虎嗅

**WuXi AppTec intervient : 188 entreprises chinoises supplémentaires sont ajoutées à la liste américaine. Cette fois, elles ont appris à riposter.** *(WuXi AppTec takes action: Another 188 Chinese companies are added to the American list. This time, they have learned how to respond.)*

原文:药明康德出手:188家中国企业又上美国清单,这次大家已经学会反击

Résumé des points clés

La dernière version de la liste 1260H américaine inclut des entreprises chinoises bien connues telles que Wuxi AppTec, Alibaba et BYD. Wuxi AppTec a répondu fermement, déclarant qu'il s'agissait d'une « erreur » et a indiqué son intention de défendre ses droits. Au cours des dernières années, des entreprises comme Xiaomi et SMIC ont réussi à contester cette liste grâce au système juridique américain, ce qui montre que les entreprises chinoises passent d'une position de réception passive des restrictions à une stratégie active de négociation basée sur les règles. De plus, la liste 1260H s'est étendue des domaines traditionnels liés à l'armement aux industries les plus compétitives en Chine (comme l'intelligence artificielle et la biotechnologie), devenant ainsi une « carte industrielle » des priorités stratégiques américaines. La capacité des entreprises chinoises à négocier ces règles est bien plus importante que le simple résultat de cas individuels.

I. Comprendre d'abord : la liste 1260H n'est pas un « ordre de exécution »

Beaucoup paniquent lorsqu'une entreprise est incluse dans cette liste, mais elle n'est pas la même chose que la « liste des entités physiques » dont on parle souvent :

  • Liste des entités physiques : C'est comme un « ordre de blocage technologique », qui limite directement les exportations de technologies ou de pièces par les entreprises américaines (par exemple, Huawei a été touchée par le blocage des puces). Il s'agit de sanctions immédiates et strictes.
  • Liste 1260H : Elle vise principalement le système d'achat du Département de la Défense américain ; le département ne peut pas signer de nouveaux contrats avec ces entreprises, et à l'avenir, les chaînes d'approvisionnement pourraient également être restreintes (par exemple, les fournisseurs ne seront pas autorisés à utiliser leurs produits pour les besoins du département). Il s'agit plutôt d'une « prévision de restrictions à long terme » ; les entreprises ont encore le temps de lutter pour inverser la situation.

C'est pourquoi Wuxi AppTec a pu répondre fermement : être inclus dans la liste ne signifie pas automatiquement la fin de ses activités, il reste encore des possibilités de négociation juridique.

II. Changement : les entreprises chinoises ne se laissent plus faire passivement

Il y a cinq ans, lorsque Xiaomi a été incluse dans la liste, tout le monde pensait que « les entreprises chinoises ne pourraient pas gagner contre le Département de la Défense américain », mais la situation est maintenant complètement différente :

  • Xiaomi a ouvert la voie : En 2021, Xiaomi a été inscrite sur la liste au motif que Lei Jun avait reçu un titre d'entrepreneur décerné par le gouvernement. Xiaomi n'a pas discuté de la question de l'implication militaire, mais a souligné que les preuves avancées par le département étaient absurdes (de nombreuses autres entreprises ayant reçu le même prix avaient également été sanctionnées). En utilisant la « Loi sur les procédures administratives fédérales » américaines (qui stipulent que l'administration doit agir selon des règles claires), Xiaomi a gagné et a ensuite été retirée de la liste.
  • SMIC a confirmé cette approche : L'entreprise spécialisée dans les équipements semi-conducteurs a été incluse à deux reprises sur la liste, mais a réussi à se faire retirer en présentant des documents prouvant son absence de lien avec le secteur militaire. Cela montre que la méthode de Xiaomi n'était pas un hasard.
  • Hesai a intensifié la négociation : L'entreprise spécialisée dans les radars à laser Hesai a perdu au premier jugement, mais a fait appel en demandant à la cour d'examiner si les critères de sélection étaient suffisamment clairs. Cela a élevé le niveau du débat de « ai-je des problèmes ? » à « les règles elles-mêmes sont-elles justes ? ».

La réponse ferme de Wuxi AppTec s'appuie sur ces exemples : réagir rapidement et engager des procédures juridiques pour tenter d'inverser la situation avant que les restrictions ne prennent effet.

III. L'élargissement de la liste : les États-Unis ciblent les industries chinoises les plus compétitives

La liste 1260H était initialement conçue pour limiter les entreprises militaires chinoises, mais elle ressemble maintenant de plus en plus à une « liste noire des industries dominantes en Chine » :

  • Début : industries militaire et aérospatiale (comme Chengdu Aircraft Industry Group et Aerospace Science and Technology Corporation) ;
  • Par la suite : drones (DJI), batteries électriques (CATL), internet (Alibaba, Baidu) ;
  • Actuellement : intelligence artificielle, véhicules électriques (BYD), biotechnologie (Wuxi AppTec, BGI).

Pourquoi ? Ces industries sont celles où la Chine peut être compétitive sur le marché mondial. Les États-Unis craignent que la Chine ne prenne l'avantage dans ces domaines et utilisent donc cette liste pour limiter leur développement. Cette liste est en fait un indicateur des priorités stratégiques américaines ; le fait qu'elle cible maintenant la biotechnologie montre que les États-Unis la considèrent comme un domaine clé de la compétition future.

IV. L'important n'est pas de gagner : les entreprises ont acquis une nouvelle capacité à négocier les règles

Auparavant, face aux restrictions américaines, les entreprises chinoises dépendaient de l'intervention du gouvernement ou acceptaient passivement ces restrictions. Aujourd'hui, elles savent :

  • Quelles avocats américains choisir (compétents en droit administratif et familiers avec les procédures du département de la Défense) ;
  • Comment collecter des preuves (par exemple, des documents prouvant leur absence de lien avec le secteur militaire) ;
  • Comment mener des actions juridiques, des campagnes de relations publiques et communiquer avec leurs clients (par exemple, informer les investisseurs que des mesures sont prises pour protéger leurs intérêts).

Cette capacité n'est pas seulement liée à la victoire dans un seul procès ; elle représente une véritable « amélioration » de la stratégie de mondialisation des entreprises chinoises. Auparavant, elles se concentraient sur le produit et la technologie ; maintenant, elles doivent également maîtriser les règles pour gérer efficacement leurs activités.

V. Avenir : la liste continuera à s'élargir, mais les entreprises sont de plus en plus matures dans leur réponse

Les États-Unis continueront probablement d'étendre cette liste, mais contrairement à Xiaomi il y a cinq ans, les entreprises chinoises disposent maintenant d'expériences pour faire face :

  • Wuxi AppTec n'est pas la première, et certainement pas la dernière entreprise à utiliser la justice pour défendre ses droits ;
  • Les cas précédents ont créé un modèle de réponse standardisé : réaction rapide → engagement de procédures juridiques → remise en question des critères de sélection → communication avec toutes les parties concernées ;

-Même si elles perdent un procès, elles peuvent contribuer à rendre les règles plus transparentes (comme l'appel de Hesai).

La compétition future ne se limitera pas aux produits et technologies, mais aussi aux règles et systèmes en place. Les entreprises chinoises apprennent à négocier avec le gouvernement américain ; il s'agit là d'une compétence essentielle pour survivre dans un contexte de mondialisation.

En résumé : La liste américaine évoluera, mais les entreprises chinoises sont passées d'une position de réception passive à une stratégie active. Le développement de cette capacité à négocier les règles est bien plus significatif que la victoire dans un seul cas juridique.