Résumé des principaux points
Ce journal rapporte que la rainette sans taches, endémique de Shanghai et autrefois surnommée “Yugagua” par les villageois, a disparu il y a plus de 20 ans. Grâce à l’élevage en captivité et à la rénovation d’une ferme écologique, une première expérience de libération dans la nature a été menée le 31 mai 2025, avec 120 individus. L’article explique non seulement l’importance particulière de cette rainette et les raisons de sa disparition, mais décrit également les préparatifs du groupe de protection (rénovation de la ferme écologique, sélection de pesticides sûrs, élevage en captivité), ainsi que les plans et défis pour reconstruire la population.
I. La “Yugagua” unique à Shanghai : Pourquoi a-t-elle disparu il y a plus de 20 ans ?
La rainette sans taches est le seul amphibien endémique de Shanghai identifié et nommé. Autrefois, on en trouvait partout dans les rizières des zones rurales ; les villageois disaient qu’on pouvait en capturer une pleine bassine pour nourrir les canards en une seule nuit. Mais elle a soudainement disparu il y a vingt ou trente ans, probablement pour les raisons suivantes :
1. Destruction de son habitat : L’expansion urbaine a englouti les zones humides et les terres agricoles ; les cours d’eau et les canaux ont été durcis avec du ciment, privant la rainette de lieux pour hiverner.
2. Changement de l’agriculture : Les petits champs ont été fusionnés en grandes surfaces cultivées uniformément (riz ou arbres fruitiers), éliminant l’environnement mixte que préférait la rainette (rizières, prairies et forêts de bambous).
3. Utilisation excessive de pesticides et d’engrais : Les insecticides et engrais ont pollué les eaux et le sol, nuisant directement à la rainette.
4. Autres menaces : Le changement climatique, la présence de la rainette noire locale et des grenouilles envahissantes, ainsi que leur vente comme animaux de compagnie.
II. Les 120 rainettes qui reviennent dans les rizières : Dix ans d’efforts pour cette expérience de libération
Cette libération n’a pas été improvisée ; le groupe a travaillé pendant dix ans :
- Recherche des spécimens : En 2023, des têtards ont été obtenus à Chuzhou (Anhui) et élevés en laboratoire ainsi que dans des enclos extérieurs.
- Création d’une ferme écologique : La ferme agricole traditionnelle de Fengxian a été transformée en “parc pour les rainettes” : plantation de plantes locales, conversion des terres sèches en rizières tout en conservant les canaux, les pentes et les zones boisées.
- Test des pesticides sûrs : Des essais ont été menés sur les pesticides couramment utilisés à Shanghai pour en éliminer ceux nocifs pour les rainettes.
- Suivi de la reproduction : Récemment, les rainettes ont commencé à se reproduire ; les œufs trouvés dans la nature sont ramenés en laboratoire pour être élevés avant d’être relâchés.
Le jour de la libération, plus de 80 amateurs d’aventure et enfants ont aidé à renvoyer les rainettes dans leur environnement naturel. Certaines se sont immédiatement jetées à l’eau, d’autres ont sauté sur la rive ; les enfants étaient très excités et occupés à prendre des photos.
III. La ferme écologique conçue spécialement pour les rainettes : Quels changements ?
Cette ferme de 100 acres est différente des terres agricoles ordinaires ; elle a été entièrement aménagée pour être “amicale” aux rainettes :
- Environnement mixte : Elle comprend des rizières (nécessaires à la reproduction), des terres sèches, des canaux, des pentes et des zones boisées, permettant aux rainettes de se cacher le jour et de chasser la nuit.
- Utilisation de pesticides sûrs : Seuls des pesticides sans danger ont été choisis ou évités autant que possible.
- Plantation de plantes locales : Ces plantes attirent les insectes, qui sont la nourriture des rainettes, et offrent également des abris.
- Transition progressive : Les rainettes sont d’abord élevées en captivité pour s’acclimater avant d’être libérées dans la nature, ce qui augmente leurs chances de survie.
Aujourd’hui, on peut entendre diverses vocalisations de grenouilles dans la ferme le soir ; la présence de rainettes sans taches et d’autres espèces indique que l’environnement s’est vraiment amélioré.
IV. Pourra-t-on permettre aux rainettes de “réoccuper” Shanghai à l’avenir ? Quels défis restent ?
Le groupe est confiant, mais il reste de nombreux obstacles à surmonter :
- Test de survie : Les 120 rainettes libérées ne survivront peut-être pas toutes, mais le groupe maîtrise désormais l’élevage en captivité et pourra continuer à fournir de nouveaux individus.
- Élargissement de la libération : Plusieurs rainettes seront relâchées cet automne (plus de 120).
- Participation de toute la société : Il est nécessaire que les agriculteurs réduisent l’utilisation de pesticides et d’engrais, et que davantage de personnes se joignent à la protection de ces espèces (par exemple, en utilisant des méthodes agricoles écologiques).
- Suivi à long terme : Il faut suivre la situation des rainettes libérées dans la nature et ajuster les stratégies de protection.
Guo Taoran, expert en protection de l’environnement, déclare : “Après dix ans d’efforts, nous avons enfin franchi cette étape importante. Il est très probable que nous puissions rétablir une population de rainettes à Shanghai au cours des prochaines années.”
Ce journal ne parle pas seulement des rainettes, mais aussi de la coexistence entre les villes et la nature. Protéger une petite espèce signifie également restaurer l’environnement et remettre en question notre mode de vie. Espérons que ces adorables “Yugagua” pourront vraiment revenir dans les rizières de Shanghai, et que nous pourrons à nouveau entendre leurs chants le soir.