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Pourquoi le « baccalauréat » indien, qui ne pénalise pas les élèves pour leur silence mais leur retire un point en cas de réponse erronée, laisse-t-il tant d'étudiants dans la désespérance ?

原文:不答不扣分,填错倒扣一分的印度“高考”为何让那么多学生绝望

Résumé des points clés

Ce rapport de presse dévoile l’extrême cruauté du système d’examen d’entrée à l’université en Inde : des scandales de tricherie, où les parents du Bihar grimpent sur les murs pour transmettre des notes secrètes, aux examens JEE (ingénierie) et NEET (médecine) présentant un niveau de difficulté extrême et des taux d’admission très bas, en passant par la vie sous pression dans les centres de préparation de Kota et les crises de suicide chez les étudiants. Au fond de tout cela se trouvent des contradictions profondes liées à une répartition inégale des ressources éducatives et à une prospérité pathologique du marché de l’examen d’entrée à l’université. Cet examen est devenu la seule “porte étroite” permettant aux familles ordinaires de s’élever socialement, mais il plonge également de nombreux étudiants dans un cycle de pression et de désespoir.

Analyse détaillée

Le système d’examen à double voie : deux “portes étroites” vers le destin

En Inde, il n’y a pas d’examen national unique. Les étudiants doivent d’abord réussir l’examen de fin d’études secondaires au niveau de l’État pour obtenir leur “billet d’accès”, puis choisir un examen spécialisé – parmi lesquels JEE (ingénierie) et NEET (médecine) sont les plus compétitifs, car ils mènent directement aux meilleures écoles d’ingénierie (IIT) et aux facultés de médecine du pays, qui représentent la seule chance pour les enfants des familles modestes de changer leur destin.

  • À quel point JEE est-il difficile ? En 2024, 1,4 million de candidats se sont présentés à l’examen, mais seulement 8 900 ont été admis aux IIT, pour un taux d’admission de 0,64 % (moins de 7 sur 1 000), soit 12 fois plus difficile que le taux d’admission à l’université MIT aux États-Unis (7,9 %) ! Les questions dépassent le programme des premières années d’université en mathématiques, physique et chimie ; par exemple, en 2022, JEE a inclus des problèmes de calcul différentiel avancé qui ont déconcerté même les étudiants chinois ayant suivi ce cours. De plus, il n’y avait pas de questions faciles, chaque réponse exigeant une logique rigoureuse.
  • NEET est-il encore plus cruel ? En 2025, environ 2,5 millions de candidats se sont présentés à l’examen pour seulement 110 000 places en médecine dans les universités publiques et 20 000 places dans les écoles de médecine privées (taux d’admission inférieur à 2 %). Les frais de scolarité dans ces dernières s’élevaient à 8,5 millions de roupies, un montant hors de portée pour la plupart des familles. L’examen nécessite de résoudre 180 questions en 180 minutes (une question par minute), et les points sont déduits pour chaque erreur : une mauvaise réponse coûte 1 point, tandis qu’une bonne réponse rapporte 4 points – il est donc risqué de deviner même au hasard.

Le système de pénalisation des erreurs : même deviner les réponses est dangereux

Le système indien d’examen punit les erreurs en déduisant des points : une bonne réponse vaut 4 points, une mauvaise réponse coûte 1 point, et ne pas répondre vaut 0 point. Cela empêche complètement les candidats de tenter de deviner. Par exemple, même si l’on devine correctement 4 questions, on ne gagne que 4 points au total, tandis qu’une mauvaise réponse en coûte 3 points, ce qui rend le silence plus avantageux.

Kota : le “camp d’entraînement” pour 400 000 candidats et la “ville du suicide”

La petite ville de Kota, dans l’État du Rajasthan, compte seulement 400 000 habitants, mais elle est considérée comme un lieu sacré pour les examens d’entrée à l’université en Inde. Chaque année, 200 000 étudiants se rendent dans ses 150 centres de préparation, où ils mènent une vie “militarisée” :

  • Un rythme de vie stricte : lever à 6 heures du matin, se coucher à 23 heures, étudier pendant 15 heures, avec seulement un demi-jour de repos le dimanche et un seul jour de vacances par mois. Les classes comptent de 100 à 200 étudiants, les enseignants utilisent des microphones pour donner leurs cours, et les étudiants se concentrent sur leurs exercices.
  • La pression liée aux classements : les centres organisent régulièrement des simulations d’examen, et les résultats sont affichés en public ; les étudiants qui échouent sont convoqués. En 2024, 32 étudiants de Kota se sont suicidés, dont 28 étaient candidats à JEE/NEET, soit en moyenne 2 à 3 par mois. Les lettres de suicide parlent souvent de “pression insupportable”, de “regret pour leurs parents” et d’un avenir incertain. Le Comité indien des droits de l’homme a déclaré que le taux de suicide chez les étudiants de Kota est plus de trois fois supérieur à la moyenne nationale.

Les causes profondes : une répartition inégale des ressources éducatives et un cercle vicieux

La nature extrêmement compétitive de l’examen d’entrée à l’université en Inde est due à une répartition déséquilibrée des ressources éducatives :

  • Une faible quantité d’établissements de premier plan : seuls quelques instituts tels que les IIT et les AIIMS disposent de ressources de premier ordre, mais leurs places sont très limitées ; la plupart des écoles publiques manquent de manuels, d’espaces de classe et d’enseignants qualifiés. Bien que le gouvernement encourage ces établissements à recruter des étudiants issus de familles défavorisées, la corruption et la discrimination castique empêchent ces derniers de bénéficier réellement de ces opportunités.
  • Une prospérité pathologique du marché de l’examen : les centres de préparation, les cours en ligne et les manuels d’étude forment une industrie d’une valeur de 10 milliards de dollars, accessible uniquement aux familles riches, accentuant ainsi l’inégalité dans l’éducation. Les étudiants se concentrent uniquement sur les techniques de réponse aux questions, négligeant l’innovation et les compétences générales, ce qui les enferme dans un cercle vicieux où plus ils s’entraînent, plus le système devient compétitif.

Les scandales de tricherie : des comportements extrêmes sous pression

L’incident de tricherie mentionné au début est un exemple frappant de la pression exercée par l’examen d’entrée à l’université : sur 1,4 million de candidats, 750 ont été exclus et plus de 900 ont été arrêtés. Il s’agit non seulement d’une question de morale, mais aussi d’un problème systémique : lorsque l’examen est le seul moyen d’accéder à des opportunités sociales, les gens sont prêts à tout pour réussir.

Conclusions

La cruauté de l’examen d’entrée à l’université en Inde ne réside pas tant dans la difficulté des questions que dans le système qui permet seulement à un petit nombre de personnes d’y parvenir. La rareté des établissements de premier plan et la répartition inégale des ressources éducatives font que de nombreux étudiants luttent sous une pression insoutenable, certains en payant même de leur vie. Pour changer cette situation, il faut pas seulement rendre les examens plus difficiles, mais également assurer une distribution plus équitable des ressources éducatives et un système d’admission plus juste, afin que chaque enfant ait sa chance, plutôt que de devoir se battre pour passer par la même “porte étroite”.