Résumé des points clés
L’émission « Running Man », autrefois très populaire dans tout le pays, connaît aujourd’hui une chute spectaculaire de son audience (de 5 % à 0,27 %) et les principaux annonceurs publicitaires, tels qu’Amuchi, ont quitté la série. Cependant, elle parvient encore à obtenir des fonds allant de 8,5 millions à 19,8 millions de yuans pour chaque épisode auprès des départements du tourisme et de la culture au niveau des comtés et districts, comme Xinchang et Jiangshan. Ces fonds proviennent des finances locales (l’argent des contribuables). La qualité de l’émission est préoccupante (matériel mal monté, comportement inapproprié sur le tournage), et elle profite de la mauvaise perception de son « influence dépassée » par les autorités locales pour gagner de l’argent, provoquant la colère des internautes. D’un côté, elle se présente comme un projet caritatif destiné à promouvoir le tourisme et la culture ; de l’autre, elle facture cher aux régions moins développées, montrant une double face.
I. Pourquoi personne ne veut plus d’émissions de variétés nationales aujourd’hui ?
La déchéance de « Running Man » est évidente :
- Chute de l’audience : En 2015, l’audience atteignait 5,016 % pour un épisode ; aujourd’hui, elle n’est même pas de 0,3 %. Même si les autres émissions du même format étaient arrêtées (sans concurrence), elle ne réunirait que 0,27 % d’audience ;
- Départ des annonceurs : Amuchi, qui versait 500 millions de yuans pour la sponsoring, a retiré son soutien ; Wanglaoji en a pris le relais pour 130 millions de yuans (à moitié moins cher). De plus, les entreprises du secteur laitier se retirent progressivement des anciennes émissions de variétés : Jindian a quitté « Sister Wave » et Chunjian a abandonné « The Great Detective », car elles jugent que ces investissements ne sont pas rentables ;
- Manque d’intérêt du public : L’équipe de production a publié 8 tweets pour prouver l’engouement des téléspectateurs, mais les internautes se moquent en disant que même sans concurrence, l’émission est désastreuse, ce qui montre que le public réel a depuis disparu.
En bref, « Running Man » a perdu de sa valeur sur le marché publicitaire professionnel ; les entreprises sérieuses ne sont plus disposées à investir beaucoup d’argent.
II. Pourquoi les départements du tourisme et de la culture des comtés sont-ils prêts à dépenser plusieurs millions pour « Running Man » ?
Les départements locaux sont prêts à payer, principalement pour deux raisons :
1. Manque d’informations : Ils ont encore une image d’« émission nationale » datant de 2015 et ne réalisent pas que personne ne la regarde plus. Ils n’ont pas d’équipes spécialisées en analyse de l’audience et ne calculent pas le rapport coût-bénéfice, pensant qu’inviter une émission célèbre suffira à promouvoir leur région ;
2. Pression des KPI : Les départements doivent atteindre leurs objectifs de promotion. Dépenser plusieurs millions pour « Running Man » semble prestigieux et facilite la présentation des résultats. Par exemple, Jiangshan, un comté peu développé du Zhejiang avec un budget public annuel de 3,68 milliards de yuans, dépense 8,5 millions, ce qui représente environ 17 yuans par habitant. Cependant, pour eux, cela semble être une action significative permettant de se distinguer auprès des autorités supérieures.
De plus, la procédure de commande est simplifiée (elle se fait directement avec une entreprise de Zhejiang Satellite TV sans appel d’offres).
III. Les millions dépensés peuvent-ils vraiment promouvoir le tourisme et la culture ?
L’efficacité de la promotion de « Running Man » est loin de celle des vidéos courtes :
- Aucun impact à court terme : L’émission ne reste que pour un épisode, puis disparaît sans avoir une présence durable dans la région. En revanche, les vidéos courtes sont très efficaces pour promouvoir le tourisme (par exemple, les spécialités de Zibo, Harbin ou Tianshui, diffusées par des influenceurs sur TikTok et Douyin) ;
- Qualité médiocre de l’émission : L’épisode à Anyang a montré des erreurs dans la présentation des sites touristiques de Handan et a même endommagé les pelouses du site archéologique de Yin, démontrant qu’il n’y a pas d’effort réel pour promouvoir la culture locale. Les téléspectateurs peuvent alors se sentir déçus et être moins enclins à visiter la région ;
- Public « artificiel » ? Beaucoup des spectateurs actuels de « Running Man » sont probablement des comptes fictifs, et même si l’émission est diffusée, peu d’entre eux iront vraiment visiter le comté.
IV. La source du conflit : prétendre à la philanthropie tout en utilisant l’argent des contribuables
L’équipe officielle de « Running Man » affirme que l’émission est un projet caritatif pour promouvoir le tourisme et la culture (par exemple, les épisodes sur le Fleuve Jaune ou la prospérité partagée). Cependant, dans la réalité :
- Tarifs élevés : Ils demandent des sommes importantes aux comtés peu développés, équivalents à 0,23 % de leur budget public ;
- Impact négatif : Les tournages perturbent la vie des habitants locaux ;
- Manque d’engagement : L’émission montre peu d’attention pour les sites touristiques, ce qui souligne l’utilisation du manque d’informations des autorités locales à leur profit.
Les internautes sont indignés : on utilise de l’argent des contribuables sans fournir de réels bénéfices et en trompant les gouvernements locaux.
V. Un conseil pour les départements du tourisme et de la culture
Au lieu d’investir dans « Running Man », il serait plus judicieux d’utiliser ces fonds pour des projets basés sur les vidéos courtes :
- Engager des influenceurs : Par exemple, 100 influenceurs avec chacun un million de followers pour réaliser des vidéos dans la région, atteignant ainsi un public beaucoup plus large que celui de « Running Man » ;
- Créer des contenus personnalisés : Des défis culinaires ou des thèmes liés à la région pour encourager les internautes à partager ces contenus ;
- Publicité ciblée : Utiliser TikTok et Douyin pour promouvoir les sites touristiques auprès des jeunes qui cherchent des idées de voyage.
Ces approches sont moins coûteuses et plus efficaces, car aujourd’hui, les jeunes trouvent leurs inspirations dans les vidéos courtes, et non dans les émissions de variétés traditionnelles.
Conclusion
L’affaire montre comment une émission démodée profite du manque d’informations des autorités locales pour gagner rapidement de l’argent. Les départements du tourisme et de la culture devraient être plus sélectifs dans leurs investissements : il vaut mieux dépenser leur argent dans des canaux qui touchent réellement les jeunes, plutôt que dans des émissions obsolètes. Après tout, l’argent des contribuables doit être utilisé de manière judicieuse.