Résumé des points clés
Dans un contexte de hausse de l'incertitude économique mondiale (chocs énergétiques, barrières commerciales, conflits géopolitiques), les actifs chinois deviennent de plus en plus attractifs pour les capitaux internationaux grâce à la résilience économique de la Chine, au potentiel d'ouverture du marché et aux avantages de l'industrie technologique. Les marchés financiers eurasiatiques renforcent leur lien grâce à des coopérations entre bourses (comme le plan de cotation croisée entre la Bourse de Malaisie et la Bourse de Hong Kong). Les investisseurs étrangers voient le potentiel de placement à long terme des actifs en yuan (en particulier dans les secteurs liés aux nouvelles forces productives sur le marché boursier chinois, A-share), mais la Chine doit également résoudre des problèmes tels que la faiblesse de la demande intérieure et le ralentissement du marché immobilier, ainsi que perfectionner l'écosystème de cotation des entreprises technologiques et les infrastructures financières pour continuer à attirer les capitaux internationaux.
I. Quelles sont les bases de la résilience économique chinoise ?
Selon Zhu Feng (chef économiste de JPMorgan Chase en Chine), la résilience économique de la Chine repose sur deux éléments clés :
1. Une forte capacité à résister aux chocs énergétiques : La Chine est autonome en matière de charbon et développe rapidement des énergies nouvelles (solaire, éolien), ce qui la distingue de l'Europe, qui dépend fortement des importations d'énergie. Même en cas de hausse des prix du pétrole international, l'approvisionnement énergétique national reste stable, évitant ainsi un ralentissement économique.
2. Une base industrielle solide : La Chine possède l'une des chaînes industrielles les plus complètes au monde, couvrant à la fois des activités de fabrication de bas niveau (vêtements, jouets) et de haut niveau (voitures électriques, semi-conducteurs). Par exemple, la Chine produit plus de la moitié des voitures électriques mondiales et en exporte davantage, ce qui permet à l'industrie manufacturière de résister aux tensions commerciales externes.
Cependant, la Chine rencontre également des défis, notamment une reprise lente de la demande intérieure et un marché immobilier peu dynamique, problèmes similaires à ceux du Japon par le passé et difficiles à résoudre à court terme, malgré une résilience globale.
II. Pourquoi les capitaux internationaux aiment-ils de plus en plus les actifs chinois ?
Plusieurs experts convergent sur trois raisons principales :
1. La stabilité du yuan : Depuis l'année dernière, le yuan a inversé sa tendance à la dévaluation. Lors des conflits au Moyen-Orient cette année, alors que le dollar américain et les monnaies japonaise et coréenne ont fléchi, le yuan est resté stable, rassurant les investisseurs qui cherchent à diversifier leurs risques.
2. De nouvelles opportunités sur le marché boursier chinois (A-share) : Les secteurs liés aux nouvelles forces productives (technologies de l'intelligence artificielle, fabrication de haut niveau, économie aérienne) se sont particulièrement bien développés sur le marché A-share. Gan Tian (directeur général de Huaxia Fund à Hong Kong) est optimiste pour l'A-share au cours des 2-3 prochaines années, car ces secteurs correspondent aux orientations de la modernisation industrielle chinoise et offrent des opportunités de croissance.
3. La Chine en tant que « port d'abri » : Face aux conflits géopolitiques mondiaux, les investisseurs cherchent des lieux sûrs pour placer leurs fonds. Les actifs chinois sont considérés comme stables et sûrs, contrairement à certains marchés émergents, ce qui attire les capitaux étrangers.
III. Comment les marchés financiers eurasiatiques peuvent-ils collaborer ?
Les pays eurasiatiques souhaitent développer ensemble leurs marchés financiers :
- Les objectifs de Malaisie : La Bourse de Malaisie vise à atteindre une taille de 5,8 à 6,3 billions de ringgit malais d'ici 2030 et a donc signé un mémorandum d'accord avec la Bourse de Hong Kong pour promouvoir la cotation croisée d'entreprises et d'ETF. Ils envisagent également de collaborer avec les bourses de Shanghai et de Shenzhen.
- L'attitude ouverte de Shanghai : La Bourse de Shanghai souhaite favoriser la prospérité des marchés financiers régionaux grâce à des échanges internationaux. Le bureau financier du comité municipal de Shanghai encourage également la participation active des investisseurs étrangers pour faire de la ville un centre financier international.
En somme, les pays eurasiatiques cherchent à se soutenir mutuellement : ils veulent utiliser le marché chinois pour attirer les capitaux, tandis que la Chine cherche à renforcer son influence internationale grâce à ces partenariats.
IV. Quelles sont les difficultés pour les entreprises technologiques à se coter en bourse ?
De plus en plus d'entreprises innovantes souhaitent se coter sur le marché A-share ou à Hong Kong, mais Chen Sijie (partenaire chez KPMG) souligne deux problèmes fréquents :
1. Manque de préparation en matière de contrôle financier interne : Ces entreprises sont souvent concentrées sur la recherche et le développement et négligent la gestion financière, ce qui peut entraîner des problèmes lors de la cotation (calcul des coûts de R&D, reconnaissance des revenus).
2 Contrôles réglementaires stricts : Les conditions de cotation sont relativement basses, mais le processus de vérification est rigoureux, nécessitant souvent l'envoi de documents complémentaires et la réponse à des questions réglementaires (compliance fiscale, gestion des coûts de R&D).
Les solutions proposées incluent de solliciter des intermédiaires professionnels (comme des comptables ou des avocats) pour mettre en place des systèmes financiers et de contrôle internes efficaces, afin d'éviter des retards lors de la cotation.
V. Comment rendre les actifs chinois encore plus attractifs pour les investisseurs étrangers ?
Selon Chen Sijie, il est essentiel de perfectionner l'écosystème financier et technologique. Cela passe notamment par :
1. Amélioration des infrastructures financières : L'utilisation du yuan numérique à l'international se développe, et le système de paiement transfrontalier CIPS est déjà utilisé dans de nombreux pays, facilitant les investissements étrangers (paiements plus rapides, coûts réduits).
2. Financement vert et finance numérique : Ces domaines sont très appréciés par les investisseurs internationaux. Les obligations vertes chinoises et les entreprises liées à l'économie numérique peuvent attirer des fonds intéressés par les critères ESG (environnemental, social, gouvernance).
3. Améliorations multidimensionnelles : En plus des systèmes de paiement, il est nécessaire d'adapter les règlements (politiques réglementaires en conformité avec les normes internationales), les services publics (facilitation des procédures pour les investisseurs étrangers) et les nouveaux modèles économiques (applications basées sur l'intelligence artificielle, la blockchain) afin de créer un environnement d'investissement confortable et sûr en Chine.
En conclusion, l'attrait des actifs chinois ne cesse de croître, mais pour maintenir cet intérêt, il est nécessaire de résoudre ses propres défis et d'améliorer son écosystème financier. Pour les investisseurs individuels, il est intéressant de suivre ces tendances, en particulier les secteurs innovants sur le marché A-share et la valeur à long terme des actifs en yuan.