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Silicon Valley dans la bulle de l’IA : des joueurs lucides face à des tables de jeu où les enjeux doublent de manière folle

原文:AI泡沫里的硅谷:清醒的赌徒,与疯狂加倍的牌桌

Résumé des principaux points

Cet article décrit la situation actuelle de la bulle AI dans la Silicon Valley : la bulle continue de gonfler (les valorisations des IPO de géants tels que SpaceX et OpenAI sont exorbitantes, représentant dix fois le montant total des IPO sur les marchés boursiers américains l’année dernière). Cependant, les acteurs du secteur (fondateurs, investisseurs, ingénieurs) sont conscients des risques, mais personne ne quitte le jeu. Au contraire, ils continuent d’augmenter leurs investissements tout en se préparant à une éventuelle retraite (en signant des contrats de courte durée, en cherchant des opportunités de rachat, ou en choisissant des approches technologiques moins consensuelles). La bulle a également incité le secteur à réévaluer les entreprises AI, leur stratégie d’expansion internationale et leurs orientations techniques. Enfin, l’article compare la Silicon Valley, qui tolère la bulle, avec la Chine, plus pragmatique et axée sur la rentabilité.

I. La bulle AI n’est pas un simple chiffre abstrait, mais un véritable jeu de positions stratégiques et des contrats à court terme

La bulle ne concerne pas seulement des investissements au niveau du PIB ; elle se traduit par des décisions concrètes :

  • Pour les grandes entreprises : l’achat d’outils AI est une façon de ne pas être laissées pour compte. De nombreuses grandes entreprises achètent des solutions AI non pas parce qu’elles sont utiles, mais parce que cela fait partie de leurs plans annuels ; ne pas en acheter équivaut à admettre leur retard. Un rapport du MIT indique que les entreprises ont investi des milliards de dollars dans l’IA générative, et 95 % de ces projets n’ont pas été rentables, pourtant elles continuent d’y investir : il s’agit de se garantir une position de force sur le marché.
  • Pour les startups : elles utilisent des contrats à court terme pour créer une croissance apparente. Les startups signent rarement des contrats de trois ans et offrent seulement six mois d’essai gratuit. Elles présentent ces contrats dans leurs documents de financement comme un signe de croissance rapide, sans se soucier de savoir si les contrats seront renouvelés. Tous participent à cette illusion : les grandes entreprises utilisent ces contrats pour montrer leur intérêt, les startups les utilisent pour lever des fonds, et les investisseurs les revendent… personne ne remet en question ce système.
  • Pour les nouveaux acteurs du secteur : ils sont entraînés dans la création de belles histoires pour attirer l’attention. Les entreprises leaders ont des valorisations élevées, et ceux qui arrivent après doivent également inventer de bonnes histoires pour obtenir des financements. Le seuil d’accès aux clients augmente constamment, obligeant les nouveaux venus à se plier à cette bulle.

Bien sûr, il y a aussi des exemples concrets de réussite : par exemple, la technologie de reconnaissance vocale d’ElevenLabs a poussé certaines grandes entreprises à fermer leurs centres de service clientèle et à signer des contrats de longue durée (six à sept ans). Mais ces cas sont rares dans la Silicon Valley.

II. Ceux qui restent dans la bulle ont chacun leur propre stratégie

Tout le monde voit la bulle, mais personne ne quitte le jeu car chacun a ses propres calculs :

  • Les fondateurs : certains parient sur l’expansion de leur entreprise, d’autres sur la patience. Par exemple, Genspark a reçu 60 millions de dollars au stade des investissements initiaux ; son produit a généré un revenu annuel stable en neuf jours et l’entreprise fait de la publicité partout. Ils espèrent que leur entreprise sera suffisamment grande pour survivre ou assez précieuse pour être rachetée par une grande société.
  • Les investisseurs : certains parient sur les talents et les besoins réels des clients. Par exemple, Holly, qui d’habitude ne investit qu’après avoir vu le produit final, a investi dans une startup menée par des chercheurs en IA de premier plan malgré l’absence de produit concret.
  • Les ingénieurs : ils se concentrent sur la création de solutions irremplaçables. Les grandes entreprises changent constamment leurs approches (Alibaba passe d’un modèle open source à un modèle fermé, ByteDance réorganise ses équipes pour travailler sur des technologies plus spécialisées). Les ingénieurs sont particulièrement inquiets car leur expérience de dix ans peut ne plus être utile dans le nouveau contexte de l’IA.

III. Cinq conclusions tirées de la bulle

La bulle a bouleversé les règles traditionnelles et oblige les acteurs du secteur à réfléchir différemment :

1. Évaluation des entreprises AI : il faut considérer cinq critères :

  • La qualité des revenus (sont-ils réels ? Le taux de perte de clients est-il élevé ?) ;
  • L’indépendance en matière de calcul (les entreprises ne sont-elles pas dépendantes des fournisseurs de services cloud ou des fabricants de puces ?) ;
  • Les atouts compétitifs uniques (y a-t-il des éléments que les autres entreprises ne peuvent pas copier ?) ;
  • L’efficacité de l’utilisation des fonds levés ;
  • La conformité aux réglementations (les entreprises respectent-elles la loi ?).

2. L’expansion internationale est une nécessité : lorsqu’on crée une entreprise, il faut se demander où se trouvent les marchés clés, d’où proviennent les technologies et l’équipe, et où l’entreprise souhaite se faire coter en bourse.

3. Les orientations technologiques ne sont pas définitives : le modèle transformer est actuellement très populaire (plus les modèles sont grands, mieux c’est), mais cette voie a des limites (la puissance de calcul n’est pas infinie). D’autres approches moins connues pourraient s’avérer plus prometteuses.

4. La façon de commercialiser l’IA a changé : dans le passé, il fallait avoir le plus grand nombre d’utilisateurs possible avec le modèle SaaS ; aujourd’hui, les solutions AI à faible coût unitaire sont plus rentables que des millions d’utilisateurs. La croissance ne dépend plus du nombre de clients, mais du revenu généré par chaque client.

5. Les domaines de l’IA doivent être différenciés : le marché de l’IA vidéo est divisé en plusieurs niveaux (monopoles des grandes entreprises, solutions à faible coût, services de distribution, communautés d’utilisateurs). Si vous ne pouvez pas définir clairement votre position dans ce marché, vous n’êtes peut-être pas vraiment impliqué dans le secteur.

IV. La Silicon Valley vs la Chine : des bulles de tailles différentes, mais un pragmatisme qui nous protège

La Silicon Valley tolère davantage les idées futuristes, ce qui conduit à des bulles plus importantes ; en Chine, tout le monde se concentre sur la rentabilité immédiate. Ce pragmatisme était parfois considéré comme une limite, mais dans le contexte actuel de bulle, il constitue un atout : les entrepreneurs chinois sont plus attentifs aux revenus réels et moins susceptibles d’être influencés par des valorisations exagérées.

Lorsque la bulle éclatera, ce qui disparaîtra sera l’eau inutile, tandis que les talents, l’expérience et ces nouvelles perspectives resteront. Seul le temps nous dira qui gardera de l’or et qui ne retiendra que du vent.

En résumé, bien que la bulle AI soit importante, les personnes intelligentes ne font pas des paris stupides : elles participent activement tout en se préparant à toute éventualité, évoluant constamment au sein de cette dynamique. Ce qui se passe dans la Silicon Valley aujourd’hui pourrait devenir notre réalité demain. Comprendre ces tendances à l’avance nous permettra d’éviter des erreurs.