Résumé des principaux points
La Chine va étendre à l’échelle nationale le service de gestion centralisée des fonds transfrontaliers en monnaie locale et étrangère destiné aux petites et moyennes entreprises multinationales, complétant ainsi le “poule de fonds intégrés” mis en place précédemment pour les grandes entreprises multinationales. La nouvelle politique abaisse les barrières d’accès pour les entreprises des zones de libre-échange, simplifie les procédures de déclaration et encourage la gestion centralisée des fonds en monnaie locale et étrangère, ainsi que l’utilisation prioritaire du yuan dans les transactions transfrontalières. Cela permet aux entreprises de réduire leurs pertes de change et d’améliorer l’efficacité de leur allocation de fonds, tout en prenant en compte la prévention des risques. Elle favorise ainsi une meilleure utilisation des ressources nationales et étrangères par les entreprises multinationales et contribue à un niveau plus élevé d’ouverture vers l’extérieur.
I. Des “poules de fonds” dédiées aux grandes et petites entreprises multinationales : complémentarité entre les deux approches
En termes simples, une “poule de fonds” permet aux entreprises multinationales de centraliser les fonds de leurs filiales nationales et étrangères pour gérer plus efficacement leurs ressources et effectuer des règlements unifiés. Le service mis en place cette fois-ci s’inscrit dans la lignée du “poule de fonds intégrés” qui sera opérationnel d’ici fin 2025 :
- Le poule de fonds intégré : destiné aux grandes entreprises multinationales, il impose des conditions plus strictes (taille du chiffre d’affaires élevée, montant important des transferts de fonds transfrontaliers, etc.) ;
- Le service actuellement promu : ciblé sur les petites et moyennes entreprises multinationales, avec des conditions plus souples et des procédures simplifiées. Plus de 260 entreprises ont déjà déclaré leur participation pendant la période de test, couvrant ainsi plus de 5500 filiales nationales et étrangères.
Ces deux approches se complètent, permettant à toutes les entreprises multinationales, quelle que soit leur taille, de trouver une solution adaptée à leurs besoins en matière de gestion des fonds transfrontaliers.
II. Des avantages spéciaux pour les entreprises des zones de libre-échange
La nouvelle politique est particulièrement favorable aux entreprises des zones de libre-échange, avec des conditions d’accès réduites de moitié :
- Pour les entreprises en dehors des zones de libre-échange : soit le bilan international annuel des filiales doit être supérieur ou égal à 700 millions de yuans, soit le chiffre d’affaires national doit être supérieur ou égal à 1 milliard de yuans et le chiffre d’affaires à l’étranger à 200 millions de yuans ;
- Pour les entreprises des zones de libre-échange : le bilan international doit être supérieur ou égal à 350 millions de yuans, ou le chiffre d’affaires national à 500 millions de yuans et le chiffre d’affaires à l’étranger à 100 millions de yuans.
Par exemple, la filiale du groupe Hua Mei Yuan Zi de Singapour, située dans la zone de libre-échange de Nansha à Guangzhou, a un chiffre d’affaires national légèrement inférieur aux conditions requises, mais a réussi à obtenir l’autorisation grâce à la politique de réduction des barrières. Elle a ainsi pu transférer plus de 100 millions de yuans via le poule de fonds, résolvant les problèmes de lenteur des transferts de fonds transfrontaliers. Cette politique pourrait inciter davantage d’entreprises multinationales à installer leur siège régional ou leur centre financier dans ces zones.
III. Économies et réduction des risques pour les entreprises
Les fluctuations des taux de change et les frais de règlement fréquents sont des problèmes majeurs pour les entreprises multinationales. La nouvelle politique remédie à ces problèmes grâce au “règlement net par différence” :
- Auparavant, chaque filiale effectuait ses propres transactions de change, augmentant le risque global lié aux taux de change pour le groupe ; maintenant, tous les revenus et dépenses en devises des filiales sont centralisés auprès de l’entreprise mère, permettant de calculer d’abord le total interne (par exemple, si la filiale A doit recevoir 1 million de yuans et la filiale B doit payer 800 000 yuans, il ne reste qu’un paiement externe de 200 000 yuans), réduisant ainsi l’ampleur des transactions en devises et les risques associés.
Par exemple, après la mise en œuvre du projet pilote par le groupe SF Express, plus de 160 filiales ont économisé 1,66 million de yuans en coûts financiers et le temps de règlement a été raccourci de un mois, tout en réduisant considérablement les risques liés aux taux de change.
IV. Simplification des procédures et protection contre les fluctuations des taux de change
La politique met l’accent sur la facilitation :
- Simplification des déclarations : auparavant, il fallait souvent se rendre dans plusieurs départements ; maintenant, cela peut être fait en une seule visite au bureau local de la banque de change. Certaines modifications peuvent également être effectuées directement avec les banques partenaires, évitant ainsi aux entreprises de faire des allers-retours inutiles ;
- Encouragement de l’utilisation du yuan : dans le calcul des dettes et des prêts à l’étranger, le yuan pèse 0,5 (contre 1 pour les devises étrangères), ce qui signifie que l’utilisation du yuan permet de réduire la quantité de fonds nécessaires. Les entreprises sont donc plus disposées à utiliser le yuan dans leurs transactions transfrontalières, évitant ainsi les fluctuations des taux de change des devises étrangères.
V. Signification de l’extension à l’échelle nationale
L’étendue de cette politique au niveau national n’est pas seulement symbolique ; elle a également pour objectif de :
- Offrir aux entreprises multinationales une réglementation stable, évitant les changements de politiques après la fin des périodes de test ;
- Couvrir un plus grand nombre d’entreprises multinationales, permettant ainsi à des mesures bénéfiques de toucher un public plus large ;
- Incarner une “ouverture institutionnelle” dans le domaine des changes : en optimisant les règles, elle facilite l’utilisation des ressources des marchés nationaux et étrangers par les entreprises, favorisant ainsi le développement de l’économie réelle à l’international.
Bien sûr, cette facilitation ne signifie pas une relaxation de la régulation ; des mesures de surveillance sont mises en place pour éviter tout détournement des fonds. À l’avenir, les deux systèmes de gestion des fonds continueront d’évoluer afin de répondre aux besoins divers des entreprises et de soutenir l’organisation des chaînes industrielles mondiales.