d’Eichmann, le criminel nazi observé par Arendt : Eichmann n’était pas un monstre, mais il utilisait des phrases stéréotypées de ses supérieurs au lieu de penser par lui-même, son esprit étant vide comme celui d’une machine. C’est ce qu’on appelle la « médiocrité ordinaire » : le mal peut provenir de personnes ordinaires qui ont renoncé à réfléchir. Dans une entreprise, lorsque les employés rencontrent des problèmes, ils recourent à des citations de leur patron sans analyser eux-mêmes les situations, créant ainsi une apparence d’unité de pensée tout en dégradant la capacité de l’organisation à prendre des décisions indépendantes. C’est comme le phénomène décrit par l’auteur de la « servilité des cadres intermédiaires » : les employés ne sont plus capables de résoudre des problèmes complexes, une compétence essentielle dans un marché en constante évolution.

III. La gestion par citations n’est qu’une culture superficielle qui ne change pas les problèmes profonds

Le chercheur du MIT Schein a divisé la culture d’entreprise en trois niveaux : le niveau le plus visible comprend des slogans et des codes vestimentaires ; le niveau intermédiaire représente les valeurs officiellement proclamées ; le niveau le plus profond correspond aux hypothèses de décision inconscientes des employés (par exemple, l’idée qu’ils seront réprimandés s’ils font des erreurs). La gestion par citations ne touche que le niveau superficiel, et croire qu’en affichant des slogans on peut changer la culture est une forme de auto-renarderie. Par exemple, même si une entreprise affiche le slogan « Innovate », si l’hypothèse sous-jacente est que l’erreur doit être évitée à tout prix, les employés n’oseront pas tenter de nouvelles choses.

IV. L’obsession pour les citations entrave l’évolution de l’organisation et lie l’entreprise à une personne

Le sociologue Weber a distingué trois types d’autorité : traditionnelle (basée sur les coutumes), légaliste (basée sur des règles) et charismatique (basée sur le charisme personnel). Les entreprises en phase de création ont besoin du charisme de leur fondateur pour se rassembler, mais une fois matures, ce charisme doit être transformé en systèmes institutionnels. Si les dirigeants s’attachent trop à leurs propres citations, ils refusent d’évoluer et lient le destin de l’entreprise à eux-mêmes. Si le fondateur quitte l’entreprise ou commet une erreur, celle-ci peut s’effondrer.

V. Une forte culture n’est pas équivalente au culte des citations ; l’important est l’objet de cette adhésion

Le livre « The Longest Half-Life » mentionne que les entreprises performantes ont une culture proche d’un culte, mais cela diffère de la gestion par citations : dans le premier cas, les employés adhèrent à des valeurs communes (comme celle de Disney qui est de « créer du bonheur »), tandis que dans le second cas, ils se réfèrent à des phrases emblématiques de leur dirigeant. Disney ne demande pas aux employés de mémoriser les paroles de Walt Disney ; plutôt, elle leur inculque la mission de « créer du bonheur ». Procter & Gamble ne demande pas non plus aux employés de retenir les mots de son PDG ; ils apprennent plutôt les valeurs de l’entreprise. Les valeurs survivent au changement des dirigeants, contrairement aux citations qui ne sont valables que pendant le mandat du fondateur.

Conclusion : les citations sont un outil, pas une fin en soi

L’auteur n’affirme pas complètement l’inutilité des citations, mais souligne qu’elles sont adaptées à certaines situations spécifiques (comme de petites équipes qui ont besoin d’une unité d’esprit, des processus standardisés ou des moments critiques). Cependant, pour les entreprises matures et complexes qui nécessitent une collaboration étroite, il est préférable de se fier à des procédures standard claires (SOP) et à des délimitations de pouvoir bien définies. Les dirigeants devraient également préciser le contexte de leurs propos en disant : « Dans cette situation particulière… », reconnaissant ainsi les limites de leur autorité. Ce qui permet vraiment à une entreprise de durer, ce n’est pas des phrases universellement valables, mais un système institutionnel capable d’évoluer de manière flexible.