虎嗅

Titre français : Diplômé de doctorat, sans recourir à une thèse

原文:博士毕业,不靠论文

Résumé des points clés

Wang Haoran, doctorant en génie à l'Université de Nanjing, a remplaçé son mémoire de fin d'études traditionnelle par une technologie de surveillance hydrologique basée sur des fibres optiques distribuées, développée de manière indépendante. Il est ainsi devenu le premier doctorant de cette université à obtenir son diplôme grâce à des résultats pratiques, marquant la mise en œuvre effective de la réforme du « Code des diplômes » qui élimine l'exigence exclusive des mémoires. Cette technologie a résolu un problème majeur dans la surveillance de la sécurité des projets d'ingénierie hydraulique et a été appliquée à des projets nationaux tels que le projet de transfert d'eau du sud au nord, ainsi qu'en Europe, où elle a été reconnue comme étant à l'avance mondiale. L'article souligne que l'innovation en ingénierie doit être ancrée dans le terrain, et que le système qui valorise exclusivement les mémoires gaspille non seulement le temps des étudiants moyens, mais limite également la capacité pratique des meilleurs élèves. Cette réforme répond aux besoins de la société en matière de talents capables de résoudre des problèmes concrets.

I. Comment ce doctorant a-t-il pu obtenir son diplôme sans mémoire ?

Le « atout » de Wang Haoran est une technologie appelée « surveillance hydrologique basée sur des fibres optiques distribuées ». En simplifiant, il s'agit d'utiliser des fibres optiques comme capteurs : on les enfonce dans le sol ou on utilise des fibres optiques existantes pour communiquer. Ces capteurs peuvent détecter la température, les vibrations et les changements de pression souterrains, puis convertir ces données en informations sur le taux d'humidité du sol et le niveau des eaux souterraines. Auparavant, la surveillance des projets hydrauliques nécessitait de forer de nombreux puits pour installer des équipements, ce qui était coûteux et avait une portée limitée ; aujourd'hui, une seule fibre optique permet une surveillance continue sur de longues distances, comme si elle conférait aux sous-sols « une vision à distance ».

Plus important encore, cette technologie n'est pas restée théorique en laboratoire : les équipements développés par Wang Haoran ont été utilisés dans des projets nationaux tels que le projet de transfert d'eau du sud au nord et dans le système d'approvisionnement en eau de Zhengzhou-Kaifeng, et ont même été exportés en Slovénie, où ils fonctionnent de manière fiable sur une ligne de transport d'eau de 1,2 kilomètre. Cela prouve que cette technologie est beaucoup plus utile que des dizaines de mémoires sans application concrète.

II. Pourquoi les doctorants en ingénierie peuvent-ils éviter d'écrire de mémoires ?

L'article explique que l'ingénierie diffère des sciences : les sciences (comme la physique théorique) peuvent effectuer des expériences idéales en laboratoire (par exemple, dans un vide ou à faible gravité), tandis que l'ingénierie concerne des technologies mises en œuvre dans des environnements réels, où le vent, la pluie, les mouvements de la croûte terrestre et même les activités animales peuvent affecter les résultats. Par exemple, un équipement de surveillance hydraulique qui fonctionne bien en laboratoire peut présenter des problèmes sur le terrain ; il est donc essentiel de procéder à des ajustements continus pour résoudre ces problèmes réels.

Wang Haoran a passé la majeure partie de son temps sur les chantiers plutôt qu'à l'université pendant ses études doctorales. La réforme du « Code des diplômes » vise justement cette situation : pour les étudiants en ingénierie, les résultats concrets qui résolvent des problèmes sont plus importants que de belles mémoires.

III. Quel problème majeur cette technologie a-t-elle résolu ?

La surveillance traditionnelle des projets hydrauliques rencontrait un obstacle majeur : elle dépendait de la forage de puits pour installer des équipements, ce qui était coûteux et limitait la portée des mesures. Par exemple, les lignes de transport d'eau du projet de transfert d'eau du sud au nord s'étendent sur des milliers de kilomètres ; il n'était pas possible de forer un puits tous les quelques mètres. La technologie de Wang Haoran a contourné ce problème en utilisant des fibres optiques, qui peuvent être enfouies dans le sol ou utilisées à partir de réseaux de communication existants, permettant une surveillance continue sur de longues distances. Grâce à cela, les risques pour la sécurité des projets hydrauliques (tels que des fuites de pipelines ou des déformations de digues) peuvent être détectés à temps, évitant ainsi de graves accidents. Les experts ont reconnu que cette technologie est à l'avance mondiale et qu'elle peut être exportée, ce qui signifie que notre pays n'est plus contraint par les autres dans ce domaine.

IV. Quels sont les problèmes du système qui valorise exclusivement les mémoires ?

L'article souligne deux problèmes principaux :

1. Pour les étudiants moyens : gaspillage de temps – De nombreux mémos sont rédigés en rassemblant des informations pré-existantes ou en ajustant les données pour correspondre aux attentes, sans véritable valeur pratique ni formation réelle.

2. Pour les meilleurs élèves : limitation de leurs potentialités – Des étudiants talentueux comme Wang Haoran devraient consacrer leur temps à l'innovation sur le terrain, mais ils sont obligé de passer des mois à rédiger des mémoires, ce qui est une perte d'énergie. Le système basé sur les mémoires devient un obstacle au développement de leurs compétences réelles.

En somme, le marché et la société ont besoin de personnes capables de résoudre des problèmes concrets, pas seulement de personnes qui savent écrire des mémoires. Un diplômé avec des milliers de mémoires sans application pratique est moins utile qu'un individu capable d'appliquer sa technologie à des projets concrets comme le transfert d'eau du sud au nord.

V. Quelle direction cette affaire indique-t-elle pour la réforme de l'éducation ?

Le cas de Wang Haoran montre la voie à suivre pour la réforme de l'enseignement en ingénierie :

  • Il faut diversifier les critères d'évaluation – Il ne suffit pas de se baser uniquement sur les mémoires, mais aussi sur les résultats concrets (application des technologies, brevets, réalisation de projets).
  • Il faut intégrer la recherche, l'enseignement et l'industrie – Les étudiants doivent être impliqués dans des environnements réels (chantiers, usines, projets en cours) plutôt que rester confinés dans les bibliothèques. Comme l'exprime l'article, il faut « écrire les mémoires sur le sol de la patrie », c'est-à-dire dans des projets concrets tels que le transfert d'eau du sud au nord ou des lignes de transport d'eau en Europe.
  • La formation doit répondre aux besoins réels – L'éducation doit former des ingénieurs capables de résoudre des problèmes concrets, et non simplement des personnes qui savent écrire des mémoires. Des milliers de diplômés avec des mémoires inutiles ne valent pas autant qu'un seul individu capable d'appliquer ses compétences dans des projets réels.

En somme, cette nouvelle n'est pas seulement l'histoire du diplôme obtenu par Wang Haoran, mais aussi un appel à une réforme de l'éducation qui suit les évolutions du monde professionnel et qui met l'accent sur la capacité des étudiants à résoudre des problèmes concrets. Après tout, une technologie capable d'améliorer la sécurité des projets importants ou d'être exportée est bien plus précieuse que n'importe quelle mémoire brillante.