Résumé des principaux points
Vendredi dernier, l'indice NASDAQ a chuté de 4,2 %, enregistrant la plus forte baisse quotidienne de son histoire, provoquant des turbulences sur les marchés asiatiques et européens. Cependant, les principales institutions financières (telles que Morgan Stanley et Goldman Sachs) considèrent que cette chute n'est qu'un retour positif suite à l'excès de chaleur du marché boursier : les actions technologiques (en particulier dans le secteur des semi-conducteurs) ont connu une hausse trop rapide, entraînant un surachat et une concentration des positions. Des facteurs conjoncturels à court terme (comme les performances décevantes des puces AI de Broadcom et les données sur l'emploi non agricole qui ont augmenté les taux d'intérêt sur les obligations américaines) ont contribué aux ventes. Malgré cela, les fondamentaux économiques américains (emploi, industrie manufacturière) ainsi que les résultats des entreprises restent solides, ce qui signifie que la bulle boursière n'est pas terminée, mais qu'elle a simplement besoin de se « rafraîchir » et d'ajuster son rythme.
Analyse détaillée
1. Les causes de la chute : le secteur des semi-conducteurs et plusieurs éléments déclencheurs
Cette chute n'est pas survenue par hasard ; elle est principalement due au fait que le secteur des semi-conducteurs a été le premier à céder :
- Raisons internes : l'augmentation des prix a été exorbitante. L'indice SOX des semi-conducteurs a progressé de 96 % depuis le début de l'année, avec des cours supérieurs de 35 % par rapport à la moyenne des 50 derniers jours (la plus forte déviation sur les 25 dernières années). L'indice RSI, qui mesure le niveau d'overachat, a atteint 83 (un niveau supérieur à 70 indique généralement un surachat ; 83 signifie que presque tout le monde achète, et il n'y a plus de nouvelles liquidités pour soutenir les prix). De plus, une forte concentration des investissements dans ces actions, combinée à l'effet amplificateur des fonds à effet de levier, rend les ventes collectives très sensibles aux moindres perturbations.
- Facteurs déclencheurs directs : ① Broadcom a révisé à la baisse ses perspectives pour son activité de puces AI, mais ces prévisions n'ont pas correspondu aux attentes du marché ; ② Les données sur l'emploi non agricole de mai ont été meilleures que prévu, ce qui a incité le marché à craindre de nouvelles augmentations des taux d'intérêt par la Fed, entraînant une hausse des rendements des obligations américaines à 10 ans. Avec des taux plus élevés, l'attrait des actions technologiques diminue, car ces dernières dépendent des bénéfices futurs, et les taux plus élevés rendent l'argent du futur moins précieux.
En bref, le secteur des semi-conducteurs a connu une hausse trop rapide, ce qui a provoqué des ventes massives dès que des mauvaises nouvelles sont apparues.
2. Pourquoi les institutions estiment-elles que le problème n'est pas grave ? Les fondamentaux économiques tiennent bon
Morgan Stanley et Goldman Sachs soulignent que les bases économiques et les résultats des entreprises restent solides :
- Fondamentaux économiques stables : L'indice ISM de l'industrie manufacturière aux États-Unis a atteint un niveau record pour 2022, indiquant une expansion de la production. Le nombre d'emplois non agricoles a augmenté de 166 000 unités par mois en moyenne au cours des trois derniers mois (le plus élevé depuis 2023), ce qui montre que la consommation et l'économie sont dynamiques.
- Résultats des entreprises solides : L'indice S&P 500 a vu ses bénéfices révisés à la hausse de 26 %, atteignant un niveau record pour cette période cyclique. Cela signifie que les entreprises gagnent plus d'argent qu'anticipé. Morgan Stanley souligne que l'étendue et la durabilité de cette reprise des bénéfices dépassent les attentes, ce qui constitue le soutien principal de la bulle boursière.
C'est comme une personne qui court trop vite et qui a besoin de reprendre son souffle, mais dont la condition physique est globalement bonne ; elle peut continuer à courir après s'être reposée.
3. Le marché n'est pas dans un état de folie : il manque encore beaucoup par rapport aux excès spéculatifs de 2000 et 2021
Goldman Sachs a comparé la situation actuelle à des périodes de prospérité irrationnelle du passé (comme la bulle Internet en 2000 ou la forte hausse des actions technologiques en 2021) en utilisant neuf indicateurs :
- Le niveau moyen de ces indicateurs est actuellement de 66 %, contre 99 % en 2000 et 92 % en 2021, ce qui indique que nous n'en sommes pas encore à un niveau de spéulation généralisée.
- La hausse actuelle est principalement due au fait que les entreprises gagnent réellement de l'argent : les prévisions de bénéfices par action (EPS) ont augmenté de 16 %, dépassant même la hausse de l'indice de 8 %. Contrairement à 2000, où la hausse des prix était principalement basée sur des promesses ou des « histoires » sans fondement concret. Certains indicateurs (comme l'énergie du marché) sont élevés, mais dans l'ensemble, nous n'en sommes pas encore à un stade de rupture de bulle.
En bref, le marché est actuellement dynamique, mais il n'est pas encore dans un état de folie.
4. Les risques à surveiller pour l'avenir : ils pourraient affecter la bulle boursière
Bien que les fondamentaux économiques soient solides, les institutions rappellent qu'il faut être vigilant face à des risques potentiels :
- Les taux d'intérêt sur les obligations américaines dépassant 4,5 % : Morgan Stanley estime que si ces taux dépassent ce seuil, ils pourraient diminuer la valeur des actions.
- Trois facteurs potentiellement destructifs : Goldman Sachs souligne que la fin d'une bulle boursière nécessite généralement l'accumulation de trois éléments simultanés : une croissance économique inférieure aux attentes, un afflux important de nouvelles entreprises cotées en bourse (comme cela a été le cas récemment), et une politique monétaire stricte de la Fed. Ces risques se renforcent actuellement, mais ils n'ont pas encore éclaté.
Il faut donc être attentif aux facteurs qui pourraient perturber la situation, même si elles ne sont pas encore réellement présentes.
5. Quelles actions prendre maintenant ? Les conseils des institutions
Morgan Stanley conseille aux investisseurs de se détourner des secteurs les plus populaires pour se concentrer sur des secteurs moins connus :
- Sortir des positions dans : les semi-conducteurs et l'équipement de stockage (les perspectives de croissance de ces secteurs ont été largement prises en compte par le marché, et leurs cours ont trop augmenté).
- Se concentrer sur : les biens de consommation non essentiels (tels que l'automobile et le tourisme), les banques régionales, et les transports (ces secteurs n'ont pas connu une forte hausse des prix et leurs perspectives de bénéfices ne sont pas encore pleinement exploitées).
En d'autres termes, il est temps de cesser d'investir dans les actions technologiques qui ont déjà fortement augmenté et de se tourner vers des secteurs moins exposés aux fluctuations du marché.
Conclusion
Cette chute n'est qu'un moyen pour la bulle boursière de « se rafraîchir », pas un signe de sa fin. Tant que les fondamentaux économiques et les résultats des entreprises restent solides, le marché devrait continuer à progresser après cet ajustement. Il est cependant plus prudent de diversifier ses investissements en évitant de se concentrer uniquement sur les secteurs les plus populaires.